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Tollé après la charge de la police israélienne aux funérailles de Shireen Abu Akleh

Le Conseil de sécurité de l'ONU a « fermement condamné le meurtre » de Shireen Abu Akleh dans une déclaration adoptée à l’unanimité.

Des policiers israéliens et des Palestiniens s'affrontent.

Des affrontements ont eu lieu entre des manifestants palestiniens et des policiers israéliens en marge des funérailles de la journaliste Shireen Abu Akleh.

Photo : Getty Images / Amir Levy

Radio-Canada

La communauté internationale a dénoncé l'intervention de la police israélienne vendredi aux funérailles à Jérusalem de Shireen Abu Akleh, le cercueil de la journaliste palestinienne ayant failli tomber à terre après les coups de matraque contre les porteurs.

Des milliers de Palestiniens ont participé aux obsèques de la journaliste américano-palestinienne d'Al Jazeera, tuée mercredi d'une balle dans la tête alors qu'elle couvrait un raid militaire israélien en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Elle portait un gilet pare-balles siglé presse et un casque de reportage.

À la sortie du cercueil de l'hôpital Saint-Joseph à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville également occupé par l'Etat hébreu, la police israélienne a fait irruption dans l'enceinte de l'établissement et tenté de disperser une foule brandissant des drapeaux palestiniens.

Le cercueil a failli tomber des mains des porteurs battus par des policiers mais a été rattrapé in extremis, selon des images retransmises par des télévisions locales.

D'après le Croissant-Rouge palestinien, 33 personnes ont été blessées, dont six ont été hospitalisées. La police israélienne a de son côté fait état de six arrestations.

Les policiers israéliens ont pénétré dans l'enceinte de l'hôpital pour interdire des chansons scandées par la foule en hommage à la journaliste palestinienne, qui était âgée de 51 ans.

Si vous n'arrêtez pas ces chants nationalistes, nous devrons vous disperser en utilisant la force et nous empêcherons les funérailles d'avoir lieu, a déclaré dans un mégaphone un policier israélien en direction de la foule, selon une vidéo diffusée par la police.

Des policiers israéliens lors d’un cortège funèbre.

La police israélienne a bousculé les Palestiniens qui portaient le cercueil de la journaliste Shireen Abu Akleh, d'Al-Jazira.

Photo : Getty Images / AHMAD GHARABLI

La police israélienne a dit avoir été obligée d'utiliser des moyens de dispersion antiémeutes pour faire cesser des jets de pierres contre ses forces.

De brutales forces spéciales israéliennes attaquent le cortège funèbre de Shireen Abou Akleh à sa sortie de l'hôpital Saint-Joseph, a dénoncé sur Twitter Hanane Achraoui, qui a déjà été une voix forte au sein de l'Organisation de libération de la Palestine.

« L'inhumanité d'Israël s'affiche en grand. »

— Une citation de  Hanane Achraoui, ancienne membre de l'Organisation de libération de la Palestine
 Shireen Abu Akleh.

Shireen Abu Akleh a couvert le conflit au Proche-Orient pendant plus de 25 ans.

Photo : afp via getty images / HAZEM BADER

Finalement, le cercueil de Shireen Abu Akleh a été transporté vers la vieille ville, où a été célébrée une messe dans une église avant l'inhumation dans un cimetière à proximité.

Condamnation unanime au Conseil de sécurité de l’ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU a fermement condamné le meurtre, le 11 mai, de la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh et la blessure d'un autre journaliste dans la ville cisjordanienne de Jénine.

La déclaration proposée par les États-Unis a été adoptée à l’unanimité vendredi, indiquent des diplomates sous couvert de l’anonymat.

Il s’agit d’une très rare position unanime du Conseil de sécurité sur un sujet concernant Israël.

Une enquête immédiate, approfondie, transparente et impartiale sur ce meurtre a également été demandée.

Antonio Guterres profondément troublé

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, se dit profondément troublé par le comportement de certains policiers israéliens à l'hôpital Saint-Joseph de Jérusalem-Est, a indiqué son porte-parole, Farhan Haq.

Cela concerne aussi les affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et les Palestiniens rassemblés à l'hôpital Saint-Joseph, a précisé M. Haq.

Il [Antonio Guterres] continue d'exhorter au respect des droits fondamentaux, y compris des libertés d'opinion, d'expression et de réunion pacifique, a-t-il ajouté.

La délégation de l'Union européenne (UE) auprès des Palestiniens s'est dite consternée par la violence dans l'enceinte de l'hôpital Saint-Joseph et par le niveau de force inutile exercée par la police israélienne tout au long du cortège funèbre.

Un comportement aussi disproportionné ne fait qu'alimenter les tensions, a-t-elle signalé sur Twitter.

Atterré par les scènes observées aujourd'hui en marge des funérailles et par l'usage disproportionné et irrespectueux de la force durant le cortège funèbre, a commenté sur Twitter Dimiter Tzantchev, ambassadeur de l'UE en Israël.

Maintenir l'ordre public peut se faire par d'autres moyens, a-t-il dit.

Au Canada, réagissant aux images des porteurs du cercueil bousculés par les policiers, le chef du NPD Jagmeet Singh a évoqué une inhumanité effrayante.

« Même dans la mort, la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh a été privée de dignité et de compassion. »

— Une citation de  Jagmeet Singh, chef du NPD

Ces attaques des forces israéliennes contre un cortège funéraire – cette déshumanisation est inadmissible et bouleversante, a-t-il ajouté sur son compte Twitter.

Des policiers interviennent au milieu d'une foule.

Des escarmouches ont éclaté dans l'enceinte d'un hôpital de Jérusalem-Est quand en est sorti le cercueil de Shireen Abu Akleh.

Photo : AP / Mahmoud Illean

Deux possibilités

L'armée israélienne a indiqué vendredi qu'il n'était pas possible de déterminer dans l'immédiat l'origine du tir qui a atteint et tué la journaliste.

L'enquête montre qu'il y a deux possibilités pour l'origine du tir qui l'a tuée, a déclaré l'armée dans un communiqué.

La première option est celle d'un tir des hommes armés palestiniens [en direction des forces israéliennes], alors que des centaines de balles ont été tirées depuis plusieurs endroits, a-t-elle indiqué.

L'autre option est que, pendant la fusillade, un des soldats [israéliens] a tiré quelques balles depuis un Jeep à l'aide d'une lunette télescopique vers un terroriste qui tirait sur son véhicule, a-t-elle poursuivi.

Mercredi, après avoir dit que la journaliste avait probablement succombé à un tir palestinien, Israël avait affirmé ne pas écarter l'hypothèse voulant que la balle ait été tirée par ses soldats.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a accusé jeudi les autorités israéliennes d'être complètement responsables de la mort de la journaliste, refusant une enquête conjointe avec Israël.

« Les autorités israéliennes ont commis ce crime et nous ne leur faisons pas confiance. »

— Une citation de  Mahmoud Abbas, président palestinien

L'armée israélienne a assuré vendredi qu'elle poursuivrait son enquête avec tous les moyens disponibles mais a déploré l'absence d'éléments clés qui pourraient déterminer l'origine du tir.

Les autorités israéliennes réclament que leur soit remise la balle qui a été fatale à la journaliste afin de réaliser un examen balistique. L'État hébreu a proposé que des experts palestiniens et américains soient présents lors de cet examen.

Une première autopsie a été effectuée en Cisjordanie peu de temps après la mort de la journaliste, mais aucun résultat n'a été communiqué.

Avec les informations de Agence France-Presse

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