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Le dernier bâtiment du Domaine-de-l’Estérel démoli illégalement

Les ruines du bâtiment de l'ancien centre commercial du Domaine-de-l'Estérel.

Il ne reste que des ruines du bâtiment Art déco.

Photo : Ville de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson

La ministre de la Culture du Québec, Nathalie Roy, a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête après la démolition du dernier des bâtiments du Domaine-de-l'Estérel, pourtant classé comme immeuble patrimonial.

Dans un bref message publié sur Twitter, la ministre a fait savoir que cette démolition avait été effectuée illégalement, sans aucune autorisation.

Son ministère devra faire toute la lumière sur ce qui s'est passé, a-t-elle ajouté, avant d'assurer que le gouvernement appliquera la loi.

Construit en 1937 dans la municipalité de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans les Laurentides, le Domaine-de-l'Estérel était constitué d'un ensemble de bâtiments touristiques, dont un hôtel, des écuries, un centre de ski, des résidences et un centre commercial. Il a été l'un des premiers sites du genre à voir le jour au pays.

Avec les années, la plupart des bâtiments ont été détruits. Seul le centre commercial, chef-d'œuvre d'Art déco, a résisté au temps et a accueilli les locaux de l'hôtel de ville et des activités culturelles après avoir été vendu à la municipalité.

En 2013, la Ville a revendu le centre commercial à un promoteur immobilier, dont le projet de copropriétés hôtelières a été suspendu en 2014. L'immeuble était depuis à l'abandon.

Le bâtiment a également été classé comme immeuble patrimonial en 2013.

Selon la Loi sur le patrimoine culturel, il est interdit d'effectuer des travaux sur un bâtiment classé patrimonial – ou de le démolir – sans autorisation du ministère de la Culture.

Le centre commercial du Domaine-de-l'Estérel.

Le centre commercial était le seul immeuble d'origine toujours debout du gigantesque complexe touristique construit dans les années 1930.

Photo : Ministère de la Culture et des Communications

Reconstruire à l'identique?

En entrevue sur les ondes d'ICI Première, le maire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, Gilles Boucher, indique que le joyau architectural, surnommé le Blue Room, avait longtemps servi de centre communautaire dans la petite municipalité et que cette partie du bâtiment devait être épargnée.

Cette semaine, lundi, mardi et mercredi, a débuté la démolition de la partie du manège [l'ancienne écurie] qui était autorisée par le ministère de la Culture, a-t-il expliqué.

Je l'ai vu, je trouvais qu'il y avait une belle séparation avec la partie classée, qui ne pouvait être démolie. Et tout d'un coup, aujourd'hui, on m'avise à mon bureau que cette partie est en ruine; toute la Blue Room s'est affaissée, y compris les anciens bureaux de la municipalité.

Le maire Boucher espère que l'enquête du ministère permettra de faire la lumière sur cette affaire. Le premier magistrat souhaite par ailleurs qu'en vertu de la Loi sur le patrimoine, le bâtiment détruit par erreur soit reconstruit à l'identique.

« Je pèse mes mots... Le centre culturel ou communautaire, c'était vraiment un bâtiment qui était le vaisseau amiral de l'Art déco au Québec. [...] C'était emblématique. »

— Une citation de  Gilles Boucher, maire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson

C'était le dernier bâtiment qui restait, puisque l'hôtel a été complètement rénové et qu'un autre bâtiment, appelé la Pointe bleue, a été démoli il y a une dizaine d'années, a encore mentionné le maire.

On avait travaillé tellement fort pour le sauver en 2013... Et j'avais été élu là-dessus. Le bâtiment avait été classé, je crois sous [le ministre péquiste] Maka Kotto. Alors, on perd quelque chose, et j'espère que le propriétaire, Olymbec, va reconstruire cette partie du bâtiment à l'identique si la ministre va en ce sens.

Dans un courriel transmis en début de soirée, le ministère de la Culture et des Communications a précisé que toute personne contrevenant à la Loi sur le patrimoine culturel s'expose à des sanctions pénales. Dans le cas d'une entreprise, ces sanctions peuvent prendre la forme d'une amende allant de 6000 $ à 1 140 000 $.

Le ministère souligne par ailleurs que les travaux de démolition autorisés sur le site devaient être exécutés avec toutes les précautions requises afin de préserver l’immeuble patrimonial classé.

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