•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La police confirme la thèse d’un féminicide à Carleton-sur-Mer

Un ruban de la Sûreté du Québec qui bloque l'accès au stationnement d'une résidence privée.

La Sûreté du Québec, qui enquête sur deux morts retrouvés dans une résidence de Carleton-sur-Mer, confirme qu'il s'agit d'un féminicide.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Perrine Bullant

La femme qui a perdu la vie jeudi soir dans la Baie-des-Chaleurs a été tuée par son conjoint, qui s'est ensuite donné la mort, confirme mardi la Sûreté du Québec (SQ).

Jean-Guy Godbout, 65 ans, aurait poignardé la victime, Monique Landry, 58 ans.

La SQ avait ouvert une enquête jeudi concernant deux morts suspectes dans une résidence de Carleton-sur-Mer. À leur arrivée, les policiers avaient découvert deux personnes inconscientes.

L'une d’entre elles était grièvement blessée et son état était jugé critique. Leur décès a été prononcé un peu plus tard dans la soirée.

Besoin d'aide pour vous ou un proche?

SOS Violence conjugale

1 800 363-9010

Ligne québécoise de prévention du suicide

1 866 APPELLE

Réseau des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC)

1 866 532-2822

L'enquête se poursuit, mais les policiers sont en mesure de confirmer la piste d’un féminicide intime, c’est-à-dire un meurtre commis dans un contexte conjugal.

Selon nos informations, le drame se serait produit dans un contexte de rupture amoureuse.

Dans quelques mois, le rapport du coroner devrait faire la lumière sur les causes et les circonstances de la mort des deux personnes.

La communauté de la Baie-des-Chaleurs ébranlée

Nathalie Babin, coordonnatrice au Centre de femmes Centr'Elles, Comité d'action des femmes d'Avignon, affirme que la nouvelle secoue la communauté de la région.

C’est toute une communauté de femmes qui est touchée. Nous, on a 450 membres à Centr’Elles donc on a un bon bassin de femmes qui viennent participer aux activités et ces femmes-là sont sidérées par ce drame terrible, témoigne-t-elle.

Depuis plusieurs jours, les intervenantes du centre de femmes interviennent pour faire en sorte de faire baisser l’anxiété et l’angoisse que le fait divers a pu causer chez certaines personnes.

Pour autant, Nathalie Babin n’est malheureusement pas étonnée que ce genre de drame se produise dans la région. On peut voir qu'il y a plein de régions qui ont vécu ce drame-là, on n’est pas surprises que ça se passe ici en Gaspésie, regrette-t-elle.

La directrice de la maison d’aide et d’hébergement l’Émergence, dans la Baie-des-Chaleurs, Nancy Gough, note elle aussi le nombre croissant de féminicides au Québec.

Celle, qui est aussi co-porte-parole de l’Alliance gaspésienne d'aide et d'hébergement de la Gaspésie, reste tout de même stupéfaite : jamais on ne peut croire qu’un tel événement se déroulera dans une petite communauté de proximité comme la Gaspésie.

« On n’a pas échappé à la vague effroyable de féminicides qu’on connaît depuis les dernières années, particulièrement avec l’arrivée de la crise sanitaire. »

— Une citation de  Nancy Gough, directrice de la maison d’aide et d’hébergement l’Émergence, dans la Baie-des-Chaleurs
Une femme porte le masque et écrit sur son ordinateur portable.

Nancy Gough, directrice de la Maison d'aide et d'hébergement L'Émergence note une augmentation des féminicides depuis les dernières années (archives).

Photo : Radio-Canada / Claude Côté

5e féminicide conjugal de 2022 au Québec

C’est un drame qui touche la communauté dans son ensemble, réalise Maud Pontel, coordonnatrice générale de l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape (Alliance MH2).

Elle ajoute par ailleurs que la décision d'une séparation représente une étape à risque dans un contexte de violence conjugale au sein d'un couple.

C’est à ce moment que l’agresseur va perdre tout son pouvoir sur la victime. Au niveau des facteurs de risque, la séparation est un des moments les plus risqués, où on va voir une augmentation de la violence, explique la coordonnatrice de l'Alliance MH2.

Maud Pontel est à l'extérieur.

Maud Pontel, coordonnatrice de l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape, précise que la séparation est un moment risqué pour la victime (archives).

Photo : Radio-Canada / Franca G. Mignacca

L'association tient à rappeler à la population que les services de SOS violence conjugale ainsi que les lignes d’écoutes des maisons d’aide et d’hébergement locales sont aussi à la disposition de l’entourage des victimes afin d’offrir écoute, appui et conseils pour déployer un solide filet de sécurité autour des femmes victimes de violence conjugale.

L’Alliance MH2 tiendra son assemblée générale les 25 et 26 mai prochains à Carleton-sur-Mer. Un hommage sera rendu à la victime, Monique Landry, sa famille et l’ensemble de la communauté.

La Gaspésienne est la cinquième femme à perdre la vie sous la violence de son conjoint depuis le début de l'année au Québec.

Avec les informations de Michel-Félix Tremblay, Sylvie Aubut et Pierre-Gabriel Turgeon

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !