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Un partenariat entre deux compagnies de théâtre sudburoises suscite la grogne

Deux hommes debout devant un cadre de porte dans un décor de théâtre

Alessandro Costantini (droite) est le directeur artistique par intérim du Sudbury Theatre Centre. (Archives)

Photo : Robert Provencher

Radio-Canada

Est-ce une fusion ou une collaboration entre deux organismes ? Le Sudbury Theater Centre affirme que le nouveau partenariat avec YES Theatre annoncé mardi après-midi est une collaboration; mais des intervenants du milieu y voient plutôt une fusion qui s’est déroulée dans le plus grand secret.

Selon ces derniers, le processus a manqué de transparence. Le public n’a pas été consulté lors des négociations, et un employé anciennement associé avec le théâtre YES a été nommé à huis clos dans un poste de gestion du Sudbury Theater Centre (STC), sans affichage externe.

Un comédien dans le rôle d’Ebenezer Scrooge, assis dans un décor de la chambre à coucher de l’avare.

Le Sudbury Theater Centre existe depuis cinquante ans. (Archives)

Photo : Sudbury Theatre Centre

Les deux compagnies de théâtre diffèrent dans leur offre culturelle. YES a une approche axée sur la musicalité, et met en vedette une nouvelle génération d’artistes. Créé il y a 50 ans, STC a un mandat plus général, incluant l’enseignement et la dramaturgie.

Pour Matthew Heiti et Kim Fahner, deux auteurs et pédagogues connus dans le milieu de théâtre sudburois, il est vital que les deux compagnies demeurent distinctes et indépendantes.

Or, le directeur artistique du STC, Alessandro Constantini, souligne qu’un partenariat avec YES pour la saison 2022-2023 est l’approche la plus logique pour aider STC a surmonter ses difficultés financières.

Récemment, le Conseil des Arts du Canada a réduit son financement de 70 % et a menacé de l’éliminer entièrement si le STC n’entreprend pas d’action concrète, explique le communiqué.

Un parallèle avec la crise à la Laurentienne

Le théâtre a été une des victimes de la crise à l’Université Laurentienne. Les programmes de l’institution, sabrés dans le cadre de la restructuration, ont forcé l’exode du talent artistique vers d’autres villes.

Le manque de transparence de la Laurentienne dans l’élimination de son financement pour les arts a eu un effet d’entraînement sur la communauté du théâtre à Sudbury en général, selon Kim Fahner.

« Si le gouvernement menace d’éliminer le financement entièrement, la réaction logique devrait être d’aller chercher l’aide de la communauté, et non de prendre des décisions sans consultation. »

— Une citation de  Kim Fahner, auteure, pédagogue et poétesse

De son côté, Matthew Heiti affirme que les membres du conseil administratif de STC ne représentent pas réellement l'intérêt supérieur du STC, puisque les membres, associés de près ou de loin avec YES, ont des conflits d’intérêts dans ce dossier.

Selon lui, un modèle de collaboration à suivre serait celui de la Place des Arts du Grand Sudbury, qui regroupe plusieurs organismes culturels sous un même toit, tout en permettant à chacun de maintenir sa propre identité et programmation.

Créer davantage d’opportunités professionnelles rémunérées

Dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière, une quarantaine de signataires ont exprimé leur mécontentement vis-à-vis de l'annonce de partenariat imminent entre le STC et YES.

Pour le directeur artistique par intérim du STC, Alessandro Costantini, la lettre signée par plusieurs amis et collègues a été difficile à lire. C’est un milieu professionnel très petit et on se connaît tous.

Mais travailler ensemble fera en sorte qu’on pourra offrir davantage d’opportunités professionnelles rémunérées en théâtre à Sudbury, martèle-t-il.

En poste depuis quelques mois, Alessandro Costantini remplace l’ancien directeur artistique Jon McHenry, qui a annoncé son départ de façon plutôt cryptique en mars dernier.

M. Costantini est certain qu’il réussira à convaincre les Sudburois du bien-fondé du partenariat entre STC et YES.

Nous allons répondre aux préoccupations de la communauté dans une conférence de presse prochainement. Je suis convaincu qu'on fera le bonheur de la communauté, quand on aura eu la chance de s’exprimer.

La conférence de presse à ce sujet est prévue pour le 25 mai prochain.

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