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Funérailles de Shireen Abou Akleh : Israël enquête sur l’intervention de la police

Des policiers affrontent des participants aux funérailles de la journaliste Shireen Abu Akleh.

Des policiers s'en sont pris à des participants aux funérailles de la journaliste Shireen Abu Akleh, le 13 mai 2022.

Photo : Getty Images / Amir Levy

Agence France-Presse

La police israélienne a annoncé samedi l'ouverture d'une enquête après la réaction internationale provoquée par l'intervention de ses membres lors des funérailles de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh, dont le cercueil a failli tomber après les coups de matraque qui visaient les porteurs.

Des milliers de Palestiniens ont participé aux obsèques de la journaliste américano-palestinienne de la télévision Al Jazeera, tuée mercredi d'une balle dans la tête alors qu'elle couvrait un raid militaire israélien dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Elle portait un gilet pare-balles siglé presse et un casque de reportage.

À la sortie du cercueil de l'hôpital Saint-Joseph à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville également occupé par Israël, la police a pénétré dans l'enceinte de l'établissement et a chargé une foule brandissant des drapeaux palestiniens.

Le cercueil a failli tomber des mains des porteurs, frappés par des policiers armés de matraques, avant d'être rattrapé in extremis, selon des images des télévisions locales.

Le commissaire de la police israélienne [...] a ordonné une enquête sur l'incident. Les conclusions seront présentées au commissaire dans les prochains jours, a indiqué la police dans un communiqué.

Elle a répété que les policiers avaient été exposés à la violence des émeutiers, ce qui les a poussés à recourir à la force.

Échos à l'international

Les images de la police qui frappe les porteurs circulant en boucle sur les réseaux sociaux ont provoqué une réaction à l'international.

Nous avons été profondément troublés par les images de l'intrusion de la police israélienne au sein du cortège funéraire, a dit le secrétaire d'État américain Antony Blinken. La haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a quant à elle qualifié les images de choquantes.

L'Union européenne a condamné l'usage disproportionné de la force et le comportement irrespectueux de la police israélienne.

La représentation française à Jérusalem a jugé profondément choquantes les violences policières, et l'Espagne a dénoncé comme inacceptable le recours disproportionné à la force. L'Allemagne a dit regretter que les funérailles n'aient pu se tenir avec paix et dignité.

Les forces d'occupation ne se sont pas contentées de tuer Shireen [...]. Elles ont terrorisé ceux qui l'ont accompagnée vers sa dernière demeure, a dénoncé le Qatar.

Les faits en détail

Si vous n'arrêtez pas ces chants nationalistes, nous devrons vous disperser en utilisant la force et nous empêcherons les funérailles d'avoir lieu, a déclaré dans un mégaphone un policier israélien en direction de la foule dans l'enceinte de l'hôpital, vendredi, selon une vidéo de la police.

Celle-ci a accusé la foule de Palestiniens d'avoir jeté des bouteilles en verre et d'autres objets sur les policiers. Le Croissant-Rouge palestinien a fait état de 33 blessés, et la police israélienne, de six arrestations.

La foule de Palestiniens a ensuite pu accompagner le cercueil vers une église de la vieille ville, où une messe a été célébrée, puis au cimetière.

Le meurtre de la journaliste de 51 ans a été condamné à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a réclamé une enquête transparente et impartiale.

L'Autorité palestinienne, la télévision du Qatar Al Jazeera et le gouvernement du Qatar ont accusé l'armée israélienne d'avoir tué la journaliste.

Israël, après avoir affirmé qu'elle avait probablement succombé à un tir palestinien, a dit ne pas écarter la possibilité que la balle ait été tirée par ses soldats.

Selon les premiers résultats de l'enquête du procureur palestinien à Ramallah, la seule origine du tir, c'est les forces d'occupation. Ce constat contredit celui de l'armée israélienne, qui avait indiqué plus tôt qu'il n'était pas possible de déterminer dans l'immédiat l'origine du tir.

Israël a réclamé que lui soit remise la balle en vue d'un examen balistique et a proposé que des experts palestiniens et américains soient présents lors de cet examen.

Mais le président palestinien Mahmoud Abbas a refusé une enquête conjointe avec Israël. Nous ne lui faisons pas confiance, a-t-il dit.

M. Abbas a en outre tenu samedi une cérémonie au cours de laquelle il a remis une médaille à titre posthume à Shireen Abou Akleh.

Samedi, Hussein al-Cheikh, un ténor de l'Autorité palestinienne, a déclaré sur Twitter accueillir la participation de tous les organismes internationaux à l'enquête sur l'assassinat de la journaliste.

Ces derniers mois, l'armée israélienne a lancé plusieurs opérations pour rechercher des suspects palestiniens dans le camp de réfugiés de Jénine, un bastion des factions armées palestiniennes d'où étaient originaires des auteurs d'attaques meurtrières en Israël.

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