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De nouveaux arrivants travaillant pour des CPE peinent à trouver du logement à l’Î.-P.-É.

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L'éducatrice Évelyn Botty Lou Tranan demeure temporairement dans un motel dans la capitale insulaire et sa réservation se termine en fin de semaine (archives).

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Drumond

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Une dizaine de travailleurs étrangers arrivent à l’Île-du-Prince-Édouard pour travailler dans des centres de la petite enfance (CPE) dans les prochaines semaines. Ces nouveaux arrivants ont néanmoins du mal à s’installer dans la province à cause de la crise du logement et du haut taux d’inflation.

Originaire de la Côte d’Ivoire, Evelyn Botty Lou Tranan est arrivée à l’île le 4 mai pour travailler au CPE Île Enchantée, à Charlottetown.

Cependant, elle ne s’attendait pas à ce que les prix des loyers soient si élevés.

« Le prix des loyers est énorme ! J’aimerais vraiment qu’on m’aide, parce que je n’avais pas toutes ces informations. Mais là, mes enfants arrivent, et il me faut trouver une maison. »

— Une citation de  Evelyn Botty Lou Tranan, éducatrice et nouvelle arrivante

L’éducatrice demeure temporairement dans un motel dans la capitale insulaire et sa réservation se termine en fin de semaine.

Ses deux enfants devraient aussi la rejoindre samedi. Pourtant, cette nouvelle arrivante se trouve toujours sans logement.

On n’a pas assez d’argent quand on vient, et quand on vient de tomber dans une situation pareille, ça nous paralyse, ajoute-t-elle.

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Les deux enfants d'Évelyn Botty Lou Tranan devraient la rejoindre samedi, et pourtant, elle est toujours installée dans un motel de la capitale insulaire.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Drumond

D’autres travailleurs dans la même situation

D’autres nouveaux employés des centres de la petite enfance peinent également à trouver du logement, selon Yoan Rousseau, le coordonnateur au recrutement et à la rétention pour l’Association des centres de la petite enfance.

« On se trouve à un point où nos dix employés recrutés arriveront à peu près tous en même temps. Donc, on tente d’aider toutes ces familles à trouver du logement, et ça paraît toujours si compliqué!  »

— Une citation de  Yoan Rousseau, coordonnateur au recrutement, l’Association des centres de la petite enfance

Certains de ces employés proviennent de la Tunisie, de l’Algérie, du Maroc, de la Côte d’Ivoire et du Brésil.

D’autres sont originaires d’Haïti, mais ils se trouvent déjà au Canada.

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Selon Yoan Rousseau, le coordonnateur au recrutement et à la rétention pour l’Association des centres de la petite enfance, l'organisme offre du soutien à ses nouveaux employés, mais la crise du logement complique leur vie.

Photo : Gracieuseté de Angeline Herlory

Selon Yoan Rousseau, l’association offre du soutien à ses nouveaux employés, mais la crise du logement rend la tâche plus difficile.

Notre rôle, c’est leur fournir une lettre d’embauche et d’assurer au propriétaire qu’ils sont bien employés à temps plein pour une longue durée. Mais le gros problème c’est que l’offre n’est pas là ! explique-t-il.

Un appel à l’aide a été lancé auprès de la communauté sur les réseaux sociaux il y a quelques semaines afin de trouver des logements pour ces nouveaux arrivants, souligne Yoan Rousseau.

Les prix des loyers ont augmenté de 8 % l’an dernier, soit la plus forte hausse en dix ans dans la province, selon la Société d’hypothèques et de logement du Canada.

Le taux d’inoccupation à l’île est de 1,5 %, l’un des plus bas en Atlantique.

Le taux d'inflation à l’île était de 8,9 % en mars dernier, le plus élevé au pays, selon Statistique Canada.

Le soutien à distance

Selon Evelyn Botty Lou Tranan, les prix élevés des logements n'ont pas été abordés lors de son processus de recrutement.

Ses recherches sur internet donnaient déjà une idée des prix, mais elle s’attendait à avoir plus d’options sur place.

L'éducatrice souligne néanmoins que l’Association des centres de la petite enfance ainsi que leurs collègues de travail lui offrent du soutien depuis son arrivée.

Le motel dans lequel je vis se trouve hors de la ville, et je n’ai pas de voiture. Donc, la directrice du CPE m’aide parfois à me déplacer. L’autobus n’arrive pas ici, et je ne peux pas payer tout le temps un taxi, précise-t-elle.

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Evelyn Botty Lou Tranan a commencé à travailler au centre de la petite enfance Île Enchantée cette semaine. Ce service de garde se trouve dans les installations du Carrefour de l'Isle-Saint-Jean, à Charlottetown.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Drumond

Selon Yoan Rousseau, il est plus difficile d’offrir de l’accompagnement à distance, lorsque les employés se trouvent toujours dans leur pays d’origine.

Il souligne que faire le lien entre les propriétaires et les locataires est plus difficile, car plusieurs d’entre eux ne maîtrisent pas l’anglais.

Entrer en contact avec un propriétaire sans connaître la langue, c’est difficile. Ils ne connaissent pas forcément les outils de recherche de logement au Canada, explique Yoan Rousseau.

Il ajoute que son association offre de l’orientation à ses employés sur les démarches à suivre pour la location ainsi que des services de traduction au besoin.

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Selon l'Association des centres de la petite enfance, il y a une grande demande pour des places en garderie à l'heure actuelle, à l'île (archives).

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Des changements dans le recrutement

Les centres de la petite enfance songent également à revoir leur critère de recrutement afin de faciliter l’installation de nouveaux arrivants.

Yoan Rousseau explique que les services de garde pourraient bientôt prioriser les candidatures des éducateurs plus scolarisés.

Ces employés pourraient recevoir un salaire plus élevé, ce qui leur permettrait d’avoir assez de moyens pour payer les coûts de la vie, selon lui.

Ensuite, on sera obligé de garder un œil sur la composition de la famille, parce que si on recrute une famille nombreuse, on devrait chercher un logement de plus de trois chambres, ce qui est presque impossible à l’île, précise le coordinateur au recrutement.

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