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La demande d’un permis de 25 ans pour Point Lepreau suscite de l’inquiétude

Centrale nucléaire de Point Lepreau

La demande de renouvellement de permis d'exploitation de Point Lepreau pour 25 ans ne fait pas l'unanimité.

Photo : CBC

Radio-Canada

L’idée d’accorder un permis d’exploitation de 25 ans à la centrale nucléaire de Point Lepreau au Nouveau-Brunswick est loin de faire l’unanimité.

Plusieurs personnes ont profité des audiences publiques de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) pour s’opposer à la demande d’Énergie NB d’accorder un permis d’exploitation de 25 ans pour la centrale nucléaire de Point Lepreau.

Jusqu’ici, les permis d’exploitation pour Point Lepreau étaient accordés pour une période de 5 ans. À chaque fois, Énergie NB devait présenter une nouvelle demande de renouvellement, où différents représentants de la société civile, en plus de l’industrie nucléaire, pouvaient présenter leurs points de vue, leurs questions et leurs inquiétudes.

Si un permis d’exploitation de 25 ans est accordé, il n’y aurait plus d’audiences publiques concernant la centrale nucléaire avant un quart de siècle. Les prochaines audiences publiques se tiendraient en 2047.

Susan O’Donnell parle au micro.

Susan O’Donnell, chercheuse spécialisée dans l'adoption des technologies et les questions environnementales à l'Université du Nouveau-Brunswick.

Photo : V

Éliminer la possibilité d'avoir des audiences sur une base régulière ne renforce pas la confiance, c'est en fait le contraire, cela crée la perception que la CCSN ou Énergie NB a quelque chose à cacher, déplore Susan O’Donnell, chercheuse spécialisée dans l'adoption des technologies et les questions environnementales à l'Université du Nouveau-Brunswick.

« Je suis ici depuis trois jours, et l'un des problèmes qui revient sans cesse est la confiance du public. »

— Une citation de  Susan O’Donnell, chercheuse spécialisée dans l'adoption des technologies et les questions environnementales à l'Université du Nouveau-Brunswick

C’est pourquoi elle demande que le renouvellement du permis d’exploitation continue à se faire tous les cinq ans. D'un point de vue sociologique, pour gagner la confiance du public, vous voudriez opter pour une période de renouvellement de permis aussi courte que possible, dit-elle.

Ann McAllister parle au micro.

Ann McAllister, membre de la Coalition pour un développement énergétique responsable.

Photo : visioconférence CCSN

Dans le même sens, Ann McAllister, membre de la Coalition pour un développement énergétique responsable, estime que un renouvellement de permis aux 25 ans fait craindre que le public ne soit réduit au silence pendant cette période.

Selon elle, le public doit être en mesure d’être informé et de pouvoir intervenir. Elle souligne, par exemple, l’importance de surveiller les effets à long terme du déversement de tritium par la centrale dans les puits artésiens des résidences autour de la Point Lepreau. Quelle occasion le public aura-t-il d'examiner et de commenter les mises à jour de l'évaluation des risques environnementaux si ce n'est lors des audiences sur les permis, se questionne-t-elle.

Claude Richard parle en visioconference.

Claude Richard, gérant d'affaires de la Fraternité internationale des ouvriers en électricité.

Photo : visioconférence CCSN

De son côté, la Fraternité internationale des ouvriers en électricité appuie la possibilité d’un renouvellement de permis après 25 ans. Il le fait à une seule condition, explique le gérant d’affaires du syndicat Claude Richard, ce que nous suggérons, c'est que tous les trois ou quatre ans, nous organisions une réunion sur place, avec la CCSN, Énergie NB, pour discuter des problèmes.

Au sein de l’industrie, l’octroi d’un permis d’exploitation pour 25 ans semble faire l’unanimité. Le président de la Société nucléaire canadienne, Kamal Verma, considère que la demande de Point Lepreau pour 25 ans est conforme à la pratique internationale.

Kamal Verma parle au micro.

Kamal Verma, président de la Société nucléaire canadienne.

Photo : visioconférence CCSN

Selon lui, plusieurs autres pays accordent des permis pour 25 ou 30 ans, soit pour toute la durée de vie des réacteurs.

« Je pense que c'est le bon moment pour examiner les opérations de permis étendu. »

— Une citation de  William Cook, directeur du Centre de recherche en énergie nucléaire de l'Université du Nouveau-Brunswick
William Cook parle au micro.

William Cook, directeur du Centre de recherche en énergie nucléaire de l'Université du Nouveau-Brunswick.

Photo : visioconférence CCSN

William Cook, directeur du Centre de recherche en énergie nucléaire de l'Université du Nouveau-Brunswick, considère qu’un permis d’exploitation de 25 ans aurait des avantages importants. Ainsi, Énergie NB peut réellement se concentrer sur les opérations, se concentrer sur l'amélioration des processus et se concentrer sur la production d'énergie efficace, dit-il.

Dans une déclaration écrite, vendredi, une porte-parole d'Énergie NB mentionne que d’autres avenues possibles afin de solliciter les interventions du public avant 2047 ont été proposés par des employés de la centrale nucléaire et de la CCSN lors des audiences.

Les audiences de la Commission canadienne de la sûreté nucléaire se sont conclues jeudi à Saint-Jean.

La commission devrait rendre une décision bientôt, puisque le permis d’exploitation actuel de Point Lepreau vient à échéance le 30 juin prochain.

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