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Assaut du Capitole : cinq républicains, dont McCarthy, assignés à comparaître

Kevin McCarthy parle, le doigt levé, devant le Capitole, avec en arrière-plan Jim Jordan.

Kevin McCarthy et Jim Jordan, en arrière-plan, font partie des élus convoqués par le comité de la Chambre des représentants sur l'assaut du Capitole.

Photo : Associated Press / J. Scott Applewhite

Dans un geste exceptionnel, le comité de la Chambre des représentants chargé d'enquêter sur l'invasion du Capitole, survenue le 6 janvier 2021, a enjoint à cinq élus républicains qui ont refusé de collaborer à son investigation, dont le chef de la minorité républicaine à la Chambre Kevin McCarthy, de comparaître et de lui remettre des documents.

Les quatre autres élus convoqués, Jim Jordan, Andy Biggs, Mo Brooks et Scott Perry, qui ont eux aussi contesté la validité de la présidentielle de novembre 2020, étaient tous de loyaux partisans de l'ancien président Donald Trump pendant son mandat. Les quatre représentants auraient tous, d'une façon ou d'une autre, participé aux efforts pour le maintenir au pouvoir, malgré sa défaite de novembre 2020.

Ces membres incluent des élus qui ont participé à des réunions à la Maison-Blanche, eu des conversations directes avec le président Trump avant et pendant l'attaque, et participé à la planification et à la coordination de certaines activités le 6 janvier et avant cette date, précise le comité spécial dans un communiqué.

« Nous exhortons nos collègues à se conformer à la loi, à faire leur devoir patriotique et à coopérer à notre enquête comme l'ont fait des centaines d'autres témoins. »

— Une citation de  Extrait du communiqué du comité d'enquête de la Chambre sur l'assaut du Capitole

Le fait d'assigner des pairs à comparaître devant des comités est rare, et au cours des dernières semaines les médias américains ont fait état de vastes débats entre les membres du comité au sujet de cette décision. Certains auraient craint les répercussions potentielles pour les démocrates si les républicains reprenaient le contrôle de la Chambre lors des élections de mi-mandat, en novembre prochain.

Le comité aimerait entendre les cinq politiciens à huis clos avant d'amorcer la portion publique de son enquête, qui débutera le 9 juin.

Dans son communiqué, le président du comité, le démocrate Bennie Thompson, rappelle notamment que M. McCarthy a parlé avec Donald Trump au téléphone pendant que des centaines de partisans du président sortant s'attaquaient au siège du Congrès.

Pendant le deuxième procès en destitution de M. Trump, en janvier 2021, une élue républicaine avait publiquement fait part d'un appel tendu entre les deux hommes. Elle avait rapporté le compte rendu qu'en avait fait Kevin McCarthy, qui aurait imploré son interlocuteur d'intervenir.

Si M. McCarthy avait publiquement affirmé à l'époque que Donald Trump portait une responsabilité pour l'émeute, il avait été plus tranchant en privé.

Des enregistrements faits à son insu dans la foulée des événements du 6 janvier, et rendus publics par le New York Times au cours des dernières semaines, ont montré un politicien qui disait en avoir sa claque de Donald Trump, le blâmait pour avoir incité ses partisans à attaquer le Capitole et soutenait qu'il lui recommanderait de démissionner.

Depuis, il continue toutefois de courtiser l'ex-président qui conserve une influence importante au sein du Parti républicain.

Cité par CNN, le leader de la minorité républicaine au Congrès, qui aspire à la présidence de la Chambre, a réagi en accusant les démocrates de s'en prendre à leurs adversaires politiques. Le comité compte aussi deux républicains.

Si M. McCarthy défie son assignation à comparaître, comme l'ont fait d'autres témoins, la Chambre pourrait demander au département de la Justice de porter des accusations d'outrage au Congrès, une situation exceptionnelle et potentiellement explosive avant les élections de mi-mandat.

Très critique des travaux du comité spécial, il s'était opposé à la création d'une commission bipartisane.

Des témoins de première ligne, selon le comité

Donald Trump a le poing fermé levé en l'air.

L'ancien président des États-Unis Donald Trump, lors du rassemblement ayant précédé l'assaut du Capitole.

Photo : Reuters / JIM BOURG

Selon le comité, Andy Biggs a pour sa part participé à des réunions pour planifier divers aspects du 6 janvier, a été impliqué dans les plans pour amener des manifestants à Washington, en plus d'œuvrer à convaincre des élus de ne pas reconnaître la victoire de Joe Biden.

Scott Perry aurait coordonné le plan pour remplacer le procureur général par intérim, qui ne soutenait pas les allégations de fraude brandies par le président de l'époque et ses alliés, par quelqu'un qui était prêt à réviser le résultat de l'élection présidentielle.

Selon le comité, Jim Jordan a participé activement à la stratégie pour garder M. Trump en poste et était en communication avec lui le jour de l'émeute.

M. Brooks, qui était l'un des plus ardents partisans de M. Trump, avait pris la parole lors du rassemblement qui avait précédé l'émeute au Capitole, exhortant la foule à commencer à faire tomber des gens et à botter des culs.

Donald Trump a récemment retiré son soutien à son ancien allié, qui brigue désormais un siège de sénateur en Alabama, après que ce dernier eut demandé à des partisans au cours d'un rassemblement de mettre l'élection de 2020 derrière eux pour se concentrer sur les scrutins de 2022 et 2024.

M. Brooks a par la suite déclaré publiquement que l'ancien président, après son départ de la Maison-Blanche, lui avait demandé à de multiples reprises de travailler à faire annuler les élections de 2020 et à l'aider à réintégrer son poste.

Plusieurs collaborateurs de l'ancien président ont été assignés à comparaître, mais c'est la première fois que le comité emprunte cette voie relativement à des élus.

La Chambre a cité quatre anciens collaborateurs de Donald Trump qui ont refusé de collaborer à ses travaux, soit son ex-conseiller Steve Bannon, l'ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche Mark Meadows, puis Peter Navarro et Dan Scavino, pour outrage au Congrès.

Le département de la Justice a jusqu'ici déposé des accusations seulement contre Steve Bannon, qui a plaidé non coupable.

M. Meadows avait pour sa part remis plusieurs documents au comité, avant de cesser sa coopération.

Donald Trump avait contesté en cour la remise de documents au Congrès, invoquant le privilège de l’exécutif. Il espérait aussi dissuader ses anciens collaborateurs de participer aux travaux du comité.

Des centaines de témoins

Une femme blonde et un homme portant un complet avec cravate se tiennent par la main devant un hélicoptère.

Ivanka Trump et Jared Kushner ont séparément comparu devant le comité spécial au cours des dernières semaines.

Photo : Getty Images / Saul Loeb

Le comité amorcera sous peu une série de huit jours de témoignages publics, qui s'échelonneront sur quelques semaines.

Depuis le début de ses travaux, l'an dernier, il a vu défiler près d'un millier de témoins derrière les portes closes.

Le comité a notamment entendu des membres de la famille de Donald Trump, sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner, qui étaient ses conseillers à la Maison-Blanche, ainsi que Donald Trump fils. Tous trois ont témoigné de leur plein gré au cours des derniers mois.

Avant d'entreprendre ses auditions à huis clos, le comité avait donné le coup d'envoi à ses travaux de façon percutante, avec la comparution publique de quatre policiers, visiblement encore ébranlés par l'assaut des pro-Trump qu'ils avaient dû repousser le 6 janvier.

En mars dernier, le Washington Post et CBS News ont rapporté que les registres de la Maison-Blanche qui ont été remis au comité d'enquête ne montrent aucun appel reçu ou fait par Donald Trump pendant une durée de 7 heures 37 minutes le 6 janvier 2020.

Depuis l'an dernier, les médias américains ont pourtant fait état de conversations téléphoniques entre Donald Trump et des élus républicains au cours de cette période charnière – et violente – de la journée.

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