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Une manifestation anti-avortement et une contre-manifestation sans violence à Ottawa

Des contre-manifestants à la Marche pour la vie, à Ottawa, devant le parlement, avec leurs pancartes.

Des contre-manifestants à la Marche pour la vie, à Ottawa, le 12 mai 2022

Photo : Radio-Canada / Fiona Collienne

Radio-Canada

Des militants opposés à l'avortement ont défilé dans les rues du centre-ville d'Ottawa jeudi après-midi. Il n'y a eu aucune violence malgré la présence de contre-manifestants.

La tension est montée d'un cran en après-midi entre les participants à la Marche pour la vie, opposés à l'avortement, et les défenseurs du libre choix.

Alors que l'événement tirait à sa fin, vers 16 h, des militants des deux clans s'invectivaient encore. Un peu plus de 2000 personnes ont participé à la manifestation et à la contre-manifestation. Les opposants au droit à l'avortement étaient cependant nettement plus nombreux que ceux en faveur de la liberté de choix.

Les deux groupes ont commencé à protester au début de l'après-midi jeudi devant le parlement d'Ottawa.

Des contre-manifestants à la Marche pour la vie, à Ottawa, brandissent leurs pancartes.

Des contre-manifestants à la Marche pour la vie, à Ottawa, le 12 mai 2022

Photo : Radio-Canada / Fiona Collienne

Les participants à la Marche pour la vie sont revenus sur la colline du Parlement, après avoir déambulé dans les rues du centre-ville, en tenant bien haut des affiches qui illustrent leur point de vue.

Les militants pro-choix, demeurés devant le parlement, ont accueilli le retour de leurs opposants avec une certaine tension. Quelques échanges musclés ont eu lieu entre les protagonistes des deux camps. Les militants pro-choix ont notamment crié aux participants à la Marche pour la vie : Walk of shame!

Les policiers étaient présents en grand nombre. Avec leurs vélos, ils ont formé une barrière entre les groupes pour éviter tout risque de confrontation physique. Aucun geste de violence n'a été posé.

Un manifestant avec une pancarte sur laquelle est écrit « Marche nationale pour la vie » et un groupe de femmes qui brandissent une pancarte contre la manifestation.

Certains contre-manifestants essaient de discuter avec les manifestants de la Marche nationale pour la vie, à Ottawa, le 12 mai 2022.

Photo : Radio-Canada / Fiona Collienne

Line Simard fait partie de cette foule. Elle s'oppose à l'avortement. Si on veut la paix dans le monde, il faut que des choses comme ça cessent. Des alternatives existent, il y a l’adoption.

Elle dit ne pas vouloir condamner les femmes. Mais elle rejette le slogan my body, my choice. Ayant perdu un enfant à quelques semaines de grossesse, elle déclare : quand j'ai vu ça dans ma main, je savais que c’était un bébé. C’est pas un morceau de poumon, de foie, ce qu’il y a avait là, c’était un autre body. Pas my body... un autre body qui avait besoin de moi pour grandir.

Des policiers en face de manifestants.

Le Service de protection parlementaire se place entre les manifestants de la Marche nationale pour la vie et les contre-manifestants, à Ottawa, le 12 mai 2022.

Photo : Radio-Canada / Fiona Collienne

Un peu plus tôt dans la journée, les opposants à l'avortement ont écouté des discours à teneur religieuse prononcés par des orateurs invités.

Des jeunes anti-avortement sont assis dans l'herbe devant le parlement d'Ottawa.

Des jeunes sont rassemblés devant le parlement pour participer à la manifestation contre l'avortement.

Photo : Radio-Canada / Fiona Collienne

Simultanément, quelques centaines de personnes qui défendent le libre choix manifestaient bruyamment. Parmi elles, beaucoup de jeunes. Plusieurs d'entre elles expliquent que c'est la première fois qu'elles se battent pour cette cause. Elles indiquent avoir l'habitude de descendre dans la rue pour le climat. Mais cette fois-ci, avec le débat qui s'enflamme aux États-Unis, elles estiment qu'il est de leur devoir de prendre la parole.

Des jeunes manifestent pour le droit à l'avortement devant le parlement d'Ottawa.

Des jeunes manifestent pour le droit à l'avortement devant le parlement d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Fiona Collienne

Des militantes pro-choix ont misé sur la visibilité pour faire passer leur message. Elles se sont habillées en servantes écarlates, personnages d'un roman de Margaret Atwood dans lequel les femmes sont asservies.

L'une de ces femmes explique que le chapeau avec les œillères est une symbolique forte. Elle fait l'analogie avec les jeunes qui militent contre le droit à l'avortement. Je pense qu'ils n'ont pas d'informations, dit-elle. Cette intervenante, qui travaille avec des survivantes d’agression sexuelle, participe aux contre-manifestations anti-avortement depuis 10 ans. Elle s’inquiète de la situation.

À chaque année des conservateurs prennent la parole pour dire à quel point ils sont fiers de leur travail pour faire avancer des projets de loi au sein du gouvernement et détruire le droit à l'avortement. Et quand on regarde ce qui se passe aux États-Unis, ça fait peur.

Une citation de Une militante pro-choix qui participe à la contre-manifestation jeudi à Ottawa.
Des militantes pro-choix se sont habillées en servantes écarlates pour participer à une manifestation sur la colline du Parlement.

Des militantes pro-choix se sont habillées en servantes écarlates pour participer à une manifestation sur la colline du Parlement.

Photo : Radio-Canada / Fiona Collienne

Tradition du mouvement anti-avortement

La Marche nationale pour la vie se tient chaque année dans la capitale depuis 25 ans, selon le site Internet de l’événement. Elle s’est déroulée de façon complètement virtuelle en 2020, puis en mode hybride en 2021.

L’événement coïncide avec le jour anniversaire, en 1969, de l'adoption du projet de loi omnibus C-150, décriminalisant la contraception et autorisant l'avortement dans certaines circonstances. Le site web de la Marche indique que la manifestation vise également à protester contre les lois sur l'aide médicale à mourir depuis 2016.

Au cours des dernières années, la marche a attiré une foule de milliers de personnes, ainsi que de nombreux contre-manifestants. Cette année, l'événement revêt un caractère particulier compte tenu des débats actuels entourant l'avortement aux États-Unis.

Une femme dans un parc lors d'une entrevue à la caméra.

Josée Laramée est d'avis qu'en cas d'intoxication, une personne ne peut offrir son consentement de façon libre et éclairée.

Photo : Radio-Canada

Le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) francophone d'Ottawa a participé une fois de plus à la contre-manifestation sur la colline du Perlement, pour revendiquer pacifiquement ses valeurs pro-choix, indique l'organisme.

Avec ce qui se passe aux États-Unis, où on veut criminaliser l’avortement, ça a un impact sur le Canada. Ça donne la voix aux groupes pro-vie que nous, on appelle "anti-choix", explique la coordonnatrice des services d'intervention au CALACS d'Ottawa, Josée Laramée. On le sent sur les réseaux sociaux, dans les groupes féministes, quand on apprend toutes ces nouvelles-là, il y a beaucoup de colère. Un retour en arrière, c’est impossible! On est tannés de manquer d’accès à ce droit [...]. Plusieurs femmes à travers le pays n’ont même pas accès à des services pour se faire avorter.

Avec les informations de CBC News et de Claudine Richard

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