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Le pape visitera Edmonton, Québec et Iqaluit en juillet

Le pape François.

Le pape François lors de la célébration de la messe de Pâques, sur la place Saint-Pierre, au Vatican.

Photo : Getty Images / TIZIANA FABI

Le pape François s'arrêtera à Edmonton, à Québec et à Iqaluit lors d'une visite au Canada qui aura lieu du 24 au 29 juillet, a confirmé le Vatican.

Le voyage apostolique du souverain pontife a été annoncé dans un communiqué du directeur du service de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni.

Selon l'archevêque Richard Smith d'Edmonton, coordinateur général du voyage pour la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), cette visite sera la prolongation du dialogue, entre l'Église catholique et les communautés autochtones, entamé lors de la visite des délégations des Premières Nations, des Inuit et des Métis à Rome.

La culture et la spiritualité autochtones seront centrales à tous les événements auxquels le pape François participera, a-t-il ajouté.

« Le pape est là pour les communautés autochtones. C'est sa priorité. »

— Une citation de  Archevêque Richard Smith, coordinateur du voyage

Il s'attend à ce que le pape réitère les excuses exprimées à Rome pour les mauvais traitements que les Autochtones ont subis de la part des membres de l'Église. Un arrêt sur le lieu d'un ancien pensionnat pour Autochtones est prévu.

Le pape et, en arrière-plan, plusieurs personnes debout dans une vaste pièce du Vatican.

Les membres de la délégation autochtone se tiennent debout alors que le pape François vient de prononcer des excuses pour le rôle joué par des membres de l'Église catholique dans les pensionnats pour Autochtones, le 1er avril dernier.

Photo : La Presse canadienne / HO-Vatican Media

Selon l'archevêque, le souverain pontife a très bien compris le lien qui unit les peuples autochtones à leur terre. Ce sera une occasion sans pareille de faire avancer ce chemin de réconciliation, a-t-il conclu.

Pour sa part, le président de la CECC, Mgr Raymond Poisson, a affirmé dans un communiqué que les évêques sont ravis que le Saint-Père ait accepté l'invitation à poursuivre le chemin de la guérison et de la réconciliation avec les peuples autochtones du Canada.

Une visite applaudie

Il a souligné en entrevue que ce voyage ne devait pas être une répétition de la visite de la délégation autochtone à Rome. Cette étape-là est faite. Elle a permis à l'audience finale un message fort du Saint-Père qui s'est uni aux évêques du Canada pour des excuses. En revenant ici, c'est le même processus qui se continue, a conclu Mgr Raymond Poisson sur les ondes de RDI.

« Nous voulons être axés sur aujourd'hui et demain. »

— Une citation de  Mgr Raymond Poisson, président de la CECC

Dans un communiqué, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a salué l'annonce de cette visite et le courage des communautés autochtones qui l'ont rendue possible. Sans le courage et la détermination des survivants, des dirigeants autochtones et des jeunes qui ont raconté leur histoire, la visite prochaine de Sa Sainteté ne serait pas possible, a-t-il déclaré.

Justin Trudeau a insisté sur la nécessité que des excuses de l'Église catholique soient présentées au Canada comme l'a recommandé la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Le communiqué ne précise pas si le premier ministre rencontrera le pape François.

C'est une très bonne nouvelle, s'est aussi félicité Jean-Charles Piétacho, chef de la communauté d'Ekuanitshit, sur la Côte-Nord et ancien pensionnaire à Mani-utenam. Cela vient raviver l'espoir dans notre processus de guérison.

L'homme et la femme de la nation innue.

Le chef Jean-Charles Piétacho du Conseil des Innus de Ekuanitshit et son épouse, Béatrice Michel

Photo : Radio-Canada / Maria-Louise Nanipou

Il a indiqué sur les ondes de RDI que sa communauté s'organisait déjà pour aller voir le pape lors de son passage à Québec.

« C'est un événement historique qui va rester dans la mémoire de nos membres. »

— Une citation de  Jean-Charles Piétacho, chef de la communauté d'Ekuanitshit

Le grand chef de la confédération du Traité no 6, George Arcand Junior, a remercié les survivants des pensionnats pour Autochtones pour tout le travail ayant conduit à cette annonce. L'ex-grand chef Wilton Littlechild faisait partie de la délégation à Rome.

Je comprends l'impact que la visite papale aura sur le Traité no 6, sur les survivants, leurs familles et leurs communautés. [...] J'espère que nous sommes sur la voie de la guérison et que cette visite historique sur nos territoires prouvera la justesse des vérités dévoilées par les survivants, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Une visite en collaboration avec les peuples autochtones

Les lieux de visite du pape François ont été choisis par le Vatican, et la CECC signale que les problèmes de mobilité et de santé du chef de l'Église catholique ont dû être pris en compte. Le souverain pontife, qui a 85 ans, est apparu en fauteuil roulant la semaine dernière.

L'itinéraire spécifique sera déterminé dans les prochaines semaines en fonction des contraintes de santé et en collaboration avec les partenaires autochtones. Le pape pourrait s'arrêter au lieu historique du Pèlerinage-au-Lac-Ste. Anne, situé à 75 kilomètres au nord-ouest d'Edmonton, et visiter la Première Nation crie d'Ermineskin, à 100 kilomètres au sud de la capitale albertaine.

Selon l'archevêque Richard Smith, la CECC pourrait offrir une aide financière pour permettre aux communautés autochtones éloignées d'assister à la visite.

Edmonton compte le deuxième plus grand nombre d'Autochtones vivant dans les centres urbains au Canada. La province a par ailleurs hébergé 25 pensionnats pour Autochtones, soit le plus grand nombre parmi les provinces et les territoires du pays.

Iqaluit regroupe pour sa part le plus grand nombre d'Inuit au Canada. Le pape François a été personnellement invité par les délégués inuit à visiter le Nord lors de leur rencontre à la fin du mois de mars au Vatican.

La CECC a ajouté que l'arrêt à Québec permettra aux Autochtones de l'est du Canada de se déplacer plus facilement. La ville de Sainte-Anne-de-Beaupré, à une trentaine de kilomètres de Québec, est aussi un lieu de pèlerinage très populaire.

On va couvrir ainsi dans les deux sites à Sainte-Anne les rencontres possibles entre des pèlerins qui sont autochtones et non autochtones. C'est ce qu'on vise dans la réconciliation, être ensemble, a indiqué Mgr Poisson en entrevue à RDI.

Le président de la CECC a évoqué le fait que la visite pourrait se dérouler dans l'ordre annoncé dans le communiqué, à savoir Edmonton en premier, puis Québec et Iqaluit en dernier. Le souverain pontife partira du Canada le 29 juillet et arrivera à Rome le 30.

Des excuses demandées en terre canadienne

Le pape avait évoqué cette visite le 1er avril durant des rencontres avec la délégation autochtone au Vatican. Il s'était alors excusé pour les gestes commis par certains membres de l'Église catholique romaine dans les pensionnats pour Autochtones du Canada.

Le pape avait également exprimé sa volonté de se rendre au Canada aux alentours de la Sainte-Anne, célébrée le 26 juillet, qui occupe une place importante dans les cultures autochtones. Il souhaitait ainsi exprimer sa proximité avec ces peuples.

Les délégués autochtones avaient, eux, rappelé qu'ils souhaitaient que le pape s'excuse lors de sa venue au Canada. C'est un premier pas historique, mais ce n'est qu'un premier pas. Le prochain est qu'il s'excuse à nos familles sur leurs terres, avait alors demandé Gerald Antoine, le chef de la délégation des Premières Nations.

Il s'agira de la quatrième visite d'un pape en sol canadien depuis le premier voyage de Jean-Paul II en 1984.

La CECC a mis en place un site Internet, visitepapale.ca (Nouvelle fenêtre), pour informer les Canadiens.

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