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Procès Carl Girouard : la crédibilité des experts au cœur du débat

Vêtu de sa toge, il se dirige vers la salle d'audience

Me Pierre Gagnon s'en est pris à la crédibilité du psychiatre Sylvain Faucher lors de sa plaidoirie.

Photo : Radio-Canada

L'auteur des attaques au sabre dans le Vieux-Québec prétend qu'il n'était pas conscient de ses actes lors des événements, mais la poursuite a soumis au jury qu'on ne sort pas d'une psychose en « un claquement de doigts ».

C'était jour de plaidoiries à la 15e journée d'audience au procès de Carl Girouard qui a tué deux personnes le soir de l'Halloween 2020, en s'en prenant à des passants avec son sabre japonais. En plus des deux accusations de meurtre au premier degré, il fait face à cinq accusations de tentative de meurtre.

Son avocat a tenté de convaincre les 11 jurés que son client ne pouvait pas être déclaré criminellement responsable.

Me Pierre Gagnon s'en est remis à la crédibilité de son expert, le psychiatre Gilles Chamberland qui a conclu que Girouard était en psychose en raison d'une schizophrénie non diagnostiquée jusque-là.

Deux policiers tiennent Carl Girouard par les mains lors de son arrestation. Le suspect a les cheveux bruns foncés et est vêtu de noir.

Carl Girouard lors de son arrestation dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 2020

Photo : Reuters / Steve Jolicoeur

Allez-vous croire à cela?, a rétorqué dans sa plaidoirie le procureur de la poursuite, Me François Godin. À plusieurs reprises, il va répéter que la psychose et le délire de l'accusé avaient soudainement disparu, le soir de l'attaque, sans médication et sans jamais revenir.

C'est une guérison que je qualifierais de miraculeuse, a ironisé le représentant de Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Lors du procès, Girouard a expliqué avoir commencé à revenir à lui alors qu'il venait de tuer la deuxième victime.

Il n’est pas anormal qu’il y ait eu une espèce de prise de conscience, a pour sa part plaidé l'avocat de la défense, après avoir décrit la profonde blessure infligée au visage de la femme.

Les deux hommes discutent dans un corridor du palais de justice de Québec.

Les procureurs François Godin et Pierre-Alexandre Bernard représentent le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) (archives)

Photo : Radio-Canada

Question de crédibilité

Me Gagnon a longuement insisté sur les compétences et les accomplissements professionnels du psychiatre Chamberland.

Il a passé en revue son curriculum vitae qui fait 41 pages, s'arrêtant aux passages faisant état de ses distinctions et des nombreuses conférences internationales auxquelles il a participé.

Vêtu d'un complet, le psychiatre tient un cellulaire.

Gilles Chamberland a témoigné au procès de Carl Girouard. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Le Dr Chamberland a une carrière qui ferait l’envie de plusieurs de ses collègues, a fait valoir l'avocat de la défense.

Me Gagnon a rappelé que c'est lui qui a diagnostiqué un trait de spectre de l'autisme, chez Girouard, ce qui aurait contribué à ce que ses proches ne découvrent pas qu'il sombrait dans une psychose.

L'avocat a souligné que le psychiatre de la poursuite, après l'avoir nié, a convenu à la fin de son contre-interrogatoire qu'il ne pouvait exclure que Girouard soit atteint du spectre de l'autisme.

D'ailleurs, Me Gagnon s'en est pris à la crédibilité du psychiatre Sylvain Faucher, qui soutient la thèse de la poursuite voulant que l'accusé était conscient de ses gestes.

Fallait qu’il ait une réponse à tout, et à force de donner des réponses à tout, il a donné des exemples boiteux, a déploré l'avocat de la défense.

La psychiatrie n'est pas une science exacte, a répliqué l'avocat de la poursuite. Me Godin a fait valoir que les propos nuancés du Dr Faucher démontraient une plus grande objectivité de sa part, comparativement aux positions tranchées du Dr Chamberland.

Le psychiatre Faucher croit que Girouard a agi pour se venger de la société en commentant un geste grandiose pour nourrir son narcissisme.

Il se serait donc investi d'une mission qu'il a murie pendant six ans avant de la mettre à exécution, le 31 octobre 2020.

Les deux hommes sortent de la salle d'audience.

Le psychiatre Sylvain Faucher discute avec le procureur de la poursuite, Me Pierre-Alexandre Bernard (archives).

Photo : Radio-Canada

Ce que la défense a qualifié de mission délirante et plutôt un plan mûrement réfléchi, selon la poursuite.

L'avocat de Girouard a terminé sa plaidoirie en disant aux jurés que son client les remerciait pour leur écoute tout au long du procès, tout en s'en remettant à eux pour la suite.

Le procureur de la poursuite a fait de même, en offrant ses remerciements au nom des victimes, qui s'en remettent également à la décision que les sept femmes et quatre hommes prendront.

Le juge Richard Grenier entamera ses directives jeudi, avant de prendre une pause pour la fin de semaine.

Comme la Loi l'oblige à isoler les jurés pour le délibéré, à la fin de ses directives, il les terminera lundi prochain, après quoi les délibérations débuteront.

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