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Des députés libéraux fédéraux à la manifestation contre le projet de loi 96

Le député libéral Anthony Housefather est assis à une table de travail.

Le député libéral Anthony Housefather participera à la manifestation contre la réforme proposée de la Charte de la langue française.

Photo : Radio-Canada / Fannie Olivier

Préoccupés par la réforme proposée de la Charte de la langue française, des députés du caucus libéral à Ottawa s’affichent de plus en plus publiquement contre le projet de loi 96, qui devrait être bientôt adopté par l’Assemblée nationale.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, quelques députés libéraux fédéraux participeront à la manifestation contre le projet de loi 96 samedi, illustrant une opposition plus répandue au projet à l’intérieur de leur caucus à Ottawa. Les manifestants prévoient se rassembler au Collège Dawson et marcher jusqu’aux bureaux du premier ministre québécois, François Legault.

Le député libéral Francis Scarpaleggia, qui représente une circonscription de l’ouest de l’île de Montréal, a fait part de son opposition au projet de loi en entrevue vendredi. Il a ajouté qu’il est fort possible qu’il participe à la manifestation samedi.

Ce n’est pas un projet de loi qui fait consensus. Le Conseil du patronat a beaucoup de préoccupations vis-à-vis les impacts. Moi, ce que je désire, c’est un Québec qui est fort, qui peut avancer, qui a une économie forte, a-t-il déclaré.

La députée libérale fédérale de Brossard–Saint-Lambert, Alexandra Mendès, ne peut être présente à la manifestation, mais ajoute qu’elle soutient l'essentiel des revendications énoncées par la communauté anglo-québécoise et les communautés allophones.

D’autres députés libéraux fédéraux sont attendus à la manifestation de samedi, dont la députée lavalloise Annie Koutrakis, qui y sera en soutien à sa communauté, selon une porte-parole. 

Le député fédéral de Mont-Royal, Anthony Housefather, a travaillé de près avec les organisateurs de la manifestation et il est acquis qu’il y participera, selon son bureau.

Selon des sources libérales, les ministres québécois à Ottawa n’ont toutefois pas l’intention de s’immiscer dans le débat public sur le projet de loi.

Ottawa se prépare à utiliser une stratégie semblable à celle qui a été mise en place dans le dossier de la loi québécoise sur la laïcité de l’État, en faisant part de ses réticences par rapport au projet de loi et en laissant aux groupes touchés la responsabilité de contester la loi.

Québec affirme prendre ses responsabilités historiques

Le ministre responsable de la Langue française à Québec, Simon Jolin-Barrette, a vigoureusement défendu son projet de loi contre les critiques de groupes anglophones et des communautés autochtones.

Son bureau affirme que la défense de la langue française est un dossier qui doit être avant tout mené à Québec.

La protection, la valorisation et la promotion de la langue française sont des responsabilités historiques du gouvernement du Québec que nous avons bien l’intention de continuer à assumer pleinement. Il appartient aux élus de la nation québécoise de débattre du projet de loi 96 portant sur la langue commune et officielle du Québec, le français, affirme son attachée de presse, Élisabeth Gosselin-Bienvenue.

Simon Jolin-Barrette en entrevue lors d'une mêlée de presse.

Le ministre québécois de la Justice, et ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette

Photo : Radio-Canada

Déposé il y a un an, le projet de loi 96 vise à apporter plusieurs modifications à la Charte de la langue française de 1977, en renforçant le statut du français dans toutes les sphères de la société.

Afin de s’assurer que le français soit la langue officielle et commune du Québec, le gouvernement imposerait de nouvelles obligations en matière de francisation aux entreprises de 25 à 49 employés, contrôlerait l’accès aux études collégiales en anglais et réglementerait les interactions dans une langue autre que le français entre le gouvernement québécois et les citoyens et entreprises du Québec.

Lettre ouverte en chantier

Selon nos informations, le député Housefather prépare une lettre ouverte contre le projet de loi 96 qui sera publiée après que l’Assemblée nationale aura adopté la loi. L’Assemblée nationale recommencera à siéger le 24 mai, après une pause la semaine prochaine.

M. Housefather avait critiqué plusieurs éléments du projet de loi 96 l’an dernier, dont le fait qu’il restreint l’accès à des services gouvernementaux en anglais.

Ce changement toucherait des immigrants des États-Unis ou d'autres pays anglophones, et même des survivants de l'Holocauste, aujourd'hui nonagénaires et qui font partie de la communauté anglophone depuis leur arrivée au pays, il y a plus de 70 ans, a-t-il dit lors d’un débat sur une motion du Bloc québécois en appui au projet de loi.

Il avait aussi critiqué le fait que le projet de loi utilise la clause dérogatoire, ce qui limite les possibilités de contestation judiciaire de la loi après son adoption.

« Même si nous devons accepter que la clause dérogatoire fasse partie de la Charte, elle peut être invoquée, mais ne devrait être invoquée qu'en de très rares occasions, à la suite d'un jugement d'un tribunal et non de façon préventive. C'est profondément troublant de soustraire prématurément un projet de loi à de possibles contestations judiciaires. »

— Une citation de  Anthony Housefather, député libéral fédéral de Mont-Royal.
Sophie Chatel pose avec au loin le parlement, à Ottawa.

Sophie Chatel, députée libérale de Pontiac à la Chambre des communes

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

La députée libérale de Pontiac, une circonscription qui inclut une importante communauté anglophone dans l’ouest du Québec, mentionne que le gouvernement fédéral est lui aussi en voie de moderniser les lois linguistiques du pays.

Nous avons la responsabilité de protéger et de promouvoir le français au Québec et à l'extérieur du Québec, tout en protégeant les droits des Québécois d'expression anglaise et des francophones hors Québec, affirme Sophie Chatel par voie de courriel.

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