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Le père Georges Fournier d’Edmundston visé par des allégations d’agressions sexuelles

Une femme et son fils allèguent que le prêtre les a tous deux agressés à répétition pendant plus de 10 ans.

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Le père Georges Fournier d'Edmundston est décédé le 2 octobre 2021. Il avait 91 ans.

Photo : Résidence funéraire Bellavance

Le père Georges Fournier, un prêtre catholique d’Edmundston décédé l’année dernière, est visé par des poursuites pour agressions sexuelles. Deux plaignants – une femme et son fils – affirment que l’homme d’Église les a agressés pendant plusieurs années.

Une septuagénaire ainsi que son fils quinquagénaire ont déposé le 21 janvier des poursuites civiles en Cour du Banc de la Reine contre le diocèse d’Edmundston, la Fondation du diocèse d’Edmundston et la succession du père Georges Fournier.

Ils sont représentés par l’avocat René A. LeBlanc, de Moncton, qui compte parmi ses clients plusieurs victimes alléguées de prêtres catholiques.

Il s’agit de la première fois que le père Georges Fournier est visé par des poursuites au civil de cette nature.

Deux fois par semaine, pendant plus de 10 ans

La plaignante allègue que le père Fournier l’a invitée à venir vivre au presbytère de l’église de Saint-Hilaire en août 1975 – en compagnie de ses deux jeunes fils – et d’y travailler comme ménagère.

Elle était âgée de 26 ans et récemment séparée de son époux. Elle était en état de désespoir et cette opportunité semblait comme un miracle, peut-on lire dans l'avis de poursuite, obtenu par Radio-Canada Acadie.

Elle affirme qu’elle a accepté cette offre, qu’elle a déménagé au presbytère avec ses fils et qu’ils y sont restés jusqu’en 1989.

La plaignante allègue que de 1976 jusqu’au début de 1987, le père Fournier l’a agressée sexuellement régulièrement et à (de) nombreuses reprises, à une fréquence d’à peu près deux fois par semaine, et parfois plus.

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Le père Georges Fournier en 1974. Un plaignant allègue avoir subi des agressions sexuelles dans un camp de pêche.

Photo :  Centre de documentation et d'études madawaskayennes / Studio Laporte

Les agressions alléguées se seraient habituellement produites dans la chambre à coucher du prêtre.

Le fils de la plaignante affirme dans son avis de poursuite qu’il entendait le père Fournier venir chercher sa mère, le soir, dans sa chambre.

Le fils allègue lui aussi avoir été agressé sexuellement régulièrement et à de nombreuses reprises par le père Georges Fournier.

Il affirme que cela a débuté en 1976, alors qu’il était âgé de cinq ans et que cela s’est poursuivi jusqu’en 1987.

Les agressions alléguées auraient été commises dans la chambre à coucher du plaignant, dans le salon du presbytère, dans une voiture et dans un camp de pêche sur la rivière Restigouche.

Une emprise totale sur leur vie

Dans leurs avis de poursuite, les plaignants affirment que la situation dans laquelle ils se trouvaient était particulièrement difficile, puisqu’ils se sentaient toujours dans un état de panique et de peur et que le prêtre pouvait venir les agresser en tout moment.

Ils allèguent que le père Fournier avait une emprise totale sur leur vie. Selon eux, il les empêchait de développer des amitiés et des relations avec des hommes [dans le cas de la mère] et avec des filles [dans le cas du fils].

La plaignante allègue aussi qu’elle a subi une intervention chirurgicale – une ligature des trompes – en 1977 pour s’empêcher de tomber enceinte en raison des agressions sexuelles constantes par le père Fournier.

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Le père Georges Fournier en 1950.

Photo : Centre de documentation et d'études madawaskayennes / Fonds Studio Laporte

Les plaignants affirment que c’est seulement après les funérailles du père Fournier – célébrées le 9 octobre 2021, une semaine après son décès à l’âge de 91 ans – qu’ils ont pu faire face aux effets de l’abus et chercher de l’aide.

Selon eux, le diocèse d’Edmundston était au courant des comportements allégués du père Fournier, ou du moins qu’il aurait dû l’être.

Ils affirment que les agressions alléguées ont eu plusieurs conséquences négatives, notamment psychologiques. Ils affirment qu’ils ont eu des pensées suicidaires et qu’ils ont notamment souffert de dépression, de troubles du sommeil et de syndrôme de stress post-traumatique.

Les plaignants demandent un dédommagement de la part du diocèse, de la Fondation du diocèse et de la succession du père Fournier, mais ils ne précisent pas combien d’argent ils souhaitent obtenir.

Les allégations qu’ils font dans leurs avis de poursuite n’ont pas été prouvées en cour.

L’avocat du diocèse d’Edmundston a soumis les documents pour signaler que son client a l’intention de présenter une défense dans ces deux dossiers.

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