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Des commerçants de Percé en appui à la redevance touristique

Le centre-ville de Percé, bordé par la mer.

Le règlement imposant aux visiteurs de Percé une redevance de 1 $ sur chaque transaction de 20 $ ou plus est entré en vigueur le 1er mai (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L'imposition d'une redevance touristique à Percé continue de faire réagir et de diviser la population. Après une séance mouvementée du conseil municipal, des commerçants ont décidé d'afficher publiquement leur appui à la nouvelle réglementation.

C'est une lettre qui était nécessaire, estime la propriétaire du Domaine Renard à Percé, Suzann Méthot, qui confirme avoir accepté de signer la lettre après avoir été approchée par deux autres signataires.

Il y a un peu d'opposition qui se fait entendre et ceux qui sont en faveur ne s'étaient pas fait entendre encore, alors la lettre semblait le meilleur moyen pour tout détailler parce qu'il y a un peu de confusion dans la compréhension de cette redevance, explique-t-elle.

Suzann Méthot est à l'extérieur, sur son domaine à Percé qui offre une vue sur la mer.

Suzann Méthot se dit en faveur de la redevance touristique de 1 $ imposée aux visiteurs pour chaque transaction de 20 $ et plus.

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

Il ne semble pas y avoir d'opposition contre une redevance touristique, précise Mme Méthot.

Elle croit que c'est la réglementation qui est surtout contestée. C'est la façon de l'appliquer et d'aller récolter l'argent des touristes qui viennent ici. C'est peut-être à ce niveau-là qu'il peut y avoir de l'opposition, ajoute-t-elle.

« Des commerçants trouvent peut-être qu'ils en ont déjà assez, mais ce n'est pas plus compliqué qu'appliquer la TPS et la TVQ. C'est un élément de plus à poinçonner sur une caisse. »

— Une citation de  Suzann Méthot, propriétaire du Domaine Renard à Percé

Mme Méthot estime par ailleurs que le règlement peut être appliqué tel qu'il est et que le moratoire demandé par le Comité de citoyens-commerçants de Percé n'est pas nécessaire.

Il pourrait y avoir une période transitoire où il n'y aurait pas de pénalité pour une mauvaise application et où la Ville pourrait fournir un accompagnement aux commerçants. Ce serait peut-être une façon de dénouer l'impasse, avance-t-elle.

Des touristes sur le quai de Percé.

Chaque été, environ 500 000 personnes visitent le village de Percé (archives).

Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre

Le copropriétaire de la microbrasserie Pit Caribou, Jean-François Nellis, lui aussi signataire de la lettre ouverte en faveur de la redevance, estime également que la réglementation actuelle n'a rien d'abusif.

Il explique que Percé ne peut pas continuer de développer ses infrastructures et son offre touristique alors qu'il n'y a que 3000 habitants qui héritent du fardeau financier de l'entretien des infrastructures utilisées par 500 000 touristes par année.

C'est un petit bassin de population qui paie des taxes municipales pour entretenir des infrastructures que des gens de partout dans le monde vont utiliser, souligne M. Nellis.

« Ce qu'on veut, c'est un outil d'utilisateur-payeur, et je suis totalement d'accord avec la Ville de Percé parce que les citoyens sont pris à la gorge. »

— Une citation de  Jean-François Nellis, copropriétaire de la microbrasserie Pit Caribou

Jeudi, un commerçant dont le nom apparaissait dans la lettre ouverte a fait savoir qu'il n'avait pas accepté de la signer. La firme de communication qui a diffusé la lettre a indiqué qu'il s'agissait d'un malentendu et que son nom serait retiré.

En réaction, le Comité de citoyens-commerçants nous a fait parvenir un courriel accusant la mairesse de Percé, Cathy Poirier, de véhiculer de fausses informations dans ce dossier.

Cathy Poirier dans son bureau à l'hôtel de ville de Percé.

« C'est une lettre ouverte qui est cosignée par ceux qui ont eu envie de le dire publiquement », affirme la mairesse de Percé, Cathy Poirier (archives).

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

Cette dernière assure que la lettre est une initiative des citoyens et non de la Ville.

Beaucoup de commerçants s'étaient manifestés de façon privée pour dire qu'ils appuyaient la redevance et qu'ils comprenaient le principe. Toutefois, à la suite du conseil municipal où on a vu certains opposants se manifester, pour plusieurs commerçants c'était assez important de se manifester [publiquement], explique la mairesse.

Une ville divisée

Si elle reconnaît que l'unanimité sera difficile à atteindre dans ce dossier, Cathy Poirier maintient qu'elle veut à tout prix éviter un conflit entre les commerçants dont les positions diffèrent.

Je n'ai pas envie de savoir qui est pour et qui est contre et combien sont d'un côté ou de l'autre. On n'a pas envie que ce soit un combat, et c'est très important pour les commerçants aussi, commente Mme Poirier.

« On ne veut pas d'affrontement. Ce qu'on souhaite, c'est l'harmonie. C'est ce qu'on souhaite depuis le début. »

— Une citation de  Cathy Poirier, mairesse de Percé

Or, les tensions se font déjà sentir au sein du village gaspésien.

Dans la salle du conseil municipal de Percé, plusieurs personnes portant un masque sont assises ou debout par manque de place.

Une soixantaine de commerçants et de citoyens se sont présentés devant le conseil municipal de Percé le soir du 3 mai, ce qui a donné lieu à une séance de questions plutôt corsée (archives).

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

Le directeur de la Coop Bon Ami de Percé, Stéphane Langlois, insiste pour rester neutre sur la question, mais il ne cache pas son découragement devant le fait d'avoir à imposer une mesure supplémentaire à ses employés et à sa clientèle.

Après deux ans et demi de pandémie, ce n'est pas plaisant de mettre du monde à l'extérieur parce qu'ils ne veulent pas mettre de masque ou se laver les mains. Présentement, des gens ont écrit sur les réseaux sociaux qu'ils allaient boycotter la Coop à cause de la redevance, déplore-t-il.

C'est encore une demande supplémentaire à nos employés, surtout aux caissiers et caissières, ajoute M. Langlois.

« Il y a même des employés qui ont parlé de s'en aller parce que ça devient de plus en plus compliqué. On a déjà du mal à embaucher le personnel complet pour la saison d'été. »

— Une citation de  Stéphane Langlois, directeur de la Coop Bon Ami de Percé

Il rappelle aussi que la Coop compte environ 300 membres et que plusieurs d'entre eux ne vivent pas à Percé, mais dans les villages avoisinants, comme Grande-Rivière, ce qui signifie qu'ils devraient payer la redevance de 1 $ dès qu'ils achèteraient 20 $ ou plus de mets préparés.

Les aliments d'épicerie ne sont quant à eux pas visés par la redevance.

Je ne pourrais pas dire qu'on suit ou qu'on ne suit pas, on va attendre pour voir comment ça va fonctionner avec tout ce qui s'en vient. Je sais que des commerçants ont demandé un suivi de tout ça, précise M. Langlois.

Avec des informations de Marguerite Morin

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