•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un rapport dénonce le comportement de la GRC envers les femmes dans le Nord

Chargement de l’image

Le rapport de l’Alliance canadienne féministe pour l’action internationale fait état d'incidents de violence et de racisme de la part de la Gendarmerie royale du Canada au Nunavut.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Radio-Canada

Un rapport de l’Alliance canadienne féministe pour l’action internationale (AFAI) porte des allégations de misogynie, racisme et violence contre les femmes envers la Gendarmerie royale du Canada.

Le document (Nouvelle fenêtre) dresse un portrait peu envieux du traitement infligé aux femmes par les détachements de la police nationale dans le Nord, notamment au Nunavut et aux Inuit en particulier.

Il rappelle que la Commission des services juridiques du Nunavut a demandé un examen systémique des services de police au Nunavut après avoir alerté à plusieurs reprises sur la fréquence des abus policiers.

Demande d’un examen systémique laissé sans réponse

La Commission a notamment écrit deux lettres à la Commission civile d’examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC (CCETP) l’une en 2019, l’autre en 2020.

La première missive résume les incidents de violence et de racisme et fait part du manque de formations des agents, qui sont pour la plupart des hommes, pour les affaires liées aux agressions sexuelles.

Les décès liés à la GRC au Nunavut sont neuf fois plus nombreux que les décès liés à la police en Ontario, précise-t-elle aussi.

On y apprend que 14 décès liés à la GRC sont survenus de 1999 à 2016 sur le territoire, dont plusieurs ont donné lieu à des recommandations officielles de changement.

Dans la seconde lettre, en 2020, la Commission des services juridiques du Nunavut regrette que malgré une indication selon laquelle la CCETP envisageait un examen systémique de la GRC du Nunavut, rien n’a été fait.

Elle met en avant deux autres incidents concernant des fouilles à nu sur des femmes autochtones. En 2020, la CCETP a examiné la politique nationale de la GRC en matière de fouille à nu et l’a jugée ambiguë et inadéquate.

Le rapport de l’AFAI fait aussi écho à un autre rapport publié en 2020 par Pauktuutit Inuit Women in Canada en collaboration avec la Dre Elizabeth Cormack et qui s’intéresse à la violence faite aux femmes dans les quatre régions de l’Inuit Nunangat.

Bon nombre des problèmes signalés, tels que la lenteur des interventions, et les rencontres avec des policiers racistes ou violents, font écho aux conclusions des lettres de la Commission des services juridiques.

Suite à la sortie de ce rapport, l’organisme inuit avait signé une entente avec la GRC afin d'améliorer la protection des femmes, des enfants et des personnes inuit.

Haut taux de plaintes non fondées dans le Nord

L’AFAI fait également mention des plaintes non fondées dans son document qu’elle définit comme l’un des principaux problèmes au Canada. Selon une enquête du Globe and Mail réalisée en 2017, une agression sur cinq est jugée non fondée par la police.

Les taux de plaintes non fondées étaient généralement plus élevés dans le Nord, les Territoires du Nord-Ouest (30 %) et le Nunavut (28 %), où la GRC est le seul service de police.

La surclassification des cas comme étant non fondés découle d’attitudes sexistes et de mythes bien ancrés, ainsi que de l’incapacité systémique de la police à faire face aux réalités des agressions sexuelles et aux comportements des victimes.

Le rapport rappelle aussi qu'en février 2021, la GRC a soudainement fermé un comité du Yukon sur les cas non fondés composé d’organismes locaux et de la GRC. Cette dernière a invoqué le respect de la vie privée pour justifier cette décision.

Ce processus d’examen était particulièrement important, car l’AFAI avance que le Yukon a un taux d’agressions sexuelles 3,5 fois supérieur à la moyenne nationale et un taux de 25 % d’allégations non fondées.

L’organisme féministe conclut de façon globale qu’il est temps de procéder à un examen externe et à une restructuration ou à un démantèlement en profondeur d’une force de police qui n’est plus un symbole de fierté nationale [...].

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !