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Dix ans au Salon bleu pour Sylvain Roy

Sylvain Roy regarde au loin devant des arbres.

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy (archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le 4 septembre prochain, le député de Bonaventure Sylvain Roy cumulera officiellement 10 ans de carrière à l’Assemblée nationale. Au cours de cette décennie pour le moins mouvementée, le sociologue d’Escuminac, toujours en réflexion quant à son avenir politique, est passé des rangs d’un gouvernement péquiste à un siège d’élu indépendant.

Le Gaspésien faisait partie des élus honorés mercredi soir à l’Assemblée nationale à l’occasion d’une cérémonie dédiée à ceux ayant franchi le cap des 10 ans de service.

Sylvain Roy et le premier ministre François Legault, lors de la cérémonie de mercredi soir.

Le député indépendant Sylvain Roy et le premier ministre François Legault, lors de la cérémonie de mercredi soir.

Photo : Gracieuseté de Sylvain Roy

En entrevue avec Radio-Canada, M. Roy soulève qu’il a en effet dépassé le seuil de l’espérance de vie d’un député en fonction, établi à 6,8 ans. Il dit toutefois ne pas avoir vu passer les dernières années.

Toutes les fois que j’entre au parlement, j’en reviens juste pas d’avoir une chaise là et d’être député. Je n’avais jamais prévu ça dans ma carrière, indique l'enseignant au collégial.

Sylvain Roy, candidat péquiste et député sortant dans Bonaventure.

Sylvain Roy, lors de la campagne électorale de 2018 (archives)

Photo : Radio-Canada / Pierre Cotton

Il avoue en riant avoir littéralement fait, depuis sa première élection en 2012, le tour du jardin qu’est le Salon bleu.

« J’ai vécu beaucoup d’émotions. J’ai été au gouvernement, à la première opposition, à la deuxième opposition, à la troisième opposition, et maintenant, je suis indépendant. »

— Une citation de  Sylvain Roy, député de Bonaventure

S’estimant bon joueur, l’homme de 57 ans dit d’ailleurs avoir conservé, depuis son départ du Parti québécois, de bonnes relations avec ses anciens compatriotes péquistes, qui ont tout [son] respect.

« Je n’ai pas gardé d’animosité par rapport à ce qui s’est passé. Je n’ai pas de temps à perdre avec ça. »

— Une citation de  Sylvain Roy, député de Bonaventure

Pour lui, siéger de façon indépendante constitue une expérience extrêmement intéressante. Ça me permet de sortir sur les enjeux que je considère comme importants. Je n’ai pas à négocier et à revendiquer auprès d’un parti la capacité de défendre une catégorie populationnelle, cite-t-il en exemple.

Sylvain Roy, photographié en 2016 aux côtés de ses collègues péquistes Sylvain Gaudreault (Jonquière), Martin Ouellet (René‑Lévesque) et Sylvain Pagé (Labelle).

Sylvain Roy, photographié en 2016 aux côtés de ses collègues péquistes Sylvain Gaudreault (Jonquière), Martin Ouellet (René‑Lévesque) et Sylvain Pagé (Labelle).

Photo : Radio-Canada

La route à parcourir pour se rendre à l’Assemblée nationale demeure toutefois, à son avis, l’élément le plus problématique de la carrière d’un député de région.

Il se considère néanmoins privilégié à ce chapitre. M. Roy a entre autres eu la chance d'avoir sa conjointe Joanne à ses côtés dans cette aventure. Elle m’accompagne, elle vient avec moi toutes les semaines depuis plusieurs années, se réjouit-il.

Perdre... puis gagner

Sylvain Roy a été élu pour la première fois sous la bannière du PQ au scrutin de 2012, et ce, avec 3144 voix d’avance sur son plus proche rival, le libéral Damien Arsenault.

Or, il n’en était pas à sa première tentative. Le candidat avait essayé en vain, l’année précédente, de ravir Bonaventure aux libéraux après la démission de Nathalie Normandeau.

La chef péquiste Pauline Marois en compagnie de Sylvain Roy, candidat pour l'élection partielle dans Bonaventure.

Sylvain Roy et la cheffe péquiste Pauline Marois, pendant la campagne électorale de 2011 (archives).

Photo : Radio-Canada

Le député est loin d’avoir regretté cet essai, même s’il s’est avéré infructueux. Il considère ce revers comme formateur. J’ai appris à perdre, donc j’ai appris l’essentiel de la vie politique, lance-t-il, rappelant que certains élus peuvent difficilement encaisser une défaite après n'avoir connu que des victoires.

Sa campagne de 2018 demeurera marquante, puisque le candidat aura gagné sur deux fronts à cette époque. En plus de conserver son siège, l’élu, qui enchaînait alors les traitements à Québec, se battait contre un cancer de la gorge.

Adrénaline et chimiothérapie ont meublé cette période. Ça a été une aventure assez particulière, convient celui qui a remporté son combat et a annoncé sa guérison au début de 2019.

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy.

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, a été traité pour un cancer de la gorge (archives).

Photo : page Facebook

J’ai fait la campagne, mais j’étais prêt à perdre. Je disais à la blague à ma conjointe que si je ne rentrais pas dans le comté, j’allais rentrer à la maison, que ce n’était pas grave, se souvient celui qui sera bientôt grand-papa pour une quatrième fois.

Appelé à commenter sa plus grande réalisation à titre de député, M. Roy énumère plusieurs dossiers qu’il a été en mesure de faire progresser. C’est un ensemble d’éléments dans certains secteurs qui m’ont permis de faire avancer l’intérêt des Québécois.

Sylvain Roy est assis à son bureau de l'Assemblée nationale du Québec.

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, dans son bureau de l'Assemblée nationale.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Au cours des dernières années, Sylvain Roy a été très actif dans les domaines de la foresterie, de l'agriculture et de la santé. Il a notamment colligé un volumineux dossier sur la gestion du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie qui a donné lieu à un audit puis à un rapport du vérificateur général du Québec.

D’abord et avant tout pédagogue

Professeur de sociologie au collégial avant de prendre le chemin de Québec, Sylvain Roy estime avoir, d’une certaine façon, continué à faire de la pédagogie en contribuant à faire comprendre différents enjeux à la population. Le sociologue n’écarte d’ailleurs pas un retour dans le domaine de l’éducation après sa carrière en politique.

Plan moyen de M. Roy en plein débat.

Sylvain Roy, en juin 2019, à l’Assemblée nationale (archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le député de Bonaventure n’a toutefois pas encore annoncé s’il compte briguer un nouveau mandat aux élections du 3 octobre. Le principal intéressé dit ne pas avoir terminé sa réflexion, et surtout, son travail de député.

Si j’annonce que je pars, je perds mon rapport de force. Si j’annonce que je [reste], je me fais tirer dessus comme une cible politique. Je vais l’annoncer au bon moment, conclut-il.

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