•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des résidents de Lytton offusqués par une publicité tournée dans leur village en ruines

Deux filles tirent un chariot avec un arbre devant un bâtiment calciné du village de Lytton.

Dans la publicité qualifiée par ACTO de « complètement fictive », deux fillettes marchent dans les rues du village dévasté par un incendie de forêt, en transportant un petit arbre dans un chariot.

Photo : Radio-Canada / YouTube/ACTO

Radio-Canada

Des résidents de Lytton, dont la plupart ont perdu leur maison dans l’incendie de forêt qui a ravagé le village britanno-colombien l'été dernier, estiment qu'une récente publicité de l’entreprise ATCO exploite leur traumatisme et ne dépeint pas fidèlement l'état de leur communauté. L’entreprise se défend en disant qu'il s'agit d'une fiction.

La publicité pour le groupe ATCO, une entreprise de Calgary, présente dans les secteurs de l'ingénierie, de la logistique et de l’énergie, montre deux jeunes enfants traversant une ville tout en transportant un petit arbre dans un chariot qu’elles tirent derrière elle, sur une reprise de la chanson de 1985 de Katrina and the WavesWalking on Sunshine.

Alors qu’elles déambulent dans les rues du village, elles croisent des travailleurs au volant de leur engin de chantier ou de leur camion qui arborent le nom de l’entreprise, alors que se succèdent en arrière-plan des façades de bâtiments calcinés et d'autres vestiges de l’incendie.

Les jeunes filles passent ensuite devant un panneau indiquant l'école rouvre aujourd'hui. Elles s'arrêtent devant le bâtiment, constitué de modulaires marqués du nom de l'entreprise, et tentent en vain de creuser un trou pour planter l’arbre qu’elles transportent.

Un employé d'ATCO, qui observe la scène, s'arrête alors de travailler et vient aider les fillettes à creuser un trou. La publicité se termine par le slogan : Depuis plus de 75 ans, nous avons été là où le monde a besoin de nous.

Je pense que cette publicité est de très mauvais goût , dit Micha Kingston, résidente de Lytton, qui se demande pourquoi l'entreprise essaie de capitaliser sur [leur] tragédie.

Elle ajoute qu'il était difficile de regarder une publicité mettant en scène de jeunes enfants de Lytton, alors que sa fille et elle n'ont pas le droit de regagner la ville.

« C'est ridicule de laisser entendre que les enfants de Lytton se promènent joyeusement dans les rues pour aller à l'école et que cela diminue la souffrance de tous les habitants qui sont toujours évacués. »

— Une citation de  Micha Kingston, résidente de Lytton.
Deux filles se dirigent vers une école construite en partie avec des classes mobiles où on peut lire ATCO.

Dans la vidéo qualifiée par ACTO d'« entièrement fictive », deux filles se dirigent vers une installation censée représenter leur nouvelle école temporaire.

Photo : YouTube/ACTO

Elle note également que, s'ils étaient autorisés à aller dans leur village, ils devraient porter des équipements de protection personnelle, contrairement aux personnes dans la publicité.

C'est un peu comme une claque dans le visage de voir ces jeunes enfants se promener ainsi, poursuit-elle.

Vidéo entièrement fictive

Dans un communiqué, l’entreprise admet que le scénario de la réouverture d'une école est une œuvre de fiction et dit qu'elle avait travaillé avec le village et fait un don pour les travaux de reconstruction avant le début du tournage de la publicité.

Nous n'avions pas l'intention de représenter Lytton, mais de filmer une histoire inspirée par notre travail, qui consiste notamment à répondre à des catastrophes et à construire des choses comme des écoles au Canada, en Australie et ailleurs encore, a déclaré l'entreprise dans un communiqué.

Sur le réseau social Twitter, elle a précisé que l'histoire était entièrement fictive et qu'une partie de la publicité avait été filmée à Lytton.

« Ahurissant »

Le député libéral de la circonscription de Peace River North, Dan Davies, a soulevé la question à l'Assemblée législative jeudi, demandant pourquoi une entreprise privée a pu filmer une publicité à Lytton avant que les résidents n'aient été autorisés à retourner reconstruire leur vie.

Le ministre de la Sécurité publique de la Colombie-Britannique, Mike Farnworth, a déclaré qu'il s'agissait d'une décision prise par le conseil municipal de Lytton, ajoutant que lui-même ne l'aurait pas fait.

Ils ne viennent pas demander la permission à la province, a déclaré Mike Farnworth. Très franchement, j'ai été ahuri que cela ait pu se produire.

Le maire de Lytton, Jan Polderman, a déclaré jeudi qu'il n'avait pas vu la publicité finale, mais que le tournage n'avait pas entravé les travaux de nettoyage.

Il reconnaît qu'il y a un petit nombre de critiques de la vidéo, mais souligne aussi qu’elle vise à montrer que les travaux de reconstruction commencent.

Avec les informations de Jon Azpiri

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !