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Les troupes russes repoussées encore plus loin de Kharkiv

La nouvelle administration prorusse de la région occupée de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, annonce qu'elle réclamera son annexion à la Russie.

Un homme en treillis militaire près d'un tank russe carbonisé sur une route.

Un combattant ukrainien pose près d'un tank de l'armée russe près du village de Staryi Saltiv, près de Kharkiv, qui a été libérée la semaine dernière dans la foulée d'une contre-offensive ukrainienne.

Photo : Reuters / Vitalii Hnidyi

Radio-Canada

L’état-major de l’armée ukrainienne affirme que ses troupes continuent de repousser les forces russes stationnées au nord-est de Kharkiv, desserrant son étau sur la deuxième ville d’Ukraine, bombardée sans relâche depuis le début de la guerre.

Les localités de Cherkasy Tychky, Rusky Tychky, Roubijne et Bayrak ont été libérées, a-t-il annoncé mardi soir sur Facebook. L'ennemi a été repoussé encore plus loin de Kharkiv, et les occupants ont eu encore moins de possibilités de frapper le centre régional.

Nos forces armées nous ont donné à tous de bonnes nouvelles de la région de Kharkiv. Les occupants sont progressivement repoussés de Kharkiv, a aussi fait valoir le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une vidéo.

« Je suis reconnaissant à tous nos combattants qui tiennent bon et qui font preuve d'une force surhumaine pour chasser l'armée d'envahisseurs. »

— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine
Trois hommes s'affairent autour d'un obusier.

Des combattants ukrainiens se préparent à lancer un obus de mortier sur des positions russes, lundi, dans les environs de Kharkiv.

Photo : Reuters / SERHII NUZHNENKO

Le gouverneur régional, Oleg Sinegoubov, a confirmé mercredi dans un message publié sur Telegram que les troupes russes ont été repoussées encore plus loin de la ville, ce qui leur donne encore moins d’occasions de tirer sur le centre régional.

Des combats féroces sont toutefois toujours en cours dans la région, a-t-il précisé, avant de mettre ses concitoyens en garde contre un retour trop précipité. Selon lui, les soldats russes laissent des pièges mortels en se retirant.

Dans une entrevue accordée mardi au New York Times, le maire de Kharkiv, Igor Terekhov, a témoigné que la ville commence à reprendre vie, et que des entreprises recommencent même à fonctionner.

« Pour la première fois depuis le début de l’invasion russe, nous avons pu vivre sans être constamment bombardés pour une deuxième journée de suite. »

— Une citation de  Igor Terekhov, maire de Kharkiv
Un homme portant une combinaison se tient debout dans un champ, à proximité de cadavres de soldats russes étendus au sol.

Un Ukrainien observe les corps de soldats russes tués dans le village de Vilkhivka, près de Kharkiv, que les forces ukrainiennes ont repris il y a quelques jours.

Photo : La Presse canadienne / AP/Felipe Dana

Les quartiers nord et nord-est de Kharkiv, une ville qui comptait environ 1,5 million d'habitants avant la guerre, sont frappés depuis des semaines par des roquettes et des missiles russes, causant la mort de nombreux civils.

Fin février, l’armée russe avait tenté de prendre la ville, mais en vain : les forces ukrainiennes avaient résisté et les avaient repoussés à quelques kilomètres de là, au prix d'âpres combats.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

L’Institute for the Study of War (ISW), centre de réflexion américain basé à Washington, avait noté en fin de semaine que l'armée ukrainienne faisait des progrès significatifs dans la région de Kharkiv et prédisait qu’elle avancera probablement jusqu'à la frontière russe dans les jours ou semaines à venir.

Le centre a avancé mardi soir que la contre-offensive ukrainienne forçait vraisemblablement l’armée russe à redéployer des troupes stationnées à Izioum vers la région de Kharkiv pour empêcher que leurs frères d’armes soient repoussés vers la frontière russe.

Cela risque de détourner des ressources qui devaient être utilisées pour l’offensive dans le Donbass, notait l’ISW.

Vers une annexion de Kherson à la Russie?

Les autorités désignées par Moscou pour diriger la région occupée de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, ont annoncé mercredi qu'elles vont réclamer son annexion à la Russie.

Il y aura une demande [adressée au président russe Vladimir Poutine] pour intégrer la région de Kherson en tant que sujet à part entière de la Fédération de Russie, a dit aux agences russes Kirill Stremooussov, chef adjoint de l'administration militaro-civile de Kherson.

Toute la base juridique [...] sera prête avant la fin de l'année, a-t-il dit, ajoutant que, comme la communauté internationale n'avait pas reconnu le référendum de rattachement de la Crimée à la Russie de 2014, la région de Kherson n'organisera pas de scrutin.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réagi à l'idée de l'annexion en déclarant qu'il reviendra aux habitants de la région de Kherson de décider si un appel doit être adressé au maître du Kremlin. C'est une question qui doit être clairement et précisément analysée par les juristes, a-t-il ajouté.

Le conseiller présidentiel ukrainien Mykhaïlo Podoliak a réagi avec sarcasme : les occupants peuvent toujours demander l'union, même avec Mars ou Jupiter, mais l'armée ukrainienne libérera Kherson.

Des gens marchent dans une rue en tenant une longue banderole aux couleurs du drapeau ukrainien.

Cette capture d'écran d'un événement diffusé en direct sur un média social montre des habitants de Kherson en train de manifester contre l'invasion russe en Ukraine, le 13 mars 2022. D'autres manifestations du genre ont eu lieu dans la ville depuis. Certaines ont été réprimées de manière violente.

Photo : via reuters

La région de Kherson est essentielle pour approvisionner la Crimée en eau. Sa conquête permet aussi de constituer un pont terrestre reliant la Crimée, la région séparatiste prorusse de Donetsk, dans le sud-est de l'Ukraine, et le territoire russe.

Sa prise devait aussi permettre à Moscou de se lancer à l'assaut du grand port d'Odessa, dans le sud-ouest de l'Ukraine, sans succès jusqu'ici, ainsi que vers le nord en direction des villes de Zaporijia et Dnipro.

Des combats opposent toujours Russes et Ukrainiens aux abords de la région de Kherson, alors que, selon Kiev, la Russie essaye toujours d'avancer vers l'ouest et le nord.

Selon les autorités ukrainiennes, 45 % des 300 000 habitants de la ville de Kherson ont fui depuis fin février, et environ 20 % de la population de la région, estimée à un million d'habitants.

Avec deux millions d'hectares de terres arables, cette région constitue aussi une part non négligeable de la puissance agricole de l'Ukraine. Kiev a accusé la Russie d'y avoir pillé, comme ailleurs, les silos à grains.

L'administration russe de Kherson a également annoncé ces derniers jours l'introduction imminente du rouble russe à la place de la hryvnia ukrainienne. Les chaînes de télévision russes y ont déjà remplacé les ukrainiennes et les réseaux mobiles russes doivent y être mis en place.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, New York Times, et BBC

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