•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’embauche d’enseignants non légalement qualifiés s’accentue dans la région

Une enseignante explique un sujet au tableau.

Stéphanie Sylvain-Prévost ne détient pas de baccalauréat en enseignement.

Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais

Radio-Canada

Devant la pénurie de personnel, les écoles primaires et secondaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont de plus en plus recours aux enseignants non légalement qualifiés pour pourvoir leurs postes vacants.

Les quatre centres de services scolaires de la région, sans exception, leur confient des classes complètes même s’ils ne possèdent pas de baccalauréat en enseignement.

C’est notamment le cas de Stéphanie Sylvain-Prévost qui enseigne les sciences technologiques à l’École secondaire Charles-Gravel dans l’arrondissement de Chicoutimi. Elle possède un baccalauréat en biochimie, une maîtrise en immunologie et se dirigeait vers des études plus poussées en biochimie clinique.

Une enseignante écrit au tableau.

Stéphanie Sylvain-Prévost enseigne les sciences technologiques au secondaire en plus d’effectuer des remplacements dans d’autres matières.

Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais

Même si elle ne détient pas de diplôme universitaire en enseignement, elle peut transmettre ses connaissances aux étudiants grâce à une tolérance d’engagement fournie par le ministère de l’Éducation, comme c'est le cas pour les autres enseignants non légalement qualifiés.

La plupart de mes collègues savent que je viens d'un baccalauréat disciplinaire, que je ne viens pas du baccalauréat en enseignement, mais ce n'est pas une information que je transmets à la base, explique la femme de 34 ans.

Un premier contact avec des jeunes du secondaire l’a convaincue de déposer sa candidature et de combler une partie du manque de main-d’œuvre.

Je me suis essayé et ç’a donné de quoi de vraiment le fun!, explique-t-elle.

Une enseignante explique quelque chose à une étudiante.

L'enseignante peut transmettre ses connaissances aux étudiants grâce à une tolérance d'engagement délivrée par le ministère de l'Éducation.

Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais

Elle doit cependant faire face à l'opinion défavorable de certaines personnes.

Ce que je vois, sur les réseaux sociaux, c'est un jugement envers les enseignants non légalement qualifiés, explique-t-elle. Souvent ce sera associé à un manque de compétence, mais ce n'est pas nécessairement parce que tu n’as pas fait un diplôme en enseignement que tu n’es pas compétent pour enseigner. Ici, je n’ai pas l'impression de sentir ce jugement. J'ai plus d’aide et de soutien de la part de mes collègues.

Un phénomène de moins en moins rare

Le Centre de services scolaire des Rives-du-Saguenay emploie 17 enseignants non légalement qualifiés, comme Stéphanie, parmi ses quelque 1300 professeurs.

Au cours des dernières années, c’est un phénomène qui s'est légèrement accentué en raison du fait qu'il y a un petit peu moins d'enseignants disponibles dans nos banques de remplacement entre autres. Le phénomène existe depuis plusieurs années, mais ça touchait davantage le secteur de la formation professionnelle , mentionne la porte-parole Claudie Fortin.

Une femme en entrevue dans une école.

Claudie Fortin est la porte-parole du Centre de services scolaire des Rives-du-Saguenay.

Photo : Radio-Canada

L’organisation a mis sur pied un programme de mentorat dans les derniers mois pour aider les nouveaux venus, autant ceux qui possèdent un baccalauréat que les autres.

« On va les accompagner avec des formations complémentaires qui se font en ligne le soir, rémunérées, comme sur le climat de classe et d'autres thématiques. »

— Une citation de  Claudie Fortin, porte-parole, Centre de service scolaire des Rives-du-Saguenay

Parfois, l'expérience s'avère si concluante que certains adoptent la profession et choisissent d’étudier dans ce domaine. C'est le cas de Stéphanie, qui terminera d'ici deux ans sa maîtrise qualifiante en enseignement au secondaire.

D'après le reportage de Roby St-Gelais

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !