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Le jeu en ligne est « beaucoup beaucoup trop accessible », pense une ancienne accro

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La popularité des jeux de hasard en ligne a explosé au cours de la dernière année dans les provinces de l’Atlantique (archives).

Photo : Getty Images / Graeme Robertson

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Lydia Austin de Saint-Irénée dans la Péninsule acadienne n’a pas touché aux jeux de hasard depuis cinq ans. C'est une victoire pour celle qui a été dépendante pendant plus de 20 ans. Mais le jeu en ligne aurait pu tout changer.

Juste avant de mettre un terme définitif à sa dépendance, elle a essayé quelques jeux sur Internet. Et ce qu'elle a découvert lui a fait peur.

Je trouvais que le jeu en ligne, c'était beaucoup beaucoup trop accessible, encore pire que tout. C'était chez nous. J'aurais pu le faire à n'importe quelle heure, dans la nuit, n'importe quand. J'aurais pu me réveiller, puis jouer, explique-t-elle.

Lydia Austin.

Lydia Austin a combattu une dépendance au jeu compulsif jusqu'en 2017.

Photo : Radio-Canada

À ce point, elle a décidé de tout mettre de côté. Mais ce n'est pas le cas de tous les joueurs compulsifs.

Une popularité qui explose

Loto Atlantique a lancé des jeux de casino en ligne en août 2020 au Nouveau-Brunswick et leur popularité a explosé au cours de la dernière année.

Les recettes de jeux de hasard en ligne ont augmenté de 240 % entre 2020 et 2021. Ça représente une somme de 43,2 millions de dollars pour Loto Atlantique.

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Loto Atlantique propose des dizaines de jeux en ligne sur son site Internet.

Photo : Loto Atlantique

Seulement au Nouveau-Brunswick, les recettes ont bondi de 300 % et totalisent 13,5 millions de dollars pendant cette même période.

Deux fois plus de personnes ont demandé de l'aide pour leur dépendance au jeu auprès des Services communautaires de traitement des dépendances et de santé mentale, soit 242 personnes.

La facilité d’accès des jeux de hasard en ligne inquiète Shirley Fecteau, professeure au Département de psychiatrie et de neurosciences à l’Université Laval, au Québec. Le fait que [...] les jeux sont disponibles au bout de nos doigts, je pense que ça peut faciliter le développement d’une dépendance. Et surtout quand les gens désirent cesser de jouer, avance-t-elle.

Loto Atlantique maintient que les problèmes de dépendance au jeu n'ont pas pris d’ampleur dans les provinces qui ont décidé de le légaliser.

C'est difficile de sortir d'une dépendance

Pour Lydia Austin, tout a débuté en 1995, quand sa sœur et elle se sont rendues au casino d'Halifax. Elles ont découvert les jeux de hasard pour la première fois.

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Lydia Austin a d'abord été attirée par les casinos.

Photo : iStock

J'ai adoré mon expérience. J'ai trouvé que c'était le meilleur passe-temps pour une personne célibataire, raconte-t-elle.

Mais elle ne savait pas que son nouveau passe-temps pourrait devenir une dépendance.

Elle a ensuite eu des périodes de jeu intense. D'autres fois, elle a été forcée d'arrêter, par manque d'argent.

Lydia Austin a perdu d'importantes sommes, au point de n'avoir presque plus rien.

Mais, depuis janvier 2017, elle n’a plus touché au jeu. Mme Austin ne participe même pas aux loteries 50/50 organisées à des fins caritatives.

Pour arriver à s’en sortir, elle s'est jointe à un groupe anonyme de personnes dépendantes au jeu. La retraitée a aussi découvert les voyages. Avec son véhicule récréatif, elle entreprend de longs périples en Amérique du Nord, ce qui l'aide à ne pas penser au jeu.

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Lydia Austin a changé de passion et voyage beaucoup avec sa Westfalia.

Photo : Radio-Canada

« La seule chose qu'on veut faire, c'est ça : jouer. Je sais pas pourquoi, mais c'est dans le cerveau. C'est vouloir ce plaisir-là. Cette hormone-là de plaisir qu'on veut toujours stimuler. »

— Une citation de  Lydia Austin, ex-joueuse compulsive

Elle a écrit un livre sur la difficulté de vaincre une telle dépendance paru en 2017 : Je lève mes voiles.

Le PDG de Loto Atlantique qualifie le jeu en ligne de sécuritaire

Le PDG de Loto Atlantique, Patrick Daigle, explique que Loto Atlantique offre plusieurs outils pour éviter que les joueurs ne développent une dépendance. Il est possible de s’imposer une limite de temps, une limite d’argent à dépenser, de s’exclure et d’utiliser un outil pour autoévaluer son jeu.

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Le PDG de Loto Atlantique, Patrick Daigle.

Photo : Loto Atlantique

Le jeu en ligne est l’environnement de jeu le plus sécuritaire que nous puissions offrir. Nous avons une relation avec nos joueurs à présent, assure-t-il.

Mais, les personnes qui souffrent d’une dépendance au jeu peuvent-elles décider elles-mêmes de s’imposer des limites avec ces outils?

Selon Theo Saulnier, travailleur social et coordinateur en prévention pour le traitement des dépendances et en santé mentale dans la région d’Acadie-Bathurst, beaucoup de gens ne vont pas chercher de l'aide par eux-mêmes. Ils ont honte, mais ce n'est pas la seule raison.

Il faut qu'ils fassent un deuil aussi. Je ne vais plus jouer. Je ne vais plus avoir de chance de payer tout ce que j'ai, toutes mes dettes, explique-t-il.

M. Saulnier croit qu’il faudrait plus d'efforts de prévention.

Lydia Austin est d'accord. Selon elle, beaucoup de gens ne comprennent pas comment c'est difficile d'arrêter.

Si tu leur parles que tu as été jouer, puis que, oh mon Dieu, j'ai été jouer tous les jours cette semaine, j'ai quasiment tout dépensé mon argent. [Ils répondent] "Bien arrête! Tu as rien qu'à arrêter!" Comme si c'est aussi simple que ça, mais c'est pas vrai que c'est aussi simple que ça, dit-elle, en connaissance de cause.

Avec des informations de Maya Chebl

Ressources pour les personnes souffrant d'une dépendance au jeu :

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