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« Pas de problème d’équité » avec le dictionnaire numérique, dit le ministre Roberge

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Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

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Le ministre de l’Éducation ne s’inquiète pas de l’accès inégal au dictionnaire numérique durant l’épreuve unique de français en cinquième secondaire, au Québec. « C'est une situation qui est claire et qui n'apporte pas de problème d'équité », affirme Jean-François Roberge.

Durant cet examen qui a eu lieu jeudi dernier, certains élèves n’avaient accès qu’à un dictionnaire papier pour vérifier leur orthographe, tandis que d’autres pouvaient utiliser un dictionnaire numérique offrant plus de fonctionnalités.

Malgré les craintes exprimées par des parents et des enseignants, notamment, le ministre dit ne pas sentir tant d’ambiguïté dans le réseau scolaire.

M. Roberge rappelle que la règle était la même pour tout le monde : seuls les élèves ayant utilisé le dictionnaire numérique de manière régulière durant l’année scolaire pouvaient y avoir recours durant l’épreuve unique de français.

« En pédagogie, ce qui est vraiment privilégié, c'est d'avoir lors de l'examen les mêmes outils que ce qu'on avait lors des cours, lors de l'enseignement. »

— Une citation de  Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Une honte

Une enseignante de français qui cumule plus de 20 ans d’expérience est loin de partager l’avis du ministre de l’Éducation. Selon Johanne (nom fictif), qui a requis l’anonymat par crainte de représailles, le dictionnaire numérique est le prolongement des inégalités déjà présentes dans le réseau.

Selon sa propre expérience, ce sont les écoles et les centres de services scolaires les plus favorisés, où le déploiement des outils technologiques est le plus avancé, qui bénéficient de cet outil dans la plus large proportion.

Les élèves [des écoles privées] utilisent un correcteur numérique, alors que nos élèves doivent feuilleter un dictionnaire souvent désuet [...] et un Bescherelle, et ce, pendant un examen où le temps a une importance capitale, illustre Johanne.

« Il s’agit d’une épreuve uniforme? Une honte. »

— Une citation de  Johanne (nom fictif), enseignante de français en milieu défavorisé

Au Centre de services scolaire de la Capitale, à Québec, aucun groupe entier n’a pu utiliser le dictionnaire numérique jeudi dernier. La conseillère en communication, Marie-Claude Lavoie, évoque d’ailleurs des contraintes technologiques pour expliquer la situation.

Le dictionnaire numérique est accessible en ligne et Internet est interdit pendant les évaluations du [ministère] à moins de posséder un système de surveillance et de contrôle des appareils, ce que nous n'avons pas [...] pour le moment, dit-elle.

Ce dictionnaire numérique sera permis quand les élèves auront eu suffisamment de temps pour se l’approprier en contexte d’apprentissage et que les systèmes de surveillance appropriés auront été mis en place, poursuit-elle.

Ouvert à en discuter

Interrogé sur cet aspect, le ministre Roberge réfute l’argument voulant que les écoles publiques soient en déficit d’outils informatiques. On ne manque pas d'ordinateurs dans le réseau, assure-t-il.

« Une fois qu'on a des ordinateurs, on peut avoir accès facilement à Usito (un dictionnaire numérique). Depuis la pandémie, on a multiplié par près de 300 % le nombre d'ordinateurs. »

— Une citation de  Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

M. Roberge s’en remet également à une étude interne de son ministère, menée en 2019 et dont Radio-Canada a obtenu copie, qui montre que l’utilisation du dictionnaire numérique n'entraîne pas de meilleurs résultats chez ceux qui l’utilisent.

L’utilisation d’un outil numérique par les élèves entraînerait une augmentation de 0,27 %, en moyenne, des résultats à l’épreuve unique, ce qui est totalement négligeable, peut-on lire dans l’étude, un pourcentage jugé non significatif statistiquement.

Voyant le résultat de l'étude [...] je vous dirais que je ne vois pas de problème d'équité, répète le ministre. Maintenant, pour les années à venir, est-ce qu'il y a des ajustements à faire? Moi, je suis ouvert à en discuter.

Plus tôt mardi, les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont invité M. Roberge à se pencher sur cette question. Le ministre devrait regarder ce qui se fait, mais le faire de manière équitable, a lancé la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade.

Si ça prend des directives du ministre, qu’il en émette. L’épreuve uniforme devrait être uniforme, avait pour sa part indiqué le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, y était allé d’une sortie semblable. Chaque élève devrait avoir les mêmes ressources et avoir une évaluation équitable.

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