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Roe c. Wade : la contre-attaque se prépare dans l’État de Washington

Une personne tient une feuille sur laquelle les mots suivants sont barrés : naissance forcée. Photo prise le 7 mai 2022 devant la Cour suprême des États-Unis.

Une manifestante pour le droit à l'avortement brandit une pancarte lors d'une manifestation devant la Cour suprême des États-Unis, le samedi 7 mai 2022, à Washington.

Photo : AP / Amanda Andrade-Rhoades

Alors qu’environ la moitié des États américains pourraient interdire l’avortement si l’arrêt Roe c. Wade venait à être renversé, l’État de Washington, au sud de la Colombie-Britannique, s’est déjà positionné comme une oasis pour toute personne souhaitant interrompre sa grossesse. Mais est-il prêt à l’afflux que cela pourrait engendrer? À Bellingham, une ville située à 89 km de Vancouver, la réponse s’organise.

Nous sommes en train de nous préparer, lance Linda McCarthy, la directrice générale de Planned Parenthood Mt. Baker, un centre de planification familiale, à Bellingham.

Si la décision de la Cour suprême américaine venait à invalider l’arrêt Roe c. Wade, un afflux de 385 % de femmes venant d’autres États se rendraient dans l’État de Washington pour subir une interruption volontaire de grossesse (IVG), selon l’Institut Guttmacher pour les droits reproductifs.

Nous n'allons probablement pas être en mesure de répondre aux besoins de tout le monde, déplore Linda McCarthy.

Linda McCarthy debout devant l'entrée du centre de planification familiale, le 9 mai 2022, à Bellingham.

Linda McCarthy est la directrice générale du centre de planification familiale Planned Parenthood Mt. Baker à Bellingham.

Photo : Radio-Canada / Nantou Soumahoro

Linda McCarthy ajoute qu'une augmentation du nombre de clientes se traduira par une augmentation du temps d’attente pour rencontrer un prestataire.

Nous sommes tous préoccupés par cela, car il s'agit d'un service qui a des délais précis, il y a des dates pour [pouvoir prendre] les médicaments, pour [pouvoir subir un] avortement, un temps déterminé pour accéder à ces services. Et la même chose avec les services chirurgicaux, selon le lieu.

Il va falloir faire un gros travail pour répondre aux besoins, poursuit-elle.

Des obstacles pour les femmes précaires et racisées

Linda McCarthy craint également que les frais et les temps de déplacement ne soient un obstacle pour les femmes en situation précaire qui souhaiteront interrompre leur grossesse.

« Leurs politiques vont être mortelles pour certaines personnes qui ne vont tout simplement pas obtenir les soins dont elles ont besoin. »

— Une citation de  Linda McCarthy, directrice générale, Planned Parenthood Mt. Baker

Ainsi, en Idaho, voisin de l’État de Washington, le trajet moyen pour rencontrer un prestataire est d’environ 34 km. Dans le cas d’une annulation de Roe c. Wade, le trajet sera près de 10 fois plus long.

Si vous êtes pauvre, vous ne pourrez peut-être pas prendre deux jours de congé, ou vous ne pourrez peut-être pas vous permettre de passer une nuit à l'hôtel.

La conseillère municipale de Bellingham, Kristina Michèle Martens. soutient que, si on fait régresser le droit des femmes de 50 ans, cela aura principalement un effet néfaste sur les femmes issues des minorités.

Melissa Michele Martens devant l'hôtel de ville de Bellingham. Photo prise le 9 mai 2022.

Kristina Michele Martens est conseillère municipale à Bellingham.

Photo : Radio-Canada

Elles sont les plus touchées par le manque de ressources, le manque d'accès à tout, ne serait-ce qu'un simple panier d'épicerie. Cela aura évidemment un impact considérable lorsqu'il s'agira d'essayer d'élever un enfant sans aucun soutien une fois qu'il sera né.

Renforcer les lois de l’État pour préserver ce droit pour toutes

Malgré la crainte de ne pouvoir aider toutes les femmes des États limitrophes, la contre-attaque se prépare.

De son côté, Planned Parenthood Mt. Baker travaille à accroître son équipe. Linda McCarthy dit qu'une personne est en cours de formation et qu'une autre devrait bientôt être engagée.

Nous nous concentrons sur l'ouverture d'un plus grand accès afin de pouvoir répondre aux besoins de celles qui viennent de l'extérieur.

Quant à 'État de Washington, il a renforcé la Reproductive Privacy Act lors de sa dernière session législative. Cette loi permet d’augmenter le nombre de prestataires pouvant pratiquer une interruption de grossesse dans l’État de Washington.

Nous avons étendu le nombre de prestataires pouvant pratiquer des avortements pour inclure les infirmières praticiennes, les assistants médicaux et d'autres catégories, explique Linda McCarthy.

D’autres droits menacés?

Melisa McGrath est l'instigatrice de la manifestation devant le palais de justice de Bellingham, qui a suivi la fuite de l'avant-projet sur le site américain Politico.

Tout ce qui est basé sur nos idées dans la vie privée est en danger, dit-elle, ajoutant qu'elle craint que d’autres droits ne soient remis en question si l'arrêt est annulé.

Le mariage gai, tout ce qu'on fait dans l'intimité de sa maison ou dans sa chambre à coucher. Ce sont des choses sur lesquelles nous devons être vraiment vigilants parce que c'est un effritement de nos droits qui ne va pas s'arrêter là, dit-elle.

Melissa McGrath se tient debout devant le palais de justice de Bellingham le lundi 9 mai 2022.

Melissa McGrath craint que d’autres droits ne soient remis en question si l'arrêt Roe c. Wade est annulé.

Photo : Radio-Canada / Nantou Soumahoro

Melisa McGrath indique que d’autres manifestations sont prévues. Nous allons continuer à nous concentrer sur ces questions et nous assurer que tous les progrès réalisés au cours des 20 dernières années ne sont pas défaits.

Elle ajoute qu’il faut également maintenir de fréquentes communications avec les politiciens afin de créer une loi qui sera plus difficile d'annuler pour le bien des générations futures.

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