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La région de Québec peine encore à recevoir sa juste part d’immigration

Un travailleur qui fait des travaux de soudure.

Selon Québec international, en 2021, il y avait 33 000 postes vacants en moyenne dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, «un sommet sans précédent». (Archives)

Photo : CBC/John Robertson

Même si elles réussissent à attirer de plus en plus de travailleurs étrangers temporaires, les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches n’arrivent toujours pas à recevoir une part de l’immigration admise au Québec équivalente à leur poids démographique. Un déséquilibre qui nuit à leurs efforts visant à contrebalancer les effets combinés du vieillissement de la population et de la pénurie de main-d'œuvre.

C’est ce qui ressort d’une analyse économique portant sur la régionalisation de l’immigration réalisée par Québec International et dont les résultats ont été publiés jeudi.

L’étude fait ressortir la répartition inégale des immigrants admis dans la province qui avantage grandement la région de Montréal.

Entre 2015 et 2020, la métropole a accueilli 75,4 % des nouveaux arrivants au Québec, soit trois fois l’équivalent de son poids démographique (24 %).

Profond déséquilibre

De son côté, la Capitale-Nationale a attiré 5,9 % des immigrants admis, alors qu’elle pèse pour 8,9 % de la population québécoise.

Le déséquilibre est encore plus notable en Chaudière-Appalaches, qui a reçu 0,5 % des nouveaux arrivants, soit dix fois moins que son poids démographique (5,1 %).

Poids démographique des régions et part de l’immigration admise, 2015-2020

Région

Poids démographique

Part de l'immigration admise

Montréal

24 %

75,3 %

Capitale-Nationale

8,9 %

5,9 %

Chaudière-Appalaches

5,1 %

0,5 %

Reste du Québec

62 %

18,3 %

Québec International rappelle que l’immigration est l’un des principaux leviers économiques à la disposition des régions pour contrer la rareté de la main-d'œuvre et le vieillissement de leur population.

Ces deux problématiques sont particulièrement aiguës dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec, qui comprend la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches.

Indice de remplacement déficitaire

Selon Statistique Canada, en 2021, la RMR de Québec présentait le plus faible indice de remplacement de la main-d'œuvre parmi les principales RMR canadiennes.

L'indice de remplacement est le rapport entre le nombre potentiel de jeunes (20-29 ans) prêts à entrer sur le marché du travail et le nombre potentiel de personnes en âge de prendre leur retraite (55-64 ans), multiplié par 100.

En 2021, dans la RMR de Québec, il y avait 86,1 jeunes de 20 à 29 ans pour chaque tranche de 100 personnes âgées de 55 à 64 ans. Il s’agit de la seule RMR d’importance au Canada dont le marché du travail affichait un indice de remplacement déficitaire.

Indice de remplacement dans les principales RMR canadiennes en 2021

Région métropolitaine de recensement

Indice de remplacement de la main-d'œuvre

Toronto

120,4

Winnipeg

118,2

Edmonton

117,5

Vancouver

112,9

Calgary

108

Ottawa

105,1

Montréal

100,6

Marché équilibré

100

Québec

86,1

L’analyse de Québec International fait néanmoins ressortir la capacité de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches à attirer un nombre plus élevé de travailleurs étrangers temporaires, année après année.

La part des travailleurs temporaires qui s’installent dans la Capitale-Nationale est passée de 4 % en 2014 à 14 % en 2019. Cette année-là, en chiffres absolus, la région a accueilli un plus grand nombre de ces travailleurs (3265) que Montréal (2745).

La Chaudière-Appalaches a connu une progression encore plus importante, passant de 0,6 % en 2014 à 5,9 % en 2019.

Manque à gagner

Ces bonnes performances ne suffisent toutefois pas à compenser le manque à gagner sur le marché du travail de ces deux régions.

Québec International soutient qu’il faudra déployer davantage d’efforts pour continuer d’améliorer le pouvoir d’attraction des régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches auprès des nouveaux arrivants afin qu’elles reçoivent une part d’immigration équivalente à leur poids démographique.

Bien que l’on constate une amélioration de la régionalisation dans les dernières années, il faudra poursuivre les efforts afin que ces deux régions bénéficient davantage du levier économique de l’immigration, conclut l’agence de développement économique.

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