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Campements de sans-abri : Toronto va engager des patrouilles privées

Des travailleurs de proximité estiment qu'il s'agit une solution futile et dégradante au regard du problème de logement.

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Un campement de sans-abri situé dans le parc Dufferin Grove à Toronto à l'automne 2021.

Photo : CBC/ Dale Manucdoc

CBC

La Ville de Toronto va demander à des agents de sécurité privés de patrouiller dans une poignée de parcs 24 h sur 24, 7 jours sur 7 cet été pour dissuader les gens d'installer des campements et pour informer le personnel municipal chaque fois que de nouvelles tentes sont montées.

La Ville a lancé un appel d'offres sollicitant une entreprise de sécurité privée pour fournir des gardes dans divers parcs de Toronto pendant un an.

La sécurité statique nous permet de surveiller les parcs que nous connaissons où les campements se sont développés l'année dernière afin de ne pas voir une répétition de l'été dernier, déclare Brad Ross, porte-parole de la Ville.

« Nous voulons nous assurer que ces personnes savent qu'elles ont accès à des services avant d'installer un campement. »

— Une citation de  Brad Ross, directeur des communications de la Ville de Toronto

La Ville maintient que les campements sont dangereux, insalubres et illégaux.

Les parcs qui seront gardés de manière continue incluent ceux où de grands campements ont été démantelés de manière controversée par le personnel de la Ville et la police l'été dernier, comme les parcs Trinity Bellwoods, Alexander et Lamport.

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26 personnes ont été arrêtées lors du démantèlement des camps de fortune près du stade Lamport, en juillet 2021.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Le parc Dufferin Grove sera également surveillé, tandis qu’une équipe mobile d'agents de sécurité patrouillera alternativement les parcs Moss et Barbara, selon Brad Ross. Les gardes sous contrat travailleront aussi de concert avec les agents de la Ville, qui surveilleront d'autres parcs.

Pas de précisions sur les effectifs ni sur le coût

Le nombre de gardes de sécurité privés qui patrouilleront dans chaque parc n'a pas encore été déterminé.

Ce ne sera pas un peloton ou quelque chose du genre, continue le porte-parole, mais au moins un ou deux [gardes par parc].

On ne sait pas non plus combien coûtera la surveillance. Brad Ross assure que les réponses à l’appel d’offres qu'il reçoit donneront à la Ville une idée du prix. L'appel d'offres a été ouvert la semaine dernière et se clôturera le 30 mai.

L'été dernier, Toronto a dépensé près de 2 millions de dollars pour faire respecter les avis d’expulsion et démanteler les campements des parcs Trinity Bellwoods, Alexandra et Lamport. Pour de nombreux défenseurs, cet argent aurait dû être consacré à des solutions de logement.

Pas une solution durable

Lorraine Lam, une travailleuse sociale au Sanctuary Ministries de Toronto, pense que la décision de la Ville d'embaucher des agents de sécurité privés ne change rien au problème.

Ce n'est pas une solution raisonnable ou durable, assure-t-elle.

« Ils essaient de mettre un pansement sur quelque chose qui a besoin de plus  [...] Tout cet argent pourrait être mieux dépensé dans du logement et des solutions à long terme. »

— Une citation de  Lorraine Lam, travailleuse sociale au Sanctuary Ministries de Toronto

En plus du coût, Mme Lam dit que la surveillance constante ne fait que criminaliser davantage les personnes vulnérables.

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Lorraine Lam. (Archives)

Photo : CBC/Lorenda Reddekopp

C'est vraiment intrusif et une atteinte à la vie privée. Les campements sont un symptôme du fait qu'il n'y a pas de logement pour les gens.

Brad Ross rétorque que la Ville investit des centaines de millions dans le logement et dans le programme de logement.

En même temps, nous devons aussi équilibrer le besoin de tous les résidents d'avoir accès à leur parc, plaide-t-il.

L'investissement dans la prévention fera économiser de l'argent à la Ville, car nous ne verrons pas de campements établis comme nous l'avons fait l'année dernière.

Les agents de sécurité contractuels ne seront pas impliqués dans l'application de la loi.

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