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Coastal GasLink : des manifestants protestent devant les bureaux de la RBC à Montréal

Micro à la main, le chef Na'Moks est entouré de manifestants réunis au pied de la Place Ville Marie.

Le chef Na'Moks, chef héréditaire Tsayu de la nation Wet’suwet’en, a pris la parole jeudi.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Desrosiers

Radio-Canada

Des dizaines de personnes ont participé jeudi après-midi à un rassemblement au pied de la Place Ville Marie, où se trouvent les bureaux montréalais de la RBC, pour exiger que cette banque cesse de financer les infrastructures de l'industrie des énergies fossiles, y compris les projets d'oléoduc TransMountain et de gazoduc Coastal GasLink.

Le chef Na'Moks, chef héréditaire Tsayu de la nation Wet’suwet’en, était venu de la Colombie-Britannique pour l'occasion. Le gazoduc Coastal GasLink doit justement traverser le territoire de sa nation pour relier Dawson Creek à Kitimat, un projet dont le coût est évalué à six milliards de dollars.

Or, la situation est tendue sur le terrain. Le conseil de bande a conclu une entente avec les promoteurs, mais cet accord n'est pas reconnu par les chefs héréditaires comme le chef Na'Moks.

Ainsi, les travailleurs des chantiers de construction butent sur une résistance acharnée des Wet’suwet’en et de leurs alliés, qui ont défrayé les manchettes en 2020, juste avant la pandémie, en bloquant des voies ferrées partout au Canada.

Plus récemment, la GRC a intensifié sa présence sur le terrain à la suite d'un « affrontement violent » survenu en février dernier.

Une carte montre les tracés de deux pipelines : celui de Coastal GasLink, dans le nord de la C.-B., et celui de TransMountain, d'Edmonton au Grand Vancouver (en date du 11 avril 2022).

Deux importants projets de pipelines se dessinent ces jours-ci en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada

Pour faire cesser le projet Coastal GasLink, Amnistie internationale Canada francophone, Greenpeace Canada, Extinction Rebellion Québec et d’autres groupes, en solidarité avec la nation Wet’suwet’en, font pression sur la RBC afin qu'elle retire son financement.

À leur invitation, près d'une centaine de manifestants se sont déplacés au centre-ville de Montréal jeudi. La portée de votre voix est plus grande que cet édifice, leur a lancé le chef Na'Moks au pied de la Place Ville Marie. Leur argent détruit le monde.

La militante innue Mélissa Mollen-Dupuis a participé au rassemblement. On veut apporter un soutien parce que les problématiques que le chef Na'Moks amène touchent toutes les communautés autochtones, a-t-elle expliqué en entrevue à Radio-Canada.

Un des messages qu'il nous a partagés justement lors des rencontres qu'on a eues dans la journée, c'est : tout ce qu'on fait à la Terre, on le fait aux communautés, aux personnes autour de nous. Même les personnes allochtones sont touchées.

RBC se défend

Les représentants de la RBC ont refusé de rencontrer le chef Na'Moks lors de son séjour à Montréal.

Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, le directeur des communications de la RBC, Rafael Ruffolo, a toutefois assuré que la banque respectait le droit de chacun de faire entendre sa voix et de le faire de manière pacifique.

La RBC, a-t-il poursuivi, soutient une transition inclusive en finançant des projets innovants, responsables et renouvelables afin de répondre aux besoins énergétiques du futur.

Nos vies, nos économies et notre sécurité dépendent aujourd'hui d'un accès continu à de l'énergie jusqu'à ce que des sources alternatives soient réalisables, a souligné M. Ruffolo.

Ce mouvement qui a pour but d'amener la RBC à se retirer du projet Coastal GasLink a pris une tournure violente la semaine dernière lorsqu'un de ses dirigeants, l'ex-ministre conservateur Michael Fortier, a été la cible d'incendiaires.

En pleine nuit, les auteurs de l'attaque ont mis le feu à deux voitures qui se trouvaient devant son domicile, à Mont-Royal. Personne n'a été blessé, mais l'incendie aurait pu se propager à la résidence.

Le crime a été revendiqué sur un site web anarchiste bien connu. Rien n'indique qu'il y ait un lien avec les manifestants qui avaient choisi de s'exprimer pacifiquement jeudi au centre-ville de Montréal.

Avec les informations de Sébastien Desrosiers

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