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L’avortement donnerait droit au congé de deuil, selon un changement aux normes du travail

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Le ministre de la Justice albertain, Kaycee Madu, pense que l'amendement au projet de loi 17 sur le droit du travail est l'approche la plus large qui traite de toute situation où une grossesse est interrompue.

Photo : Peter Evans

Radio-Canada

Le ministre albertain du Travail et de l'Immigration, Kaycee Madu, a confirmé mardi qu'un amendement proposé au projet de loi 17 le code provincial des normes du travail permettrait aux personnes ayant vécu un deuil à la suite d'un avortement de bénéficier d'un congé.

L'amendement étend ainsi le congé de deuil à toute grossesse qui se termine par un résultat autre qu'une naissance vivante.

Ce congé serait accordé à tous les parents endeuillés, que ce soit le père ou la mère, qu’ils soient parents biologiques, adoptifs ou porteurs.

L'amendement qui nous est présenté est l'approche la plus large qui traite de toute situation où une grossesse est interrompue, quel que soit la raison ou le moment de la fin de la grossesse, a affirmé Kaycee Madu à l'Assemblée législative.

Sa déclaration est intervenue après environ deux heures de débat, dominé principalement par l’intervention de trois députées néo-démocrates, Janis Irwin, Sarah Hoffman et Marie Renaud.

Elles ont déclaré que la proposition de Kaycee Madu n'était pas suffisante parce qu'elle ne précisait pas que l'avortement et l'interruption de grossesse pour des raisons médicales étaient des situations où une personne pouvait bénéficier des trois jours de congé sans solde. Elles ont demandé au ministre de préciser ce que son amendement couvrait.

Et oui, [pour] les membres d'en face, cela inclut également l'avortement, a répondu Kaycee Madu aux députées de l’opposition.

Le projet de loi 17 modifie l'article du code provincial des normes du travail qui accorde un congé avec protection de l'emploi aux employés qui doivent faire face au décès d'un membre de leur famille.

La version originale du projet de loi accordait trois jours de congé sans solde aux parents après une fausse couche ou l’accouchement d’un enfant mort-né.

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La fondatrice et présidente du Pregnancy & Infant Loss Support Centre de Calgary, Aditi Loveridge, croit que le congé devrait être payé, être ouvert à tous les parents qui perdent un enfant avant la fin d'une grossesse et s'étendre à trois semaines, plutôt que trois jours.

Photo : Fournie par le Pregnancy & Infant Loss Support Centre

Le ministre du Travail et de l'Immigration a déclaré qu'il avait proposé ce changement après avoir parlé à des personnes au courant du dossier, notamment Aditi Loveridge, fondatrice et directrice générale du Pregnancy & Infant Loss Support Centre de Calgary.

Aditi Loveridge a rencontré Kaycee Madu après avoir examiné le libellé du projet de loi 17, présenté le mois dernier. Elle lui a demandé de rendre le congé de deuil aussi large et inclusif que possible.

Le débat partisan s’invite à l’Assemblée législative

La question de l'avortement a été délicate pour le Parti conservateur uni (PCU) au pouvoir, car un certain nombre de députés se sont par le passé opposés à l'avortement, notamment le premier ministre Jason Kenney.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a interrogé le gouvernement au sujet de l'accès à l'avortement après qu'une fuite eut laissé entendre que la Cour suprême des États-Unis pourrait renverser l'arrêt historique Roe contre Wade.

Mark Smith, député du PCU de la circonscription de Drayton Valley-Devon, dans le centre-ouest de l’Alberta, a déclaré qu'il soutenait la formulation générale de l'amendement, car elle donne à tous le temps de faire le deuil d'une grossesse, y compris les femmes qui, selon lui, ont regretté leur avortement.

Leur chagrin est réel, a déclaré Mark Smith. Et le temps de deuil est nécessaire même lorsque la perte de la grossesse est le résultat d'un avortement.

Les députés de l'opposition ont considéré la déclaration du député conservateur comme une intention cachée du gouvernement en ce qui concerne l'avortement. Ils ont également souligné la réticence de Jason Kenney à commenter la fuite du document de la Cour suprême des États-Unis et son refus de confirmer si son gouvernement maintiendrait l'accès à l'avortement en Alberta.

Le ministre du Travail et de l'Immigration, Kaycee Madu, s'est dit déçu que le NPD ait utilisé le débat pour s'en prendre au gouvernement sur la question de l'avortement.

Ils ne s'intéressent par au contenu de l'amendement, a-t-il dit. Ils préfèrent faire de ce projet de loi, qui ne devrait pas être un sujet de polarisation, une question partisane.

Cet amendement intervient également quelques jours après le rassemblement de manifestants anti-avortement devant l’Assemblée législative à Edmonton pour marquer leur opposition à un recul potentiel du droit à l’avortement dans la province.

Les discussions se sont terminées sans vote sur l'amendement. Le projet de loi sera à nouveau débattu dans les prochains jours.

Avec les informations de Michelle Bellefontaine

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