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La police de Vancouver veut mettre fin à l’omerta dans les cas de violence juvénile

Une mère de dos regardant un garçon portant un sac à dos s'éloigner sur le trottoir

La police de Vancouver demande aux parents de parler avec leurs enfants de l'intimidation et de la violence.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Attaque à la machette, agression au gaz poivré ou encore au poing américain. La liste des crimes perpétrés par des jeunes contre d’autres jeunes s’allonge à Vancouver et préoccupe le service de police municipal (VPD). Préoccupé par cette situation, il leur demande de mettre fin à l’omerta qui accompagne la violence juvénile dont plusieurs cas ont eu lieu récemment.

Entre autres, un garçon leurré sur les réseaux sociaux à la fin du mois d'avril a été agressé par un groupe d’adolescents en état d’ébriété dans le parc Stanley avant d’être retrouvé ensanglanté et marchant sur la digue.

Dans le quartier de Kerrisdale, un jeune homme de 19 ans a été aspergé de gaz poivré et s'est fait voler son sac à dos par un groupe de six jeunes. Il est rentré chez lui en courant et l'a dit à un membre de sa famille, mais les suspects avaient quitté les lieux avant que la police ne soit prévenue.

« Un certain nombre d'adolescents ont déjà été blessés, et nous craignons que la violence ne s'intensifie encore. »

— Une citation de  Sergent Steve Addison, police de Vancouver

Briser le silence et dénoncer

La police croit que beaucoup de jeunes qui subissent ces agressions n’ont pas le courage ou le réflexe de les signaler et de dénoncer leurs assaillants.

C’est le cas notamment d’un adolescent sur qui un fusil à plomb a été pointé, alors qu'il était assis sur les marches du Musée des beaux-arts de Vancouver. L'incident n'a été signalé à la police que plusieurs heures plus tard, lorsque le personnel du musée a visionné la vidéo de sécurité. La victime ne s'est jamais manifestée et le suspect n'a pas été identifié.

« Nous implorons les jeunes de se manifester s'ils sont victimes de violence ou s'ils ont des informations qui pourraient empêcher quelqu'un d'autre d'être pris dans une situation dangereuse.  »

— Une citation de  Sergent Steve Addison, police de Vancouver

Le VPD tente d'identifier la victime et le suspect, et souhaiterait que cesse cette loi du silence.

Il est donc demandé aux parents de parler avec leurs enfants de l'intimidation et de la violence. D’autre part, les adolescents ayant des informations sur un crime sont fortement invités à appeler la police ou à demander l'aide d'une personne de confiance si eux-mêmes ou une personne qu'ils connaissent sont visés.

Des rituels humiliants et dégradants

En plus des agressions, le VPD met également en garde les parents et les jeunes contre une tendance inquiétante. Des groupes d’adolescents agressent et filment leurs victimes dans le cadre de rituels d'intimidation humiliants et dégradants.

En règle générale, ils entourent une victime isolée, puis lui donnent des coups de poing, des coups de pied et des gifles jusqu'à ce qu'elle tombe au sol. Elle est ensuite forcée d’embrasser les chaussures de ses agresseurs.

La police souligne que des vidéos de ces attaques sont parfois mises en ligne.

« Ces incidents ne causent pas seulement des dommages physiques, ils peuvent entraîner un traumatisme émotionnel profondément ancré qui laisse des cicatrices permanentes. »

— Une citation de  Sergent Steve Addison, police de Vancouver

Toutefois, le sergent souligne que la nature de ces incidents dissuade souvent les victimes de se manifester, car elles craignent les représailles et une humiliation supplémentaire.

Sensibilisation au sein de la communauté

Depuis la dernière semaine de relâche, le VPD a également rencontré un nombre inquiétant de jeunes munis d'armes factices, de gaz poivré, de poings américains et de machettes près des écoles et dans la communauté.

La police dit avoir augmenté le nombre de patrouilles ciblées et poursuivre ses programmes de sensibilisation dans le but de prévenir davantage de violence et d'encourager les victimes à se manifester.

La section des services à la jeunesse du service de police de Vancouver a mis en place une ligne téléphonique pour toute personne ayant des informations sur les attaques du parc Stanley et de Kerrisdale, ou sur l'incident avec une arme à feu au Musée des beaux-arts de Vancouver.

Toute personne qui n'a pas encore parlé à la police est priée de composer le (604) 717 - 0614.

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