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Désaccord d’Autochtones sur le caractère « non suspect » de la mort de Chelsea Poorman

Un mémorial pour Chelsea Poorman, avec des bougies et dessins, à l'extérieur d'une maison à Vancouver, en Colombie-Britannique, le mardi 10 mai 2022.

Un mémorial pour Chelsea Poorman à l'extérieur d'une maison à Vancouver, en Colombie-Britannique, le mardi 10 mai 2022.

Photo : Radio-Canada / CBC/Justine Boulin

Radio-Canada

Les restes de Chelsea Poorman ont été retrouvés le 22 avril, plus d’un an et demi après sa disparition. Des voix autochtones dénoncent la qualification de son décès comme « non suspect » par la police de Vancouver.

Rectificatif : une version précédente de ce texte disait à tort que le bureau du coroner a qualifié le décès de « non-suspect ». Il s'agit en fait de l'évaluation de la police. L'enquête du coroner est toujours en cours.

La cause du décès de la femme de 24 ans est indéterminée. Plusieurs organismes autochtones demandent des enquêtes complètes dans les cas de disparitions et de morts de femmes autochtones.

Chelsea Poorman a grandi à Regina, sa famille étant de la Première Nation Kawacatoose en Saskatchewan. Elle avait deux sœurs. Chelsea Poorman rêvait d'être maquilleuse, créatrice de mode, ou musicienne et était connue pour apporter du café chaud aux personnes vivant dans la rue lorsque les températures à Regina plongeaient.

Mardi, la Fédération des nations autochtones souveraines, qui représente 74 Premières Nations en Saskatchewan, a demandé à la police de Vancouver à faire une enquête complète sur son décès et à présenter des excuses à sa famille.

Chelsea Poorman.

Chelsea Poorman était portée disparue depuis septembre 2020.

Photo : fournie par Sheila Poorman

Le chef de la Première Nation Kawacatoose, Bobby Cameron a déclaré : Les membres de la famille de Chelsea méritent de connaître la vérité sur ce qui est arrivé à leur fille et à leur sœur. C'est notre droit inhérent et issu des traités d'être protégés par policiers partout au Canada, et ils ont échoué.

Sheila Poorman, la mère de Chelsea, pense que la police n'a pas traité la disparition de sa fille avec l'urgence nécessaire, même après qu'elle a été avertie que sa fille avait un handicap physique et une lésion cérébrale résultant d'un accident de voiture en 2014.

Sheila Poorman a déposé un rapport de personne disparue auprès de la police de Vancouver le 7 septembre 2020 et s’est inquiétée de voir qu'un avis public de disparition ne soit publié que 10 jours plus tard.

« Il semblait simplement [que la police] s'en fichait. J'avais l'impression que Chelsea n'avait d'importance pour personne. »

— Une citation de  Sheila Poorman, mère de Chelsea Poorman

Fin de l’enquête

Bien que le corps de sa fille ait été retrouvé le 22 avril, Sheila Poorman n'a été informée par la police que deux semaines plus tard. Elle raconte qu'après avoir déclaré aux journalistes que l'affaire était close, la police lui a dit en privé qu'elle poursuivrait son enquête.

Ils se sont excusés à huis clos. C'était juste difficile d'entendre les mots qu'ils disaient dans les médias à propos de la fin de l'affaire. [...] ."Vous savez, que ce n'est pas suspect et qu'il n'y a pas d’acte criminel", a-t-elle déclaré.

Sheila Poorman colle un avis de recherche protégé par une enveloppe de plastique transparente sur un poteau de la rue Granville, au centre-ville de Vancouver.

Sheila Poorman collant des avis de recherche un peu partout à Vancouver. (archives)

Photo : Radio-Canada / Ken Leedham

L'arrêt brutal de l'enquête de la police de Vancouver est caractéristique de la crise absolue des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées, affirme l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique (UBCIC)

La version de la police de Vancouver est que Chelsea Poorman est probablement décédée la nuit de sa disparition sur ou à proximité de la propriété où elle a été retrouvée. Sheila Poorman précise qu'au moment de la découverte, sa fille avait perdu plusieurs doigts et une partie du crâne, des détails qui n'ont pas été divulgués par la police.

Le téléphone portable de Chelsea Poorman n'a pas été retrouvé avec son corps et sa trace est remontée jusqu'à Victory Square, au centre-ville de Vancouver. Ce quartier, où la jeune femme a été retrouvée, situé à environs 6 km du centre-ville et de l'endroit où elle a été vue pour la dernière fois, est parmi l'un des plus riches au Canada.

Insuffisance de preuves

La police de Vancouver a déclaré que l'enquête sur la mort et la disparition de Chelsea Poorman était détaillée et complexe, mais qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour montrer que sa mort est le résultat d'un crime.

Le sergent Steve Addison, agent de liaison avec les médias pour la police de Vancouver, a déclaré lors d'une conférence de presse que la cause de sa mort ne serait probablement jamais connue.

Jeudi, dans un communiqué, le conseil de justice des Premières Nations de la Colombie-Britannique a d : Il y a plus de questions sans réponse que de réponses entourant les circonstances de son décès en raison de l'absence d'une enquête complète par le service de police de Vancouver .

Annita McPhee, membre du conseil, rend hommage aux journalistes d'enquête sans qui les histoires de ces femmes ne seraient pas révélées . C'est le devoir des forces de l’ordre d’enquêter de manière approfondie sur un décès, si le coroner exprime à la famille que le corps n'est pas intact et il n'y a aucune explication pourquoi, alors une enquête doit être menée.

« Compte tenu de l'histoire de [l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées] au Canada, nous devons considérer la disparition et la mort de toutes les femmes et filles autochtones comme suspectes jusqu'à ce qu'une enquête complète en décide autrement. »

— Une citation de  Conseil de justice des Premières Nations de la Colombie-Britannique

Selon le président du conseil, Doug White, conclure que la mort de Chelsea Poorman n’est pas suspecte est hâtif. Il dénonce une approche policière dédaigneuse en ce qui concerne les femmes autochtones, déjà présente autour de l'enquête sur le tueur en série Robert Pickton.

Avec les informations de Michelle Ghoussoub

Espaces autochtones

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