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Courtisés par tous les partis, pour qui les Franco-Ontariens voteront-ils?

Une foule lors d'un concert sur fond de drapeau franco-ontarien.

Élections en Ontario : les Franco-Ontariens sont courtisés par tous les partis.

Photo : Radio-Canada

Signe que la campagne électorale est bel et bien lancée dans l’est ontarien, les attaques partisanes ont commencé à se multiplier. Dans la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell, où les partis se disputent les faveurs d’un électorat francophone encore indécis, le débat tourne essentiellement autour d'une question : quel parti est le mieux placé pour défendre leurs intérêts?

Dans une entrevue accordée lundi à l’émission Les matins d’ici, Stéphane Sarrazin, le candidat progressiste-conservateur dans Glengarry-Prescott-Russell, a soutenu que le gouvernement de Doug Ford est parvenu dans un seul mandat à en faire plus pour la francophonie que les libéraux en 15 ans.

Au chapitre des réalisations, il a mentionné la modernisation de la Loi sur les services en français et la reconnaissance du drapeau franco-ontarien comme emblème officiel de la province.

Photo du maire devant l'hôtel de ville.

Maire d’Alfred-Plantagenet et candidat progressiste-conservateur dans Glengarry-Prescott-Russell, Stephane Sarrazin

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

J’ai regardé les minutes de l’Assemblée législative, à Queen’s Park, du 42e gouvernement depuis 2018, a-t-il déclaré. Les champions de la francophonie sont faciles à identifier.

Les propos de M. Sarrazin n’ont pas manqué de faire réagir la députée sortante et candidate libérale, Amanda Simard, qui soutient ne pas avoir la même lecture des événements.

« C’est complètement faux. C’est de la désinformation. »

— Une citation de  Amanda Simard, candidate libérale, Glengarry-Prescott-Russell

On a bien vu ce qu’ils ont été capables de faire en quatre ans, a-t-elle lancé avec ironie, faisant référence au « jeudi noir » des Franco-Ontariens de novembre 2018.

Cette année-là, le gouvernement a tenté de mettre fin au projet de l'Université de l'Ontario français (UOF) et a transféré les responsabilités du Commissaire aux services en français au bureau de l’ombudsman.

Derrière un panneau du Parti libéral de l'Ontario, Amanda Simard parle au micro avec des personnes en arrière-plan.

Amanda Simard, députée sortante et candidate à la réélection dans Glengarry-Prescott-Russell pour le Parti libéral de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Rémi Authier

Il y a eu des gains en 15 ans [de pouvoir libéral] et il y a surtout eu du respect, dit-elle.

Le gouvernement actuel ne respecte pas les francophones. On l’a bien vu lors de la pandémie avec les interventions juste en anglais, sans interprétation, de Doug Ford. Lors des compressions à l’Université Laurentienne, le gouvernement n’a même pas eu le réflexe de se dire qu’ils ne pouvaient pas faire ça en vertu de la Loi.

Un portrait pas tout noir, estime l'AFO

Malgré un début de mandat chaotique, le gouvernement progressiste-conservateur a quand même réussi à faire beaucoup de choses pour les Franco-Ontariens, nuance Carol Jolin, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

« Ç’a commencé sur des chapeaux de roue en 2018, mais depuis ce temps-là, il y a énormément de travail qui a été fait. »

— Une citation de  Carol Jolin, président, Assemblée de la francophonie de l'Ontario

Il y a eu plusieurs percées pour les francophones, a-t-il soutenu. Il y a quand même plusieurs dossiers qui ont bougé.

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin en entrevue dans une salle de rédaction.

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin

Photo : Radio-Canada

Sur sa liste des bons coups, le président de l’AFO inscrit le renouvellement de trois ans du Programme d’aide à la francophonie, les 10 millions de dollars consacrés au centre communautaire de Timmins, la décision du gouvernement de reconduire les investissements du carrefour santé à Orléans et la refonte de la Loi sur les services en français.

Il faut le dire, la ministre [des Affaires francophones] Caroline Mulroney a livré la marchandise, témoigne-t-il. Elle a fait le travail.

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Des plateformes francophones 

Je pense que c’est important de dire qu’il y a eu des avancées depuis les quatre dernières années, acquiesce Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au Département de science politique au Collège militaire royal du Canada.

Le gouvernement a fait marche arrière sur certaines décisions qui avaient été annoncées dans l’énoncé économique de novembre 2018 et, même s’il n’a pas coché toutes les cases de la liste d’épicerie des organisations francophones, il a répondu aux attentes au chapitre de la modernisation de la loi.

La politologue Stéphanie Chouinard en entrevue à Radio-Canada Acadie.

La politologue Stéphanie Chouinard en entrevue à Radio-Canada Acadie

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

La politologue déplore toutefois le manque de vision du Parti progressiste-conservateur en matière de francophonie. On s’appuie beaucoup sur son bilan, plutôt que de parler de ce qu’on va faire, remarque-t-elle. On vante les mérites de ce qui a été fait depuis les quatre dernières années, mais on n’a pas de vision claire d’où on veut s'en aller.

C’est tout le contraire des trois autres partis, qui semblent, selon elle, avoir une direction plus précise. 

« Il y a deux gros éléments sur lesquels les oppositions ont une marche d’avance sur les progressistes conservateurs.  »

— Une citation de  Stéphanie Chouinard, professeure adjointe, Collège militaire royal du Canada.

Le Parti libéral de Steven Del Duca, le Nouveau Parti démocratique d’Andrea Horwath et le Parti vert de Mike Schreiner ont tous promis de rétablir l’indépendance du bureau du commissariat aux services en français.

Les trois chefs se sont aussi engagés à faire de l’Université de Sudbury une université par et pour les francophones.

On voit que tous les partis ont pensé à ce qu’ils allaient offrir aux Franco-Ontariens, note Stéphanie Chouinard. Le Parti libéral de l’Ontario est toutefois le seul à avoir détaillé et chiffré ses promesses.

Une pancarte annonçant un bureau de vote plantée dans la pelouse.

Élections en Ontario

Photo : getty images/istockphoto / DoraDalton

Un électorat francophone, mais pas homogène

De retour dans la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard s’en félicite : Notre plateforme reflète les demandes des francophones, soutient la candidate, qui affirme avoir collaboré à sa mise en forme.

« Le Parti libéral de l’Ontario est toujours le Parti des Franco-Ontariens. »

— Une citation de  Amanda Simard, candidate, Glengarry-Prescott-Russell

Même s’ils ne parlent pas français, c’est aussi la prétention d’Alicia Elgin et de Thaila Riden, respectivement candidats du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario et du Parti vert de l’Ontario. La population de Glengarry-Prescott-Russell étant composée d'environ 60 % de francophones, il serait difficile pour eux — voire risqué — de faire abstraction de leur poids politique.

Stéphanie Chouinard prévient toutefois les partis de ne pas surestimer l’appui de la communauté francophone. Il n’y a aucun Ontarien qui est un électeur à seulement un seul enjeu, rappelle-t-elle. Ils regardent la panoplie d’offres que chacun des partis met sur la table lors d’une élection.

Selon un sondage mené auprès des tables de concertation régionale de l’AFO, les quatre priorités des Franco-Ontariens, cette année, seraient la pénurie de main-d’oeuvre francophone, l’accès à des soins de santé et de longue durée en français, plus de services en français dans des régions non désignées et un appui plus important dans le secteur des organismes sans but lucratif.

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