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Visite du pape au Canada : des Autochtones demandent des actions concrètes en Estrie

Deux femmes sont à l'extérieur.

Lois Dana et Shawna Jerome

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Radio-Canada

Le pape François a confirmé qu’il sera en visite au Canada pendant six jours du 24 au 30 juillet. Il s’arrêtera à Iqualuit, à Edmonton et à Québec. Cette visite se veut une prolongation du dialogue entre l'Église catholique et les communautés autochtones. En Estrie, ce voyage est toutefois accueilli de façon mitigée par des Autochtones membres de la communauté de l’Université Bishop’s et du Collège Champlain.

C’est sûr qu’il y a des concerns à cause de sa visite. Pour moi, c’est plus : "Oui, viens pour offrir des excuses pour ce qui est arrivé aux pensionnats pour Autochtones au Canada", mais je ne veux pas que ça arrête là. Je ne veux pas que le pape vienne ici, dise : "OK, je suis allé à ces trois endroits-là, Edmonton, Québec et Iqaluit", et fasse un checkmark, "J’ai fait ma job et c’est tout", souligne Shawna Jerome, qui est conseillère aux étudiants autochtones à l’Université Bishop’s. 

C’est une bonne étape, mais ça va ramener les émotions et les traumatismes des gens. [...] C’est bien qu’il fasse des démarches pour venir faire des excuses, mais dire une excuse, ce n’est pas assez, ajoute-t-elle.

Elle espère notamment des investissements pour les communautés autochtones. 

Il va vraiment falloir qu’il investisse dans l’aide et le soutien pour ceux qui ont été dans les pensionnats, pour les enfants qui sont venus après et qui souffrent encore de traumatismes intergénérationnels, et vraiment investir dans des ressources pour nous aider, avance-t-elle. 

« On a besoin d'actions concrètes, que les choses changent maintenant, que le monde investisse dans la revitalisation de nos langues, de nos cultures, et qu’on éduque les gens. »

— Une citation de  Shawna Jerome, conseillère aux étudiants autochtones à l’Université Bishop’s

Conseillère aux étudiants autochtones au Collège Champlain, Lois Dana croit aussi que la visite du pape n’est qu’un début et qu’elle devra être accompagnée de gestes concrets.

« C’est juste une partie du commencement de réparation. On voudrait voir mieux, plus d’investissements pour les prochaines générations d’Autochtones. »

— Une citation de  Lois Dana, conseillère aux étudiants autochtones au Collège Champlain

Pour notre génération, avec Shawna et moi, on ne parle pas notre langue. Notre communauté a subi la perte de la langue, de notre culture. Mon grand-père allait à l’Église catholique chaque vendredi et ils étaient encouragés d’y aller chaque matin. On a perdu notre culture à cause de ça. Mais on est contents de faire notre connexion maintenant, de connaître notre culture maintenant. Juste avoir l’opportunité peut-être de lui dire ça [au pape], conclut-elle.

Il y a quelques semaines, le pape François a présenté ses excuses aux Autochtones canadiens pendant une rencontre au Vatican avec une délégation des trois grands groupes autochtones.

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