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En raison du refus de la CAQ et du PQ, le débat des chefs en anglais est annulé

Le consortium estime que la joute télévisée prévue le 20 septembre n'aurait pas été « juste et informative ».

Les chefs lors d'une conférence de presse conjointe.

Contrairement à la cheffe libérale Dominique Anglade (au centre), le premier ministre sortant François Legault (à droite) et son adversaire Paul St-Pierre Plamondon (à gauche) ne souhaitaient pas la tenue d'un débat des chefs télévisé en anglais.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Il n'y aura pas de suite au débat des chefs en anglais qui avait été télédiffusé le 17 septembre 2018, une première dans l'histoire du Québec.

La joute prévue le 20 septembre prochain a été annulée vendredi après-midi en raison de l'absence annoncée du chef caquiste et premier ministre sortant, François Legault, et du chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon.

L'objectif était de permettre à tous les Québécois d'entendre les chefs de parti discuter, débattre et contester leur vision et leurs priorités pour le Québec et d'aider tous les électeurs à faire un choix éclairé, a expliqué le consortium dans une déclaration écrite transmise à CBC/Radio-Canada.

Sans la participation de tous les principaux chefs de parti, les représentants du consortium des médias de langue anglaise conviennent que ce ne serait pas un exercice juste et informatif. Par conséquent, il n'y aura pas de débat des chefs de parti de langue anglaise dans cette campagne électorale.

Bannière

La Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti québécois (PQ) avaient fait savoir vendredi midi qu'ils n'entendaient pas participer au débat des chefs en anglais, contrairement au Parti libéral du Québec (PLQ), à Québec solidaire (QS) et au Parti conservateur du Québec (PCQ).

Le parti ministériel avait invoqué des questions d'horaire et d'agenda chargé.

Chaque débat demande un temps de préparation important et non négligeable, avait indiqué le bureau de François Legault, précisant que celui-ci avait déjà accepté de participer aux débats de TVA et Radio-Canada et qu'il avait décliné les invitations pour deux [autres] débats, dont un en anglais.

La cheffe libérale, Dominique Anglade, s'était aussitôt offusquée de ce refus.

Aujourd'hui, François Legault tourne le dos à une partie de la population québécoise et c'est déplorable, avait-elle commenté dans une déclaration transmise à Radio-Canada. Au PLQ, nous chercherons toujours à former un gouvernement pour tous les Québécois, pas juste ceux qui votent pour nous.

Le PQ invoque une question de cohérence

Paul St-Pierre Plamondon, pour sa part, avait annoncé son intention sur Twitter en faisant savoir que son parti ne [participerait] pas au débat des chefs en anglais.

La langue officielle et commune au Québec est le français, avait fait valoir le chef péquiste, ajoutant qu'il resterait disponible pour répondre aux questions des journalistes anglophones.

Notre campagne au Parti québécois va porter sur la pérennité de la langue française. Donc, il y a vraiment pour nous une question de cohérence, avait-il expliqué par la suite en entrevue à Radio-Canada.

« Les institutions au Québec ne peuvent pas toutes fonctionner en bilingue si on veut donner une chance à la langue française à moyen et long terme. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Le débat des chefs en anglais devait avoir lieu à la Nouvelle Maison de Radio-Canada le 20 septembre prochain, soit deux semaines avant le jour du vote. La joute, qui devait durer 90 minutes, était organisée par un consortium composé des réseaux CBC, CTV et Global ainsi que de la station radiophonique CJAD.

Un premier débat des chefs en anglais avait été télévisé en 2018 pour la première fois de l'histoire du Québec à l'initiative du même consortium, auquel s'était greffé le quotidien The Gazette.

Ce précédent, dont la tenue avait été dénoncée par des groupes comme Impératif français, avait été créé avec la participation de François Legault, de Philippe Couillard (PLQ), de Jean-François Lisée (PQ) et de Manon Massé (QS).

Avec le recul, ce n'était pas une expérience très concluante en termes de fluidité des débats, s'est souvenu M. St-Pierre Plamondon vendredi.

D'autres débats en anglais avaient été organisés par le passé, mais jamais sur support vidéo. La joute précédente, en 1985, avait été diffusée uniquement à la radio avec la participation du chef péquiste et premier ministre sortant Pierre-Marc Johnson et du chef libéral Robert Bourassa.

En français seulement

Au moins deux débats – en français ceux-là – auront lieu pendant la campagne électorale, soit celui de TVA, le 15 septembre, et celui de Radio-Canada, le 22 septembre.

Le chef du PCQ, Éric Duhaime, a été invité à participer à ces deux débats en raison de sa position dans les sondages, et ce, même si sa formation n'a jamais réussi à faire élire un candidat. Une seule députée conservatrice siège actuellement au Parlement : il s'agit de Claire Samson, qui a été exclue du caucus caquiste l'an dernier.

La réaction de M. Duhaime à la décision de François Legault de ne pas participer au débat en anglais a été pour le moins mordante.

Après avoir divisé les Québécois entre essentiels et non essentiels, entre vaccinés et non vaccinés, entre croyants et laïcs, François Legault tente maintenant de nous diviser entre francophones et anglophones, a-t-il tweeté vendredi. Ce premier ministre n’est pas à la hauteur de sa fonction.

À Québec solidaire, c'est Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole du parti, qui a été désigné l'an dernier pour participer aux débats des chefs et pour occuper la fonction de premier ministre advenant l'élection d'un gouvernement dirigé par QS.

Avec les informations d'Alex Boissonneault et d'Alexandre Duval

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