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Vous voulez acheter un véhicule électrique? Prenez votre mal en patience

L’achat d’un véhicule électrique en Ontario peut prendre plusieurs mois, voire des années.

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Les partis ontariens ont des approches différentes pour faciliter l'adoption des véhicules électriques et améliorer l'offre dans la province.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

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Obtenir un nouveau véhicule électrique est difficile ces jours-ci. En Ontario, les délais de livraison dépassent souvent les six mois — et ça peut prendre parfois même quelques années.

Alain Liard est récemment devenu propriétaire d’une Tesla modèle Y, qu’il a commandée en août dernier. Moi, ça a pris à peu près six mois l'attente, affirme le résident de North Gower, au sud d’Ottawa.

C'était long, mais ça vaut la peine, ajoute-t-il.

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Alain Liard a dû attendre six mois avant d'obtenir sa nouvelle voiture Tesla, en raison de la forte demande et des retards de production causés par la pénurie de semi-conducteurs.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Antoine Belaieff et son conjoint, qui habitent au centre-ville de Toronto, ont voulu abandonner leur véhicule alimenté au diesel au profit d’un moteur électrique afin de réduire leur empreinte carbone.

Mais le couple a été découragé en voyant les délais de livraison. J'étais vraiment déçu de voir à quel point l'offre est pauvre en Ontario, encore plus que dans d'autres provinces au Canada, affirme le Torontois.

On va garder notre voiture un peu plus longtemps et attendre que l'offre s'étoffe et que les véhicules soient disponibles, affirme-t-il.

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Au moment de la publication de cet article, il n'y avait aucun modèle électrique à voir chez Bélanger Ford, à Chelmsford. Les délais de livraison en Ontario peuvent s'étirer sur quelques années.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Au concessionnaire Bélanger Ford, dans la région de Sudbury, il n’y a aucun véhicule électrique à montrer ni à vendre en ce moment.

Le conseiller en ventes Michel Garneau affirme que le constructeur fabrique encore très peu de véhicules zéro émission, comparativement à ses modèles les plus populaires, comme les camionnettes de la série F. L’inventaire limité de modèles électriques est souvent acheminé vers les États-Unis, soutient-il.

« C'est un peu plus difficile, comme c'est là, puis on ne sait jamais combien de temps ça va prendre. Ça peut être six mois ou ça peut être une couple d'années. »

— Une citation de  Michel Garneau, conseiller en ventes chez Bélanger Ford

Il dit comprendre que la décision est plus difficile lorsque les clients n’ont pas la chance de voir ni d’essayer le véhicule. M. Garneau, lui-même propriétaire d’un véhicule hybride, affirme que la forte hausse du prix de l’essence en pousse plusieurs à vouloir passer à l’électrique.

Comme c'est là, c’est quasiment deux piastres pour un litre de gaz, deux piastres et demie pour le diesel. Le monde est prêt pour les véhicules électriques, mais le problème, c’est qu'on ne peut pas en pogner vraiment, dit-il.

Peu de politiques favorables aux véhicules électriques

La pénurie de micropuces exacerbe certainement les délais de livraison de véhicules électriques, constate Daniel Breton, PDG de Mobilité électrique Canada. Ce problème touche toute l’industrie automobile, tous les types de véhicules confondus.

Mais en Ontario, c’est vraiment l’absence de quotas de vente et de rabais qui limitent la quantité de véhicules électriques et hybrides disponibles dans la province, selon lui.

Les constructeurs de facto vont envoyer en priorité les véhicules électriques dans les provinces où ils sentent qu'il y a un plus fort accent, une plus forte volonté pour les citoyens d'acheter des véhicules électriques, affirme-t-il.

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Daniel Breton, président-directeur général de Mobilité électrique Canada, espère que l'Ontario rattrapera le temps perdu dans la filière des véhicules électriques.

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

Un système de quotas de vente obligatoires de véhicules électriques existe depuis quelques années au Québec et en Colombie-Britannique. Les deux provinces offrent aussi leurs propres rabais qui s’ajoutent à la subvention fédérale de 5000 $ pour l’achat d’une voiture électrique neuve.

Ces politiques favorisent l’achat de véhicules zéro émission : près de 12 % des véhicules vendus l'an dernier en Colombie-Britannique étaient électriques. Au Québec, cette proportion s’élevait à 9 %, alors qu’elle dépasse à peine 3 % des nouvelles immatriculations en Ontario.

« C'est une lacune en Ontario et ça devrait faire partie de la discussion, du débat pendant la campagne électorale. »

— Une citation de  Daniel Breton, PDG de Mobilité électrique Canada

Cara Clairman, directrice générale de Plug’n Drive, un organisme torontois qui fait la promotion des véhicules électriques, souhaiterait voir la province adopter des politiques plus favorables à ces moyens de transport plus écologiques.

À l'heure actuelle, l'offre de véhicules électriques en général est limitée et tous les pays se les arrachent, que ce soit en Europe ou aux États-Unis. Nous sommes même en concurrence avec les autres provinces canadiennes, dit-elle.

Au Québec, par exemple, ils ont un meilleur programme de rabais, donc les constructeurs automobiles envoient plus de véhicules là-bas qu'en Ontario.

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Cara Clairman est directrice générale de Plug'n Drive, un organisme qui fait la promotion des véhicules électriques en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Chris Langanzarde

Que proposent les partis?

Les partis ontariens ont différentes propositions pour s'attaquer au problème. Les libéraux, les néo-démocrates et les verts promettent de rétablir les rabais pour l'achat de véhicules électriques.

Les progressistes-conservateurs, eux, refusent catégoriquement de le faire. Ils vantent plutôt les investissements historiques dans le secteur automobile pour la construction de véhicules électriques et hybrides, ainsi que la fabrication de batteries dans la province.

Parti progressiste-conservateur :

  • Pas de remise pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride
  • Soutenir la transformation d’usines automobiles pour y fabriquer des véhicules électriques et hybrides, ainsi que leurs batteries
  • Installer des bornes de recharge pour véhicules électriques dans la plupart des aires de repos ONroute d'ici l'été

Nouveau Parti démocratique :

  • Offrir un rabais allant jusqu’à 10 000 $ pour l’achat d’un véhicule à zéro émission, excluant les modèles de luxe, et une subvention de 800 $ pour l’installation d’une borne de recharge à domicile
  • Implanter une stratégie pour véhicules à zéro émission qui a pour but de faire augmenter les ventes de véhicules électriques (tous les modèles vendus d’ici 2035 seraient électriques)
  • Acheter des véhicules électriques fabriqués au Canada de sorte qu’ils représentent l’ensemble de la flotte du gouvernement ontarien d’ici 2030

Parti libéral :

  • Rétablir un rabais allant jusqu’à 8000 $ pour l’achat d’un véhicule électrique (coûtant moins de 65 000 $) et jusqu’à 1500 $ pour l’installation d’une borne de recharge à la maison
  • Installer des bornes de recharge dans les édifices, les stationnements, les rues des grandes villes, les gares de train GO et les aires de repos ONroute
  • Éliminer les péages pour les véhicules électriques dans certaines voies sur les autoroutes de la province

Parti vert :

  • Offrir un rabais allant jusqu’à 10 000 $ pour l’achat d’un véhicule électrique et jusqu’à 1000 $ pour l’achat d’un vélo électrique
  • Adopter un quota de vente pour véhicules à zéro émission afin d’augmenter la disponibilité de différents modèles électriques en Ontario
  • Élargir le réseau de bornes de recharge, y compris dans les stationnements, les gares, les résidences et les aires de repos le long des autoroutes
  • Éliminer les véhicules à essence d’ici 2030

Construire davantage de bornes de recharge

En Ontario, le réseau de bornes de recharge pour véhicules électriques laisse encore à désirer, estime Benjamin Montalbano, qui a récemment acheté une Tesla.

Le résident de Welland, dans la région du Niagara, dit parfois faire le trajet jusqu’à North Bay, dans le nord de la province, pour aller visiter la famille de son conjoint. On arrive à [s’y rendre] avec une charge, mais c'est vrai que, quand on arrive, on ne doit plus bouger. Il faut absolument qu'on la charge, précise-t-il.

Benjamin Montalbano dénonce par ailleurs le fait qu’il n’y ait que deux endroits où trouver des superchargeurs, les bornes de recharge ultrarapide de Tesla, au centre-ville de Toronto.

« Si les pouvoirs en place encouragent les consommateurs à prendre des voitures électriques, ça pourrait être un problème. »

— Une citation de  Benjamin Montalbano, récent acheteur d’une voiture électrique
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Benjamin Montalbano (à gauche) et son conjoint ont acheté une voiture électrique l'an dernier.

Photo : Benjamin Montalbano

Sion Jones, vice-président de l’exploitation chez Hypercharge, un fournisseur vancouvérois de bornes de recharge, abonde dans le même sens. Il estime que l’Ontario s’est heurté à une bosse de ralentissement avec l’arrivée au pouvoir des progressistes-conservateurs de Doug Ford en 2018.

Le gouvernement sortant avait cessé d’aménager un réseau de bornes de recharge publiques, un projet entamé par les libéraux de Kathleen Wynne. Doug Ford avait également annulé les rabais sur les véhicules électriques.

Il existe un ratio magique entre les voitures et les bornes de recharge et nous n'en sommes pas encore là. Il y a beaucoup de travail à faire, affirme M. Jones.

Nous ne voulons pas créer un goulot d'étranglement en encourageant l'adoption des véhicules électriques si les gens ne peuvent pas les recharger.

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Sion Jones est vice-président à l'exploitation chez Hypercharge, un fournisseur canadien de bornes de recharge électrique.

Photo : Radio-Canada / Chris Langanzarde

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