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Un projet d’habitation intergénérationnel pour briser l’isolement chez les aînés d’Ottawa

Mireille Leroux pose dans la cuisine.

Mireille Leroux est la présidente et co-fondatrice d'Habitations Mirela.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

Un organisme à but non lucratif d'Ottawa cherche à trouver de nouveaux colocataires aux personnes âgées francophones qui résident seules dans leur domicile. Cet échange intergénérationnel pourrait être une nouvelle solution à plusieurs enjeux auxquels cette population fait face.

Pour plusieurs aînés de la région, le simple fait de vieillir à la maison est un privilège et un souhait très cher. La perte d'autonomie vient parfois contrecarrer les plans de certains, c'est à ce moment-là que l'organisme Habitations partagées Mirela entre en jeu.

Depuis plus d'un an, Mireille Leroux et Claire Laberge partagent leur quotidien. Les deux femmes n'ont aucun lien de parenté, seulement un désir de pouvoir compter l'une sur l'autre.

C'est l'organisme Habitations Partagées Mirela, dont Mireille est la co-fondatrice, qui les a réunis. L'objectif est de permettre à des personnes qui désirent vieillir chez soi de le faire en comptant sur quelqu'un qui les appuie au jour le jour.

J'avais le goût de vivre avec d'autres personnes donc j'ai commencé à explorer différents modèles et je suis tombée sur le modèle d'habitations partagées qui va se retrouver souvent sous forme intergénérationnelle, explique Mme Leroux.

Claire Laberge, assise à une table. Un Ipad est posé devant elle.

Claire Laberge est l'une des résidentes qui prend part au projet.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Cette initiative cadrait parfaitement avec la volonté de Mme Laberge qui souhaitait demeurer dans sa maison et qui cherchait une solution dans ce sens. La présence de Mireille est arrivée comme un cadeau du ciel pour l'octogénaire. Elle parle même d'un coup de foudre après leur première rencontre.

Ça, c'est le plus beau cadeau qu'elle ne pouvait pas me faire. Surtout que je suis assez gênée. Mais depuis qu'on est ensemble, on est comme deux sœurs et des fois, je suis sa mère, lance-t-elle dans un éclat de rire.

« La première fois qu’on s’est rencontré, c’est comme si ça faisait longtemps qu’on se connaissait. Ça a été tout de suite une belle rencontre. »

— Une citation de  Claire Laberge

Même si elles habitent dans la même maison et qu'elles partagent les espaces communs, Mme Leroux a quand même ses quartiers personnels. Conserver son intimité est très important quand on décide de partager son quotidien avec un inconnu.

Nous on fait un vraiment bon match, renchérit Mme Leroux. Ça fait partie de notre service le jumelage, on ne met pas n'importe qui avec n'importe qui.

Toutes les personnes qui souhaitent prendre part au projet sont invitées à compléter un profil pour connaître leurs besoins, leurs préférences ainsi que leurs intérêts. L'organisme assure également la sécurité des participants avant et après la rédaction de l'entente d'hébergement, explique Mme Leroux.

Selon la cofondatrice, le projet encourage l'entraide et le partage en plus de répondre à diverses problématiques, dont la crise du logement et la solitude chez les aînés.

L'organisme à but non lucratif n'a qu'un seul jumelage à son actif, mais souhaite en compter cinq d'ici la fin de l'année. Des conférences à l'Université Saint-Paul sont d'ailleurs organisées afin de faire connaître ce service à la population.

Les deux comparses espèrent pouvoir inspirer d'autres personnes à faire de même afin de permettre cette cohabitation intergénérationnelle qui continue de les faire grandir encore aujourd'hui.

Répondre à un besoin grandissant

Pour Pierre Benoit, le président du conseil d’administration du Rendez-vous des aînés francophones d’Ottawa, des initiatives comme celles-ci sont d'une importance capitale.

« Il faut essayer de garder les gens chez eux, mais pas isolés. »

— Une citation de  Pierre Benoit, président du conseil d’administration du Rendez-vous des aînés francophones d’Ottawa

On s'aperçoit, en parlant avec eux autres [les aînés], que la plupart veulent vieillir chez soi, et s'ils ne le font pas, ils veulent être dans un modèle à hauteur humaine, fait valoir M. Benoit.

Pierre Benoît est debout à l'extérieur.

Pierre Benoît est le président du conseil d’administration du Rendez-vous des aînés francophones d’Ottawa

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Les personnes âgées, ajoute-il, privilégient généralement les modèles à échelle humaine, dans lesquels on retrouve moins d'une douzaine de résidents en raison des soins personnalisés qui y sont offerts et de la possibilité de développer de belles relations.

Avec les informations de Christian Milette

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