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La communauté sikhe prend racine dans les Maritimes et fait des adeptes

Des hommes portant turbans et drapeaux marchent au milieu de la rue.

Des sikhs défilent à Shediac lors de la première procession sikhe des Maritimes.

Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Janique LeBlanc

La communauté sikhe est en pleine croissance dans les Maritimes. Des temples – ou gurdwaras – ont vu le jour récemment. La première procession sikhe a attiré des centaines de fidèles à Shediac, dimanche. Portrait de cette communauté religieuse originaire de l’Inde, qui prône le partage et l’entraide.

Tu feel bien, puis t’es bien accueilli, d’une manière merveilleuse, ça fait chaud au cœur.

Ola sent qu’il a trouvé une nouvelle famille, celle de la communauté sikhe. Comme tous les hommes sikhs, cet Acadien qu’on rencontre au gurdwara (temple sikh) de Boudreau-Ouest se fait appeler Singh, qui signifie lion en pendjabi.

Tu sens comme une paix, explique Ola en posant sa main sur sa poitrine. L’homme au turban bleu se sent bienvenu et encouragé quand il est parmi les sikhs qui veulent tout le temps aider.

Homme portant un turban bleu dans un temple sikh.

Ola Singh se sent bien accueilli dans la communauté sikhe.

Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Depuis deux ans, des sikhs venus des quatre coins des Maritimes convergent les dimanches vers le premier temple sikh du Nouveau-Brunswick, situé à Boudreau-Ouest, près de Shediac. Ils viennent prier devant Babadji, le livre sacré qui consigne la parole du gourou.

Le sikhisme, peu connu dans la région, est pratiqué par plus de 30 millions de personnes dans le monde, la plupart en Inde. C’est la quatrième religion en importance au Canada, après le christianisme, l’islam et l’hindouisme. Le sikhisme prêche une vie intègre et invite à vivre de manière fraternelle et généreuse.

Nous partageons tout ce que nous pouvons avec tout le monde, peu importe la religion ou la couleur. Nous pensons qu'il y a un Dieu et que tous les chemins mènent à un Dieu, explique Balwant Singh.

Des gens mangent assis sur le sol.

Dans le langar (cuisine communautaire sikhe), les fidèles boivent le thé et mangent des mets végétariens offerts gratuitement. Ils sont assis sur le sol, symbole que tous sont égaux.

Photo : Radio-Canada / Serge Clavette

Ce partage se manifeste notamment dans le langar, la cuisine communautaire installée sous une tente à côté du temple. On y offre du thé et des mets végétariens aux gens qui mangent assis sur le sol au son des chants et des prières du temple.

Tout le monde est égal et mange assis sur le sol, explique Prabhjot Singh en servant du thé et des pakoras.

Les gens de toutes les religions, toutes les castes et tous les pays peuvent venir s’asseoir ici, manger ici. Nous nous aidons mutuellement, car nous bâtissons une communauté ici, précise le jeune Indien venu étudier à Toronto en 2018 et installé au Nouveau-Brunswick depuis juin 2021.

Quelques convertis au sikhisme

Même si leur présence dans les Maritimes est assez récente, les valeurs de partage et d’entraide des sikhs attirent de nouveaux adeptes. Moi, ça m'a beaucoup attiré, parce que l’humanité est égale à un, précise Ola Singh en faisant référence à la devise sikhe. Il adore le côté familial, le respect et la volonté d’aider des sikhs.

Jeune homme rouquin à barbe courte portant un turban rouge.

Brian Taylor avait des problèmes de drogue et d'alcool. Il affirme que sa conversion au sikhisme a transformé sa vie.

Photo : Radio-Canada / Serge Clavette

Brian Taylor, un jeune Néo-Écossais, dit être devenu une meilleure personne à cause de l’amour et de la compassion qu’il a trouvée au sein de la communauté sikhe.

J'ai grandi dans une région rurale de la Nouvelle-Écosse où il n'y avait pas grand-chose à faire, alors je suis tombé dans la drogue et l'alcool. Depuis que je suis devenu sikh, il y a environ un an, ça m'a vraiment aidé à changer ma vie, raconte ce jeune rouquin en turban et t-shirt.

Sikhi est une magnifique religion, s’exclame Anahat Kaur, une étudiante qui a fait le voyage d’Oromocto pour assister à la première procession sikhe des Maritimes le 8 mai à Shediac. La jeune Indienne d’une famille hindoue s’est convertie au sikhisme.

Jeune femme portant des lunettes, un turban bleu et un voile blanc.

Anahat Kaur est une jeune hindoue qui s'est convertie au sikhisme, une religion qu'elle trouve fantastique en raison des valeurs de partage, d'entraide et d'égalité qu'elle prône.

Photo : Radio-Canada / Serge Clavette

En tant que femme, j'ai un sentiment de puissance parce que notre dixième gourou nous a donné le titre de Kaur, qui signifie princesse, dit-elle avec enthousiasme.

Elle montre son turban en expliquant qu’il s’agit d’une couronne. Il n'y a aucune différence ou discrimination entre une femme et un homme. Il est aussi égal comme fils que je le suis comme fille de mon gourou, précise-t-elle avec conviction.

Une communauté en plein essor

Depuis qu’il s’est installé au Nouveau-Brunswick en 2015, l'homme d'affaires Balwant Singh s'investit beaucoup pour favoriser le développement de la communauté sikhe locale.

Homme arborant une grande barbe et un turban bleu devant la photo d'un temple sikh.

Balwant Singh est un homme d'affaires dont les entreprises financent le développement de la communauté sikhe du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Ce propriétaire d'une agence de voyages et d'une école de conduite en Ontario a aménagé chez lui une chambre spéciale pour le livre sacré qui consigne la parole du gourou Granth Sahib. Une autre pièce sert à entreposer toute la nourriture qui est préparée et offerte aux gens qui viennent au temple le dimanche.

Balwant Singh a acheté l'ancien temple des témoins de Jéhovah à Boudreau-Ouest et un terrain de 15 acres à Shediac River où la communauté veut construire un temple sikh, une banque alimentaire, un centre médical, un salon funéraire avec incinérateur et un espace pour les sports comprenant un terrain de cricket.

Quatre hommes au turban orange chantent dans un temple sikh.

La communauté sikhe du Nouveau-Brunswick a fait venir trois chanteurs et un prêcheur du Temple d'or d'Amritsar en Inde pour enrichir les cérémonies religieuses.

Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

La communauté sikhe a aussi fait venir un prêcheur et trois musiciens du Temple d'or d'Amritsar en Inde pour enrichir les cérémonies religieuses et les activités. Plus d’un million de dollars ont déjà été investis dans l’achat de terrains et d’immobilier, largement financés par l’agence de voyages et l’école de conduite dirigées par Balwant Singh.

Pour le moment, l'argent vient des entreprises et de l'immobilier, concède avec réticence l'homme d'affaires. M. Singh préfère dire que les fonds viennent de la communauté. Il précise que le gourou octroie leur richesse aux sikhs pour qu’ils la partagent.

Un projet ambitieux en attente de fonds et d’autorisations

D’autres fonds seront nécessaires pour faire avancer le projet de nouveau temple sikh. Quelques aménagements ont été faits sur le terrain de Shediac River. Un puits a été creusé, mais toute une série d’étapes doivent être franchies avant que la construction ne débute.

Il faudra présenter des plans détaillés à la commission d’aménagement Beaubassin, modifier le zonage rural du terrain et obtenir les permis de construction après une étude d’impact environnemental et la consultation du voisinage.

Un temple blanc de 4 étages surmonté de nombreuses coupoles.

Le futur temple sikh de Shediac River sera inspiré de ce temple.

Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

En attendant de réaliser le temple de leur rêve, les sikhs ont tenu une procession, la première en son genre dans les Maritimes, à Shediac le 8 mai dernier. Des centaines de personnes y ont participé dont Prabhjot Singh Pardesi, venu avec un groupe de sikhs de l’Île-du-Prince-Édouard.

Nous étions 20 à 25 voitures avec 70 à 80 personnes. Nous sommes partis vers 8 h ce matin tellement nous étions excités par ce défilé, se réjouit celui qui fréquente le tout nouveau temple sikh de l’île, ouvert en avril dernier à Stratford.

Un char allégorique décoré de fleurs et de drapeaux orange est suivi par une foule à pied.

Des centaines de sikhs ont défilé dans les rues de Shediac lors de leur première procession tenue dans les Maritimes.

Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Navneet Kaur et son conjoint Nawab Deep Singh ont déménagé à Moncton de Toronto en 2020. Les gens sont très serviables. Je ne pensais pas qu'ils seraient si serviables. Je suis reconnaissante. J'aime beaucoup ça, ici. Et l’immobilier est beaucoup moins cher qu’à Toronto, s’exclame la jeune femme aux longs cheveux noirs.

Kuljeet Singh a étudié au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick à Moncton et obtenu son permis de travail. Le jeune homme aime beaucoup les gens ici et la liberté et la démocratie.

Les sikhs comme Kuljeet, Navneet, Nawab, Anahat et Prabhjot sont heureux et fiers de faire connaître leurs valeurs de compassion et d'entraide aux gens de la région où ils ont choisi de s’installer. Ils veulent vivre ici dans la paix comme l'enseigne leur gourou.

Nous sommes frères et sœurs. Seule la couleur de peau est différente, le sang est le même, rappelle Balwant Singh. L’homme à la grande barbe grise compte continuer à s’investir pour que le sikhisme se développe davantage dans les provinces maritimes.

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