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Une flambée mes mains, hommage au milieu prolétaire

La femme est posée entre les branches.

La poète Alycia Dufour

Photo : Laurence Caron-C.

Mylene Gagnon

En mars dernier, Alycia Dufour a publié son premier recueil de poésie, Une flambée mes main, aux Éditions Poètes de brousse. Cette jeune poète de 26 ans, originaire de L'Isle-aux-Coudres, s’est démarquée au Prix de poésie de Radio-Canada en 2021. Sa suite poétique, dont on peut retrouver les vers dans son recueil, s’est hissée parmi les cinq finalistes.

Alycia Dufour a appris la poésie en écoutant sa grand-mère raconter des histoires avec son accent de vieille madame de Charlevoix. Ce recueil est, pour elle, une façon de faire un stunt. La poésie, elle est là aussi. Dans les mains sales, dans la langue moins soignée, dans quelque chose de plus rough.

Son recueil est marqué par son rapport au territoire, qui lui permet d’aborder d’autres sujets, comme le corps, le genre et la filiation. Ma filiation, c’est le fait que je viens d’un milieu prolétaire, des cultivateurs, des fermiers, des navigateurs, des femmes au foyer. C’est pour rendre hommage à ces origines-là plus modestes.

<em>Une flambée mes mains</em>, le premier recueil de poésie d'Alycia Dufour.

Une flambée mes mains, le premier recueil de poésie d'Alycia Dufour

Photo : Poètes de brousse

Comme son recueil est autofictionnel, son plus grand défi a été de ne pas se censurer. Ça parle de ma famille. Je trouve mes influences dans mon entourage. Son désir était de faire parler ses personnages sans les idéaliser, de parler de filiation le plus authentiquement possible.

Pour autant, Alycia affirme que son recueil est une trame parallèle à la réalité. Les arrières grands-pères du recueil ne sont pas les siens. La mère qu’elle décrit n’est pas la sienne non plus. À la base, ce qui m'inquiétait, c’était d’évoquer certains traumas, comme la pauvreté vécue dans ma famille, la précarité. Je pensais que c’est ce que les gens allaient voir en premier lieu, mais les gens se laissent porter par l’image.

« Il y a quelque chose de très joueur dans la poésie. Je pense que ce plaisir prend le dessus sur le tabou. »

— Une citation de  Alycia Dufour

Réinventer la tradition

Il est aussi question du folklore, des traditions, des légendes et de l’oralité. La poète est consciente du peu d’intérêt envers le folklore et le comprend. Elle l’explique par le peu de renouvellement, mais aussi parce qu’il est associé aux discours d’extrême droite, au nationalisme, au racisme et à la xénophobie.

L’idée, c'était de se dire comment, dans un désir de déconstruire cette tradition, la réinventer et s’y inscrire. Je suis allée recycler des matériaux déjà existants et je les ai mis à ma sauce.

Un pari réussi, si l’on en croit le poète Hugues Corriveau, à l’émission Plus on est de fous, plus on lit. Je la voudrais en nomination au prix Émile-Nelligan, et lauréate, je ne trouverais pas qu’il y aurait là à rougir.

En complément :

Véritable tremplin pour les écrivaines et écrivains canadiens, les Prix de la création Radio-Canada sont ouverts à toute personne qui écrit, de façon amateur ou professionnelle. Ils récompensent chaque année les meilleurs récits (histoires vécues), nouvelles et poèmes inédits soumis au concours.

Vous écrivez des poèmes? Envoyez-nous vos textes inédits d’ici le 31 mai 2022.

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