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Des Premières Nations demandent que cesse la construction de pipelines

Une carte montre les tracés de deux pipelines : celui de Coastal GasLink dans le nord de la C.-B., et celui de TransMountain, d'Edmonton au Grand Vancouver. (En date du 11 avril 2022)

Une carte montre les tracés prévus de deux pipelines : celui de Coastal GasLink dans le nord de la C.-B., et celui de TransMountain, d'Edmonton au Grand Vancouver.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Première Nation Secwepemc et des chefs héréditaires de la Nation Wet'suwet'en en Colombie-Britannique demandent à Ottawa de mettre fin aux projets de construction des pipelines Trans Mountain et Coastal GasLink, après que les Nations unies ont condamné pour la troisième fois la poursuite des travaux et l'escalade de la répression policière.

Dans une lettre datée du 29 avril adressée au gouvernement canadien, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CEDR) du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a une nouvelle fois condamné la poursuite de grands projets d’infrastructure énergétique dans la province.

Lorsque j'ai lu la troisième lettre du CERD, je me suis sentie bouleversée par la reconnaissance du fait que nos expériences constituent des violations des droits humains internationaux et des droits des Autochtones, a affirmé Molly Wickham, une importante figure de la lutte des chefs héréditaires Wet'suwet'en contre le pipeline Coastal GasLink, lors d’une conférence de presse mercredi matin.

NDLR : Des chefs héréditaires de la Nation Wetsuwet'en s'opposent au projet Coastal Gaslink, qui traverse leur territoire traditionnel, alors que cinq conseils élus des Wetsuwet'en, qui représentent les membres de la Première Nation sur les réserves créés par le gouvernement fédéral, ont signé des ententes de partenariat avec l'entreprise. À voir: Coastal GasLink : au coeur du conflit avec des chefs héréditaires Wet'suwet'en

Dans sa lettre, le CERD écrit que selon ses informations, les gouvernements du Canada et de Colombie-Britannique ont intensifié leur recours à la force, à la surveillance et à la criminalisation des défenseurs de la terre et des manifestants pacifiques afin d'intimider, d'éloigner et d'expulser de force les nations Secwepemc et Wet'suwet'en de leurs terres traditionnelles.

Molly Wickham tient un bâton avec des plumes.

Molly Wickham, porte-parole du clan Gidimt’en, qui s’oppose au pipeline Coastal GasLink, en 2019.

Photo : Radio-Canada / Betsy Trumpener

Le comité pointe plus précisément du doigt les pratiques de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), et de son Groupe d’intervention pour la sécurité de la collectivité et de l’industrie (GISCI), responsable d’assurer une surveillance stratégique des incidents dans le secteur de l’industrie de l’énergie.

Molly Wickham, aussi appelée Sleydo', raconte s’être déjà fait arrêter deux fois lors de raids sur territoire ancestral Wet'suwet'en.

« La construction du projet d'oléoduc Coastal GasLink et le traitement de la GRC à mon égard et à l'égard d'autres défenseurs des terres sont une violation de notre humanité en tant que peuple autochtone. »

— Une citation de  Molly Wickham, de la Première Nation Wet'suwet'en

La secrétaire-trésorière de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, Kukpi7 Judy Wilson, s’appuie de son côté sur les enjeux environnementaux pour dénoncer la construction des pipelines, alors que la province a traversé des rivières atmosphériques, des inondations, des feux de forêt et un dôme de chaleur mortel.

Ce sont des résultats des changements climatiques occasionnés par ce type de projet. Nous devons nous demander si c’est la direction que nous souhaitons que notre gouvernement prenne, a-t-elle soutenu.

Les deux homme échangent une poignée de main.

Kanenariyo Lefort des Mohawks de Tyendinaga et le chef héréditaire Wet'suwet'en, Woos, lors d'une conférence de presse à Tyendinaga, en février 2020.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Quant au chef héréditaire Wet'suwet'en Woos Frank Alec, il a réitéré que son peuple ne cédera pas : Ils nous poussent, mais nous ne bougerons pas. [...] Nous allons protéger l'eau, la faune et notre mode de vie. Nous ne partirons jamais. Nous ne laisserons pas ceci derrière pour nos enfants et nos petits-enfants.

Le CERD demande au Canada de suspendre la construction des gazoducs jusqu’à l’obtention du consentement des Premières Nations et réclame une enquête sur les méthodes de la GRC, dont l’usage de la force.

Il donne au Canada jusqu’au 15 juillet pour répondre aux préoccupations exprimées dans sa lettre.

Avec des informations de Wildinette Paul et de François Macone

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