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Un Madelinot a failli manquer sa greffe de rein à cause d’un avion cloué au sol

Un avion de Pascan est sur le tarmac de l'aéroport des Îles-de-la-Madeleine.

Depuis plusieurs mois, le transporteur aérien Pascan connaît plusieurs ratés dans l’horaire de ses vols.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Radio-Canada

Depuis plusieurs mois, le transporteur aérien Pascan connaît plusieurs ratés dans l’horaire de ses vols. Aux Îles-de-la-Madeleine, la situation est telle qu’un énième retard de vol a failli compromettre la greffe de rein d’un Madelinot.

Après près de quatre ans d’attente, l’appel tant attendu a retenti sur le téléphone d’Alexandre Martinet le 19 mars dernier. Un rein était disponible pour le père de famille de 29 ans. Le Madelinot de Havre-Aubert a alors été invité à se rendre le plus rapidement possible à l’Hôtel-Dieu de Québec.

On attendait depuis tout ce temps-là un rein compatible d’un donneur décédé. Dans ces cas-là, le temps joue contre nous parce que la qualité de l’organe [...] se dégrade au fur et à mesure. Si nous, on n’a pas la possibilité de se rendre, ils vont passer au suivant sur la liste qui serait compatible, pour ne pas perdre l’organe, détaille Alexandre Martinet.

Alexandre Martinet attend dans le hall d'attente de l'aéroport des Îles de la Madeleine. Il a sa fille sur les genoux.

Après quasiment quatre ans d’attente, l’appel tant attendu a retenti sur le téléphone d’Alexandre Martinet le 19 mars dernier. Un rein était disponible pour le père de famille de 29 ans.

Photo : Gracieuseté d'Alexandre Martinet

M. Martinet a réservé le vol du lendemain matin. Mais lorsque je suis arrivé à l’aéroport, j’ai reçu un appel de la compagnie aérienne qui me disait que le vol allait être repoussé en raison des conditions météorologiques, raconte-t-il. Le Madelinot a été appelé à la porte d’embarquement un peu tard, pour voir le vol reporté une nouvelle fois à cause de la météo.

Quelques heures plus tard, même scénario, mais le discours change. Cette fois, Pascan indiquait aux voyageurs que son appareil n’était plus en mesure de quitter le tarmac puisque le nombre d’heures maximal de vol avant l'entretien périodique obligatoire avait été atteint.

« Ça m’a créé beaucoup de stress après tout ce temps-là à attendre. De voir la possibilité qu’on perde cette opportunité-là [la greffe d'un rein], c’était… pas compréhensible quasiment. »

— Une citation de  Alexandre Martinet, habitant de Havre-Aubert, aux Îles-de-la-Madeleine

C'est finalement à bord de l'avion-ambulance du gouvernement qu'Alexandre Martinet a quitté l'archipel lendemain. Il est arrivé in extremis à l'hôpital pour sa greffe de rein.

D'après lui, le manque de fiabilité du transporteur aérien est problématique.

On ne s’attend pas à ce que ce soit parce que l'avion n’a pas le droit de voler ou qu’il n’y ait pas de pilote, s'étonne le Madelinot. Compte tenu du fait que la compagnie Pascan a le mandat d’assurer les vols pour les patients de l’hôpital, il considère que des solutions de rechange doivent être envisagées.

Alexandre Martinet est sur son lit d'hôpital à Québec, avec sa fille sur les genoux.

Alexandre Martinet a finalement pu bénéficier de la greffe d'un rein, en montant à bord de l'avion-ambulance du gouvernement.

Photo : Gracieuseté d'Alexandre Martinet

Le CISSS est en mode solution avec Pascan

Sophie Doucet, présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Îles, reconnaît que la situation est préoccupante pour les patients. On a entendu beaucoup de mécontentement dans les derniers mois par rapport au transport aérien aux Îles-de-la-Madeleine, constate-t-elle.

Sophie Doucet est photographiée derrière son ordinateur, à son bureau.

Le CISSS a rencontré récemment les dirigeants de Pascan pour se mettre « en mode solution ». (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le CISSS reconnaît que c'est un problème pour les patients qui doivent se rendre à Québec pour des rendez-vous mais aussi pour les médecins et les ressources qui viennent travailler aux Îles. Récemment, une ophtalmologiste qui pratique à mi-temps aux Îles-de-la-Madeleine a évoqué l’idée de ne plus se rendre auprès de ses patients madelinots, exaspérée par les reports de vols de Pascan.

Le CISSS a rencontré à deux reprises les dirigeants de Pascan depuis le mois de janvier. On a eu une bonne réunion avec eux il y a trois semaines, ils nous ont fait part des différentes problématiques que le transport aérien vit, explique Sophie Doucet.

« J’ai senti qu’ils étaient en mode solution, il y a certaines pistes de solutions qui sont en train d’être mises en place et qu’on devrait voir les effets, j’ose croire, dans les prochaines semaines. »

— Une citation de  Sophie Doucet, présidente-directrice générale du CISSS des Îles

Dans les derniers mois, le transporteur aérien a fait savoir qu'un retard dans le renouvellement de sa flotte d'avion et l'approvisionnement de certaines pièces mécaniques a réduit sa capacité opérationnelle.

L'entreprise doit aussi composer avec le manque de pilotes.

Les voyageurs commencent à être habitués des retards, voire des annulations. Jean-Marie Leblanc voyage chaque mois pour aller travailler aux Îles-de-la-Madeleine et il prévoit toujours son arrivée avec deux jours d’avance.

Jean-Martin Leblanc attend sur un banc à l'extérieur de l'aéroport des Îles-de-la-Madeleine à cause du retard du vol de Pascan.

Jean-Martin Leblanc se prend désormais deux jours d'avance pour appréhender le retard de la compagnie aérienne.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Ce n’est pas tout le temps à cause de la météo, mais d'un bris mécanique, d'une mauvaise planification pour l’essence. À un moment donné, on est arrivé à Gaspé et il n’y avait pas assez d’essence dans le truck pour fueller l’avion. Il a fallu qu’on attende quelques heures que le truck retourne aller chercher du fuel, raconte-t-il.

De son côté, Alexandre Martinet souhaite que la situation s'améliore. Même si la greffe du rein a fonctionné, le Madelinot n’en a pas fini avec les suivis médicaux tout au long de sa vie.

La direction de Pascan n'était pas disponible pour répondre à nos questions au moment d’écrire ses lignes.

D’après le reportage d’Isabelle Larose

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