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Le Bloc québécois réclame la fin de la prière à la Chambre des communes

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La motion du Bloc québécois propose de remplacer la prière par un « moment de réflexion ».

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le Bloc québécois a déposé mardi une motion à la Chambre des communes proposant de remplacer la récitation d’une prière lors de l’ouverture des travaux de la Chambre par un « moment de réflexion ».

Depuis 1877, avant chaque séance, les députés doivent se lever et le président de la Chambre récite une prière d'inspiration judéo-chrétienne commençant par Dieu tout puissant… et se terminant par Amen. Cette pratique héritée des traditions parlementaires britanniques n'est cependant inscrite au règlement que depuis 1927.

Les bloquistes estiment qu’il serait aujourd’hui plus approprié de remplacer la récitation d’une prière par un moment de réflexion dans la mesure où les députés et les citoyens qu’ils représentent partagent des croyances religieuses et spirituelles diverses.

La société évolue, la société change. [...] Quand on veut être inclusif, on doit faire en sorte que les symboles et les actions le soient également, a plaidé en point de presse le député Martin Champoux, porte-parole du Bloc québécois en matière de laïcité.

« L’intention qu’on a est de faire en sorte que ce moment de réflexion soit plus représentatif de l’ensemble des parlementaires, mais aussi de l’ensemble des citoyens du Québec et du Canada. »

— Une citation de  Martin Champoux, porte-parole du Bloc québécois en matière de laïcité

Le Bloc a profité de sa journée d'opposition mardi pour amener les débats sur cette question en présentant une motion qui propose de modifier le règlement de la Chambre des communes.

La Chambre respecte les croyances et les non-croyances de l'ensemble des parlementaires ainsi que de la population, peut-on lire dans la motion bloquiste qui réclame une modification du règlement de la Chambre.

Les bloquistes font également valoir l'attachement au principe de séparation de la religion et de l'État, à la diversité des opinions et à la liberté de conscience, ainsi que le respect de la laïcité et la neutralité religieuse de l'État et par souci d'inclusion.

C'est un débat qui devra se faire avec toute la délicatesse qu'il commande et dans le respect et c'est d'ailleurs le ton des débats que nous aurons aujourd'hui, je le souhaite [...] c'est essentiel que ça se fasse de cette façon-là, a assuré le député bloquiste de Drummond, Martin Champoux, en point de presse.

C'est la deuxième fois que le Bloc québécois dépose une telle motion. La première fois, en 2019, les libéraux et les conservateurs s'y étaient opposés.

Pas dans les priorités du gouvernement

Questionné sur la teneur de la motion bloquiste à l’entrée du Conseil des ministres, le premier ministre Justin Trudeau a éludé la question en déclarant que le gouvernement avait actuellement d’autres priorités.

Les gens à travers le pays, ils me parlent du coût de la vie, ils me parlent des enjeux au niveau de la guerre en Ukraine, ils me parlent de l’inflation, ils me parlent des changements climatiques… C’est sur ces grands enjeux qu’on va continuer de se concentrer, a-t-il expliqué.

Plus tard, la ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, a repris le point de vue de son patron en déclarant que ce n'est pas du tout une priorité.

Le leader parlementaire des libéraux, Mark Holland, trouve pour sa part étrange que le Bloc ait utilisé une des rares journées d'opposition qui lui sont dévolues pour faire ce genre de requête. Selon lui, il aurait été plus approprié de le faire au moment d'un débat annuel sur le règlement de la Chambre des communes, prévu le mois prochain.

Sur les bancs conservateurs, le leader parlementaire John Brassard a déclaré qu'il allait voter contre la motion bloquiste, estimant que le Bloc ne procède pas de la façon appropriée pour demander une modification du règlement.

Le député conservateur Gérard Deltell a quant à lui suggéré de débattre d’un tel enjeu au Comité permanent des opérations gouvernementales. Il a affirmé n'avoir jamais remarqué un inconfort des élus lors de la lecture de la prière qui, a-t-il précisé, dure moins de 30 secondes.

Après avoir initialement déclaré que ses députés voteraient pour la motion du Bloc, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a plus tard précisé que ses élus voteraient comme ils le souhaitent. La présidente du caucus du NPD, Jenny Kwan, a déclaré que le caucus doit débattre de la proposition.

Le chef adjoint, Alexandre Boulerice, appuiera quant à lui la motion.

Toujours en vigueur dans de nombreuses provinces, la récitation d'une prière à l'ouverture des travaux a été officiellement remplacée par un moment de recueillement au Québec en 1976, par respect pour les membres de cette Assemblée, qui ne sont pas tous de la même dénomination religieuse, avait à l'époque expliqué le président de l'Assemblée nationale, Clément Richard.

En Colombie-Britannique, on a modifié le règlement en 2019 de façon à laisser le choix à un député invité par le président à partager au choix une réflexion ou à réciter une prière issue de traditions religieuses variées. On a aussi opté pour un moment de réflexion en Nouvelle-Écosse l'automne dernier, a rappelé le député Champoux.

Le vote sur la motion du Bloc québécois doit avoir lieu mercredi à la Chambre des communes.

Avec les informations de La Presse canadienne

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