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Le crime « désorganisé » des gangs de rue a changé les méthodes d’enquête policière

Un commandant de police est assis à une table, devant un micro, pour faire une allocution.

Le directeur du Service de police de l'agglomération de Longueuil, Fady Dagher.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Le directeur du Service de police de l'agglomération de Longueuil, Fady Dagher, affirme que la flambée de violence armée chez les jeunes associés aux gangs de rue a changé la façon d'enquêter des policiers.

Le mode d'enquête où la police visait les têtes dirigeantes d'une organisation pour la démanteler est maintenant révolu avec la montée en force des gangs de rue et des jeunes qui adhèrent à leur culture de violence.

Il faut changer notre mode d'écoute sur le terrain. Des petites provocations spontanées sur les réseaux sociaux, qui étaient jadis banales, peuvent finir par une fusillade. Ce qui m'inquiète le plus, c'est le nombre de saisies d'armes sur des jeunes. Ils portent des armes, des armes à air comprimé... Ils le font soit pour se défendre ou pour impressionner, analyse le chef de la police de Longueuil.

Pour anticiper les actes violents, les policiers doivent maintenant regarder partout : dans les rues, sur les réseaux sociaux, dans les écoles secondaires, dans les prisons, etc.

« La collaboration n'a jamais été aussi bonne entre les corps policiers dans la région de Montréal pour lutter contre la violence armée. Et on va y arriver. À court terme, non, mais à moyen terme, oui. »

— Une citation de  Fady Dagher, directeur de police au SPAL

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a rencontré les principaux chefs de police de la région métropolitaine. L'objectif était de connaître les plans d'action et les besoins de la Sûreté du Québec, du Service de police de la Ville de Montréal, de la police de Longueuil et de Laval.

Entrevue avec la ministre québécoise de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault

Je ne veux pas que les gens aient la perception que la police demande encore plus de ressources. Mais je vous donne l'exemple du milieu des enquêtes criminelles très spécialisées. Si j'ai une ou deux fusillades avec meurtres en deux jours, mes équipes sont toutes mobilisées là-dessus. Si la troisième journée j'ai une autre fusillade avec meurtres, je mets qui là-dessus?, explique M. Dagher.

Ces événements violents demandent une multiplication des équipes spécialisées. On a beau offrir davantage de patrouilleurs, les villes où il y a des fusillades, c'est vraiment des renforts en enquête spécialisée dont elles ont besoin, ajoute-t-il.

La police de Laval a dû enquêter sur trois fusillades en trois jours sur son territoire.

La police de Laval a dû enquêter sur trois fusillades en trois jours sur son territoire.

Photo : capture d'écran

Selon Fady Dagher, les policiers ont besoin plus que jamais des partenaires communautaires pour accompagner les jeunes avant qu'ils ne soient attirés par la violence armée et l'appât du gain financier des gangs de rue.

On ne demande pas aux organismes communautaires d'infiltrer les groupes de jeunes pour dénoncer ceux qui commettent des actes. On veut leur aide pour prévenir le crime en offrant des alternatives à des jeunes qui se cherchent une identité à l'adolescence, a conclu Fady Dagher.

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