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Les craintes que les alertes provoquent la panique ne sont pas fondées

Le Système national d'alertes au public mettra à l'essai ses messages sur appareils mobiles partout au pays mercredi

Les inquiétudes concernant la panique du public au sujet du système En alerte ne sont pas fondées, à condition que les alertes indiquent clairement comment réagir, selon des experts (archives).

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Les craintes que le public panique s'il reçoit des alertes au cours de situations dangereuses sont plus un mythe qu'une réalité, ont déclaré jeudi des experts en systèmes d'alerte d'urgence lors de l'enquête publique sur la fusillade de masse en Nouvelle-Écosse.

Des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont déclaré à la commission d'enquête que si la police avait émis une alerte publique concernant un tueur au volant d'une réplique de voiture de patrouille, cela aurait provoqué une panique frénétique parmi le public et mis les agents en danger. La GRC a également suggéré que les opérateurs du 911 auraient pu être submergés par des appels de personnes cherchant des informations sur les meurtres des 18 et 19 avril 2020.

Au lieu de cela, des messages Twitter sur l'urgence ont été diffusés à un public limité. Les messages n'indiquaient pas clairement à quoi ressemblait la réplique de la voiture de police jusqu'à 10 h 17 le 19 avril 2020, vers la fin des 13 heures de carnage.

Les membres de la famille des victimes du tueur ont déclaré que des vies auraient pu être sauvées si les gens avaient été avertis plus tôt. Le tueur avait échappé à la police pendant deux jours alors qu'il conduisait une réplique d'une voiture de la GRC.

Pas de panique si les alertes sont claires

Lors d'une table ronde, jeudi, plusieurs participants ont déclaré que les inquiétudes concernant la panique du public au sujet du système En alerte, dont les alertes sont diffusées à la radio, à la télévision et sur les téléphones intelligents, ne sont pas fondées, à condition qu'elles indiquent clairement comment réagir.

Le chef du bureau de gestion des urgences de la Nouvelle-Écosse, Paul Mason, a indiqué que depuis la fusillade de masse de 22 personnes en avril 2020, il y a eu 12 utilisations du système En alerte pour des événements impliquant une intervention policière, ajoutant: nous n'avons pas vu de masse de panique en réponse à l'utilisation du système.

Des postes de travail devant de grands téléviseurs.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le centre provincial de coordination du Bureau de gestion des urgences en Nouvelle-Écosse (archives).

Photo : Bureau de gestion des urgences/Jason Mew

Cheryl McNeil, consultante et ancienne employée de la police de Toronto, a qualifié la théorie de mythe de la panique et a mentionné que tant que les alertes sont claires, énoncées de manière concise et fournissent une orientation, je ne vois pas comment la panique peut être un résultat attendu de l'information du public sur les informations dont il a besoin.

De plus, Jennifer Jesty, gestionnaire de la planification d'urgence de l'Union des Mi'kmaq de la Nouvelle-Écosse, a déclaré que les résidents des communautés mi'kmaq du Cap-Breton s'attendent désormais aux alertes locales générées par son bureau et qu'ils deviennent anxieux lorsqu'ils ne sont pas informés.

On en arrive au point où s'il se passe quelque chose dans la communauté, les gens vont sur les réseaux sociaux et demandent : "Où est l'alerte"?, a déclaré Mme Jesty.

L'alerte lancée durant la chasse à l'homme

L'enquête a récemment publié des documents comprenant une entrevue au cours de laquelle Paul Mason a confirmé que la GRC n'avait pas envisagé d'utiliser le système En alerte jusqu'à ce que son organisation le suggère, vers la fin des 13 heures de déchaînement.

M. Mason a indiqué que la GRC était bien consciente des capacités du système et que trois ans plus tôt, la GRC avait rejeté une offre du Bureau de gestion des urgences demandant à la police d'assumer elle-même la responsabilité d'émettre des alertes.

Le système national En alerte est en place depuis 2015.

Montage photo des visages de 22 personnes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les 22 personnes tuées dans le massacre survenu les 18 et 19 avril 2020 à Portapique, Wentworth, Debert et Shubenacadie, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada

Dave MacNeil, chef de police à Truro, en Nouvelle-Écosse, a dit dans une entrevue avec l'enquêteur l'année dernière que peu de temps après la fusillade de masse, le commandant de la GRC en Nouvelle-Écosse, le commissaire adjoint Lee Bergerman, a organisé une conférence téléphonique au cours de laquelle il a présenté un récit aux chefs de la police municipale, suggérant que le système En alerte existant ne fonctionne pas pour les situations d'application de la loi.

M. MacNeil a déclaré que lui et d'autres chefs avaient clairement indiqué qu'ils n'allaient pas adopter ce récit, ou le point de vue disant cela va surcharger le système 911 parce que les gens obtiennent des informations et appellent.

La prise de position des gendarmes a finalement changé dans les mois qui ont suivi la fusillade de masse. Le 30 avril 2021, M. Bergerman a signé un accord autorisant la GRC à émettre ses propres alertes via le système En alerte.

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