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Un premier débat des chefs axé sur des enjeux du Nord

Les quatre chefs sur scène lors du débat du Nord.

Les quatre chefs sur scène lors du débat du Nord.

Photo : Radio-Canada / Yan Théoret

Les chefs des quatre principaux partis ont débattu, mardi à North Bay, de questions touchant notamment les revenus des municipalités, le prix des maisons et l’état des routes à l'occasion du premier débat de la campagne.

L’événement était organisé par la Fédération des municipalités du Nord de l’Ontario (FONOM) dans le cadre de son congrès annuel.

Paul Schoppmann, maire de Saint-Charles et premier vice-président de la FONOM, était heureux de ce que les chefs prennent le temps de venir écouter ce que sont les enjeux et dire ce qu'ils peuvent faire pour le Nord.

Des questions budgétaires

Plusieurs questions, suggérées par des membres de la fédération, reflétaient les enjeux auxquels font face les administrations municipales.

Certaines souhaiteraient que le système d'imposition foncière soit changé ou voudraient avoir accès à des sources de financement supplémentaires, comme c’est le cas pour la Ville de Toronto en vertu de la loi.

Le chef libéral Steven Del Duca fait une déclaration lors du débat des chefs à North Bay.

Le chef libéral, Steven Del Duca

Photo : La Presse canadienne / Gino Donato

Le libéral Steven Del Duca a déclaré qu'il croyait au partage des revenus et qu'il retournerait aux villes du Nord 5 % de l’impôt sur l’exploitation minière.

Mike Schreiner est prêt à accorder plus de pouvoirs aux municipalités et à assumer une part plus importante des dépenses municipales, comme le coût du transport en commun.

Je n'appuierai jamais une hausse d'impôt, point à la ligne, a lancé Doug Ford. Mes trois opposants aiment tous les hausses d'impôt, a-t-il ajouté, en affirmant qu'il misait plutôt sur la croissance de l’économie et la création d’emplois pour accroître les revenus des villes.

La chef néo-démocrate a exprimé de la sympathie pour les municipalités du Nord, qui sont moins densément peuplées. Andrea Horwath estime toutefois que, si les impôts fonciers augmentent, le coût du logement sera encore plus élevé.

L'état des routes

Les questions du déneigement, de la sécurité et de la nécessité d’élargir certaines routes ont donné lieu à de vifs échanges.

J’ai conduit sur ces routes du Nord et parfois, particulièrement en hiver, cela fait peur , a raconté Doug Ford. Il a rappelé que son gouvernement avait prévu cette année des dépenses de 640 millions de dollars, notamment pour élargir des routes ou doubler le nombre de voies.

M. Del Duca, vous avez eu l’occasion d’agir et vous avez échoué, vous étiez le ministre des Transports, a-t-il lancé au chef libéral qui était ministre dans le gouvernement de Kathleen Wynne.

Le chef progressiste-conservateur Doug Ford s'en prend à son vis-à-vis libéral au cours du débat des chefs à North Bay.

Le libéral Steven Del Duca a subi les attaques des chefs conservateur et néo-démocrate, qui ont rappelé qu'il était ministre du gouvernement libéral de Kathleen Wynne.

Photo : La Presse canadienne / Gino Donato

Andrea Horwath a aussi saisi l'occasion pour s'en prendre au chef progressiste-conservateur. Certaines promesses de M. Ford étaient déjà dans sa plateforme lors des dernières élections et il n'a pas trouvé le tour de les réaliser, comme c'est le cas pour la route 69.

Steven Del Duca estime que les routes 11 et 17 devraient être placées dans la catégorie 1 et qu’elles seraient ainsi déneigées et déglacées plus fréquemment. Je pense que c’est essentiel, a dit le chef libéral.

Les libéraux complèteraient l’élargissement à quatre voies de la route 69 et des routes 11/17 entre Thunder Bay et Nipigon.

Mike Schreiner est d'accord avec ces projets du chef libéral, mais il croit que la privatisation des services de déneigement a été une erreur.

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L’accès à la propriété

Même si les prix sont inférieurs à ceux des villes comme Toronto, l’accès à la propriété demeure un défi particulièrement pour les jeunes Nords-Ontariens.

Andrea Horwath soutient que la crise, qui touche l’ensemble de la province a commencé sous les libéraux et s’est aggravée sous les conservateurs . La chef néo-démocrate propose entre autres une aide à la mise de fonds initiale pour les acheteurs d’une première propriété.

Andrea Horwath répond aux questions des journalistes après le débat.

Le parti d'Andrea Horwath a fait élire huit députés dans la région en 2018.

Photo : Radio-Canada

Mike Schreiner croit que les changements de zonage font partie de la solution pour qu’il soit possible de construire des duplex, des triplex et d’aménager des appartements secondaires dans les maisons.

Ne forçons pas les jeunes familles à faire de longs trajets pour se rendre au travail juste pour pouvoir acheter une maison qu’ils peuvent se permettre , a-t-il plaidé.

Les chefs néo-démocrate, vert et libéral veulent lutter contre la spéculation immobilière, qui fait grimper les prix.

Steven Del Duca retient de conversations avec des maires ontariens qu’il y aurait, dans la province, au moins 250 000 terrains prêts à être construits, mais sur lesquels spéculateurs et propriétaires s’assoient en attendant que les prix montent . Son parti veut mettre à la disposition d’acheteurs d’une première maison des terrains commerciaux et industriels excédentaires.

Doug Ford salue la foule à son arrivée au débat des chefs à North Bay.

Doug Ford a répondu aux attaques en vantant les réalisations de son gouvernement.

Photo : La Presse canadienne / Gino Donato

Il y a eu plus de 100 000 mises en chantier dans la province l’an passé, un sommet en 30 ans , s’est vanté Doug Ford, qui veut réduire les formalités administratives pour l’obtention de permis de construction. Pour lui, c’est mathématique : en réduisant les délais, on sera à même de construire plus rapidement et il y aura plus de maisons pour répondre à la demande.

Deux nouveaux venus

Le chef conservateur Doug Ford et la néo-démocrate Andrea Horwath s'étaient affrontés en 2018. Mais le débat de mardi comptait deux nouveaux venus : Steven Del Duca, devenu chef du parti en 2020, et le chef des verts Mike Schreiner, invité pour la première fois.

Doug Ford a fait l'objet d'attaques des autres chefs sur les décisions de son gouvernement. Steven Del Duca a aussi été critiqué lors d'échanges, pour l'inaction dans certains dossiers du précédent gouvernement libéral dont il faisait partie.

En fermeture de débat, le chef libéral, qui est relativement peu connu du grand public, a raconté qu'il était un fils d'immigrants et un père de famille préoccupé par le sort des prochaines générations.

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, répond à une question lors du débat des chefs à North Bay.

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner

Photo : La Presse canadienne / Gino Donato

Mike Schreiner a poursuivi la stratégie de se présenter comme celui qui propose de nouvelles solutions aux problèmes récurrents auxquels se heurtent les partis traditionnels.

Les néo-démocrates jouissent traditionnellement d’un bon soutien dans la région : ils comptaient huit sièges à la dissolution de la Chambre. Les progressistes-conservateurs au pouvoir en détenaient aussi quelques-uns, les libéraux n’en avaient qu’un et les verts, aucun.

Au cours des derniers jours, les quatre chefs avaient fait des promesses aux électeurs du Nord. Doug Ford a répété qu'il investirait dans les infrastructures, la construction et la réfection des routes. Andrea Horwath a dévoilé lundi sa plateforme pour le Nord, qui prévoit notamment le recrutement de 300 médecins.

Les libéraux et les verts ont lancé leurs programmes pour le Nord quelques heures avant le débat.

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