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La Corée du Nord tire des missiles après avoir annoncé ses premiers cas de COVID-19

Un homme en combinaison de protection vaporise un produit désinfectant dans les allées d'une épicerie.

La Corée du Nord a pris d'importantes mesures préventives depuis le début de la pandémie de COVID-19, mais les experts doutent que le pays n'ait jamais connu d'éclosion avant mai 2022.

Photo : Getty Images / KIM WON JIN

Agence France-Presse

La Corée du Nord a tiré des missiles balistiques jeudi après avoir annoncé ses premiers cas de COVID-19 et qualifié la situation de « grave », le dirigeant Kim Jong-un apparaissant à la télévision pour la première fois le visage masqué.

M. Kim a ordonné des mesures de confinement à l'échelle nationale après que le pays a détecté ses tout premiers cas de COVID-19 depuis le début de la pandémie, selon les médias d'État jeudi.

Quelques heures après cette annonce qui a provoqué un choc, le pays ayant jusqu'à présent affirmé n'avoir enregistré aucun cas, l'armée de Corée du Sud a déclaré que trois missiles balistiques de courte portée avaient été tirés depuis les environs de Pyongyang.

Ces nouveaux essais font partie d'une provocation permanente de tir de missiles balistiques, malgré l'irruption du coronavirus, a estimé l'administration du président Yoon Suk-yeol.

Ce lancement, qui serait le seizième depuis janvier, intervient peu après que Washington a mis en garde contre le risque d'un essai nucléaire imminent de la part de Pyongyang.

COVID-19 : en état d'alerte maximale

Quelques heures plus tôt, la Corée du Nord a déclaré être en état d'alerte maximale après que des patients présentant de la fièvre ont été déclarés positifs au variant Omicron BA.2.

M. Kim, qui est apparu pour la première fois à la télévision avec un masque, a présidé une réunion d'urgence du Politburo sur la situation épidémique et appelé toutes les villes et tous les comtés du pays à confiner minutieusement leurs territoires.

Il a indiqué que la réunion avait pour objectif de guérir au plus vite les personnes contaminées et d'éradiquer la source de propagation du virus, selon l'agence de presse KCNA, qui n'a pas précisé le nombre d'infections enregistrées.

Selon les experts, en raison d'infrastructures sanitaires notoirement défaillantes et de l'absence de vaccins, le pays n'est pas équipé pour faire face à une épidémie de coronavirus.

« Pour que Pyongyang admette publiquement des cas d'Omicron, il faut que la situation sanitaire soit grave. »

— Une citation de  Leif-Eric Easley, professeur à l'université Ewha de Séoul
Une personne en combinaison, avec un masque à gaz, prend la température au poignet d'une passagère d'un autobus.

Des mesures préventives contre la COVID-19 ont été imposées par la Corée du Nord depuis le début de 2020.

Photo : Getty Images / AFP/KIM WON JIN

La Corée du Nord n'a d'ailleurs vacciné aucun de ses 25 millions d'habitants, ayant rejeté les offres de vaccination de l'OMS, de la Chine et de la Russie.

Accepter les vaccins par le biais du programme COVAX de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) requiert de la transparence sur la façon dont les vaccins sont distribués, a déclaré à l'AFP Go Myong-hyun, chercheur à l'Asan Institute for Policy Studies. C'est pourquoi la Corée du Nord a rejeté le programme.

Quel lien entre la COVID-19 et les tirs de missiles balistiques?

En procédant à un tir de missile juste après avoir fait état de ses premiers cas de COVID-19, Pyongyang veut montrer que la lutte contre le coronavirus et son objectif en matière de défense nationale sont deux choses distinctes, a déclaré Yang Moo-jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes.

« ll est désormais raisonnable de penser que Pyongyang pourrait également procéder à un essai nucléaire avec le feu vert de Kim Jong-un à tout moment. »

— Une citation de  Yang Moo-jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes

Le site spécialisé NK News, basé à Séoul, citant des sources à Pyongyang, a rapporté que des quartiers de la capitale nord-coréenne avaient été confinés pendant deux jours, faisant aussi état d'achats paniques.

La Corée du Nord s'est longtemps vantée de sa capacité à tenir le virus à distance et n'avait pas signalé à l'Organisation mondiale de la santé le moindre cas confirmé de COVID-19.

Lors d'une parade militaire en 2020, M. Kim avait remercié les citoyens et les militaires pour leur loyauté et pour être restés en santé face à la pandémie mondiale. Les médias d'État avaient déjà évoqué des mesures de prévention des épidémies, et des civils ont parfois été vus portant des masques sur des photographies officielles.

Mais lors de l'énorme défilé militaire à Pyongyang fin avril diffusé par les médias d'État, aucune des milliers de personnes présentes ne portait de masque.

Des dizaines de militaires qui paradent.

Les milliers de participants à la parade militaire de la fin d'avril à Pyongyang ne portaient pas de masque contre la COVID-19.

Photo : Reuters / KCNA

Selon les analystes, la crise sanitaire en Corée du Nord pourrait perturber les essais d'armement du pays.

Pyongyang a déjà effectué plus d'une douzaine de tests d'armement cette année, dont un missile balistique intercontinental à longue portée, pour la première fois depuis 2017.

Des images satellites indiquent que la Corée du Nord se prépare à effectuer un essai nucléaire qui pourrait avoir lieu dès ce mois-ci, selon Washington.

Il est possible que l'essai nucléaire soit retardé afin de se concentrer sur la maîtrise du coronavirus, a déclaré à l'AFP Yang Moo-jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes de Séoul.

Il a cependant ajouté que, si les craintes de la population concernant une épidémie se répandaient, Kim Jong-un pourrait procéder à un essai pour détourner cette peur.

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