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Pénurie de main d’oeuvre en culture : des programmes de subventions inadaptés

La façade du Musée pop de Trois-Rivières

Le Musée pop de Trois-Rivières

Photo : Radio-Canada

Après deux ans de contraintes, le milieu culturel et touristique s’attend à vivre une saison estivale remarquable. Mais, la pénurie de main-d’oeuvre vient jeter une ombre au tableau. Les étudiants pour combler les besoins estivaux sont aussi rares que des corbeaux blancs. Des institutions doivent se tourner vers d’autres catégories de personnel, mais les subventions accordées ne le permettent pas.

Au Musée Pop de Trois-Rivières, il reste quatre emplois d’été à combler. Ils sont essentiels pour offrir un bon service à la clientèle. Ça prend au minimum deux personnes à l’accueil pour que ce soit fluide et deux pour les animations , explique Claire Plourde, la responsable des communications et du marketing. On va devoir réduire le nombre de visites, entre autres à la vieille prison, on n’a pas le choix d’y aller avec un guide.

Chacun des courriels échangés avec la responsable se termine avec cette phrase surlignée en jaune : Connaissez-vous quelqu’un dans votre entourage qui serait intéressé à travailler à l’accueil ou à l’animation cet été ? .

Des programmes inadaptés

Les organisations culturelles contactées ont aussi du mal à trouver des employés. Plusieurs d’entre elles comptent sur des subventions du gouvernement fédéral pour l’embauche de travailleurs saisonniers.

Dans le cas du Musée Pop, il bénéficie du programme Emploi d’été Canada pour les organismes sans but lucratif et sur le programme Jeunesse Canada au travail (JCT).

Claire Plourde explique que ces programmes sont contraignants.

« C’est des subventions qui sont pour les étudiants, jusqu’à 30 ans. Alors que durant la pandémie, Emploi été Canada permettait qu’on puisse utiliser du temps partiel, en nombre d’heures plutôt qu’en nombre de semaines minimum. Là, on ne peut pas jouer avec ça. Ils sont revenus avec les mêmes critères qu’avant. Il faut qu’un employé soit là un minimum de 30 heures par semaine. Alors qu’avant on pouvait y aller avec des chiffres coupés, étirés sur l’été. »

— Une citation de  Claire Plourde, responsable des communications et du marketing au Musée Pop

Pour ce qui est du programme Jeunesse Canada au travail, les contraintes sont même plus grandes, car il ne permet pas d’embaucher les mêmes personnes d’une année à l’autre.

C’est pas adapté à notre réalité, puis encore moins à la réalité qu’on vit. résume la responsable. 

Le musée a réussi à pourvoir quelques postes en abaissant l’âge minimum à 16 ans, en haussant son salaire de base et en engageant des gens de plus de 30 ans, quitte à ne pas bénéficier des subventions. Cela met toutefois une pression financière supplémentaire sur l’institution muséale.

La scène vue du balcon de la salle.

Salle J.-Antonio-Thompson

Photo : Radio-Canada

Des opérations séduction

Chez Culture Trois-Rivières, on ne compte pratiquement pas sur ces programmes de subventions. L’administration a mis en place de nouvelles stratégies, en permettant notamment l’embauche de retraités ou de semi-retraités.

Pour tenter d’attirer les étudiants, elle va jusqu’à organiser des journées portes ouvertes. Au printemps et à l’automne, les étudiants sont invités à venir visiter les lieux culturels, à discuter avec des employés pour comprendre les besoins, explique la conseillère aux ressources humaines à Culture Trois-Rivières, Mélanie Langlois.

On utilise aussi beaucoup les réseaux sociaux pour tenter de les rejoindre , explique-t-elle. L'organisation fait aussi appel à son réseau d’enseignants et d'établissements scolaires. 

Mais, en dépit de ses efforts, Mélanie Langlois relève aussi que le milieu culturel est peut-être moins attrayant qu’avant. On se cachera pas qu’on a été pas mal éprouvé avec la pandémie. Elle croit que cela a pu engendrer une perte de confiance envers le secteur de la culture.

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