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Des fraudeurs volent 15 000 $ à Moisson Estrie à l’aide d’un faux chèque

Une affiche de Moisson Estrie devant un local plein de boîtes.

Moisson Estrie a été victime d’une fraude bancaire (archives).

Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé

Radio-Canada

Alors que les besoins n'ont jamais été aussi grands pour Moisson Estrie, l'organisme d'aide alimentaire a été victime d’une imposante fraude bancaire. Un ou plusieurs individus ont créé de faux chèques et ont réussi à lui dérober 15 000 $.

Les fraudeurs ont réussi à obtenir le numéro de compte de l’organisme. Ils ont ensuite créé des chèques de toutes pièces, adressés à des personnes différentes, afin d'avoir accès aux fonds de Moisson Estrie.

Jusqu’à maintenant, deux chèques ainsi falsifiés ont été présentés dans des institutions bancaires. Le premier, d’un montant de 50 000 $, a été jugé suspect par un employé et bloqué au moment du dépôt. Cependant, le deuxième, établi au montant de 15 000 $, a bel et bien été accepté.

Moisson Estrie a remarqué le retrait inhabituel quelques jours plus tard. Ses administrateurs se demandent pourquoi le chèque a été accepté alors qu'il n’était pas authentique et qu’il ne portait pas la signature d’un des signataires de l'organisme reconnus par son institution financière.

Ça ressemble, sans que ce soit identique, à la signature de la personne qui écrit nos reçus de dons de charité mais qui n’émet aucun chèque. [...] Ça me porte à dire que la personne qui a fait ce chèque-là a quand même fait ses recherches en lien avec Moisson Estrie pour trouver le numéro du compte, refaire un chèque et imiter une signature d’une employée, explique la directrice de Moisson Estrie, Geneviève Côté.

L’organisme devrait récupérer son argent, mais le processus n’est cependant pas simple. Le remboursement est attendu depuis deux semaines, ce qui pèse lourd sur son budget d’organisme à but non lucratif.

« Un trou de 15 000 $, c’est quand même énorme. On n’a pas des millions de réserve, vraiment pas. »

— Une citation de  Geneviève Côté, directrice de Moisson Estrie

Une inquiétude persiste aussi du côté de l’organisme. On n’est pas à l’abri que d’autres chèques se pointent de cette façon-là, déplore Geneviève Côté. On se retrouve avec les mains liées dans l’attente de "espérons qu’on n’ait pas d’autres situations comme ça''.

Une plainte a été déposée à la police de Sherbrooke. Chez Desjardins, j’ai aussi compris qu’il y a des enquêteurs à l’externe. J’espère que cette personne-là sera interceptée le plus rapidement possible et qu’il n’y ait pas d’autre victime, souligne Geneviève Côté. 

Chaque chèque vérifié, assure Desjardins

Desjardins soutient que chaque chèque passe par un processus de vérification mais que cette démarche peut prendre quelques jours.

Desjardins est arrimé aux meilleures pratiques qu'il y a dans le marché, et les autres institutions financières aussi. On collabore beaucoup entre nous. Les chèques sont vérifiés. Il y a plusieurs paliers de vérification. On ne peut pas vraiment dévoiler nos méthodes, qu’est-ce qu’on vérifie exactement ou à quel moment, pour des raisons de sécurité, explique la porte-parole principale au mouvement Desjardins Chantal Corbeil. 

Elle indique que ce genre de fraude est répandu et que Moisson Estrie sera bel et bien remboursé. Ce qui est important, c’est que le membre, lorsqu’il est victime de ce type de fraude-là, n’est pas tenu responsable, et la personne qui va assumer la perte est vraiment l’institution financière, dans ce cas-ci Desjardins, précise-t-elle. 

Les membres ont également accès à certaines pistes de solution en attendant d’être remboursés.

Quand des situations comme ça arrivent, c’est du cas par cas. [...] C’est de voir si on peut offrir peut-être une marge. Si la personne a déjà une marge de crédit, elle peut peut-être l’utiliser en attendant, et éventuellement, de toute façon, elle va être remboursée, mais c’est des ententes qu’elle peut faire pour avoir accès à de l’argent, rassure Chantal Corbeil.

Du côté du Service de police de Sherbrooke, on affirme qu'une enquête est en cours.

Des conseils pour éviter la fraude

Sans commenter le cas particulier de Moisson Estrie, le directeur des communications de l'ombudsman des services bancaires et d'investissement, Mark Wright, donne quelques conseils au public pour se protéger de ce genre de fraude.

Les consommateurs peuvent prendre certains moyens pour protéger leurs numéros de compte et leurs informations bancaires, notamment en s'assurant que leurs chèques soient conservés dans un endroit sûr et en faisait de même avec leurs relevés de comptes bancaires. Ils devraient aussi déchiqueter tout relevé papier ou chèque dont ils n’ont plus besoin. De nombreuses banques ont des systèmes d'alerte auxquels les consommateurs peuvent s'inscrire. Ils recevront ainsi une alerte lorsqu’il y a un retrait au compte. Ceci pourrait permettre d’intercepter rapidement une activité inhabituelle, indique-t-il dans un courriel à Radio-Canada.

Une autre pratique importante consiste à vérifier ses relevés de compte au moins une fois par mois. Si un consommateur constate quelque chose d'inhabituel, il devrait contacter immédiatement sa banque, ajoute-t-il.

Avec les informations de Thomas Deshaies

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