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Le danseur Guillaume Côté revient à Montréal avec Crypto, sa nouvelle création

 Une femme et un homme dansent.

Casia Vengoechea et Guillaume Coté dans le spectacle «Crypto»

Photo : Sasha Onyshchenko

Radio-Canada

Le danseur et chorégraphe québécois Guillaume Côté présente à partir de ce mercredi soir son nouveau spectacle Crypto au Théâtre Maisonneuve, à Montréal. Initialement prévue au programme du printemps 2020, cette œuvre sur l’obsession des êtres humains de contrôler la nature et la beauté est basée sur une histoire du librettiste Royce Vavrek écrite à la demande de Guillaume Côté.

Mis en musique par le compositeur suédois Mikael Karlsson et accompagné d’effets visuels de l’entreprise montréalaise Mirari, Crypto est dansé par quatre interprètes, dont Guillaume Côté lui-même. 

Son histoire repose sur la cryptozoologie, qui étudie les animaux dont l’existence n’est pas prouvée. 

Se déroulant dans un univers surréel, elle met en scène un couple à la recherche d’une créature qui résoudrait tous ses problèmes, notamment relationnels. Il la trouve, la ramène à la maison et essaie de la domestiquer, mais sans succès. Le couple fait alors appel à un spécialiste en chirurgie plastique pour transformer la créature, incarnée par la danseuse américaine Casia Vengoechea, en être humain. 

Cela touche à l’obsession de l’humain de morpher la nature pour qu’elle lui appartienne , explique Guillaume Côté. 

C’est le Canado-Américain Royce Vavrek, auteur de plusieurs opéras, qui a imaginé cette intrigue. « Je lui ai demandé d’écrire une histoire pour la danse qui soit farfelue, dynamique et fun », précise l’artiste québécois. 

Ce que j’ai aimé est que ces personnages surréels donnent une liberté pour exagérer le mouvement, ajoute-t-il. On est dans un vocabulaire classique, mais avec des danseurs contemporains.

Un homme danse sur scène.

L’œuvre «Crypto» s’accompagne d’effets visuels.

Photo : Sasha Onyshchenko

La danse, pas essentielle, mais irremplaçable

Crypto aurait dû être dévoilé au public deux semaines après le début du confinement, mais la pandémie a retardé ce moment de deux ans. 

Ce projet m’a gardé inspiré pendant ces deux années, affirme Guillaume Côté. Pendant ce temps-là, on a travaillé à affiner le spectacle, à le réajuster et à le garder en vie.

L’an dernier, le danseur est tombé dans une petite dépression à force de ne pas voir la lumière au bout du tunnel. 

Il y a eu des moments où on se demandait si ça valait la peine de continuer à s’entraîner et à se battre pour convaincre les gens qu’on avait encore une place dans notre communauté, se souvient-il. Ç’a été difficile de réaliser qu’on était importants, mais pas essentiels, à la vie de tous les jours, alors qu’on est là pour enrichir la vie des gens. 

Toutefois, ces temps difficiles lui ont fait encore plus apprécier les arts de la scène. Ç’a été magique de revenir sur scène après deux ans d’arrêt. Rien d’autre ne connecte de cette façon, dans quelque chose de si spontané, réel et organique. On sent l’auditoire respirer avec nous [quand on danse].

Au bout du compte, il estime que ces deux années de pandémie ont représenté un beau cheminement. On n’est pas essentiels, mais on est incroyablement importants et on est irremplaçables, affirme-t-il. 

Guillaume Côté a commencé le ballet à l’âge de trois ans et ne s’était jamais vraiment demandé à quel point il aimait danser. La pause provoquée par la pandémie ayant été propice aux questionnements, il a réfléchi : Après cet arrêt, est-ce que je voulais vraiment y retourner? Absolument! Danser, c’est comme respirer pour moi.

Deux femmes sont sur scène.

Le spectacle «Crypto» est présenté jusqu’à samedi, à Montréal.

Photo : Sasha Onyshchenko

Danser en soutien à l’Ukraine

À la fin du mois d’avril, Guillaume Côté a dansé dans Roméo et Juliette à Toronto pour une levée de fonds en soutien à la population ukrainienne. On essaie d’envoyer des fonds à des artistes pour qu’ils puissent continuer leur carrière et ne pas voir le travail d’une vie s’évaporer à cause d’une situation politique, explique-t-il. 

Celui qui a été le premier Québécois à danser au Bolchoï, la prestigieuse institution culturelle russe, est très peiné par la guerre déclenchée en Ukraine par la Russie : Il y a une polarisation incroyable. Des gens voient leur carrière se dissoudre.

On aimerait que l’art ne soit pas politique, mais les danseurs sont des stars en Russie, comme des joueurs de hockey, explique-t-il. J’ai des amis russes qui ont dû devenir des ambassadeurs pour Poutine et qui sont prisonniers de leur gouvernement.

Crypto est présenté jusqu’à samedi au Théâtre Maisonneuve, à la Place des Arts. 

Ce texte a été écrit à partir d’une entrevue réalisée par Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18. Les propos ont pu être édités pour plus de clarté et de concision.

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