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Nouvelles frappes russes sur la ville portuaire d’Odessa

Deux hommes, de dos, observent un immeuble complètement détruit.

Deux résidents d'Odessa observent ce qu'il reste d'un centre d'achats frappé lundi soir par un missile russe.

Photo : Getty Images / AFP/OLEKSANDR GIMANOV

Radio-Canada

Des missiles lancés par l’aviation militaire russe se sont abattus dans la nuit de lundi à mardi sur la ville portuaire d’Odessa, dans le sud-ouest de l’Ukraine.

Selon l’armée ukrainienne, un centre d’achats et un entrepôt ont notamment été touchés par cette attaque, qui a fait un mort et cinq blessés en plus de causer de lourds dégâts.

Selon le maire d'Odessa, Gennadiy Trukhanov, la zone touchée n'abritait aucune infrastructure militaire.

Le bilan aurait pu être plus grave, n’eût été le couvre-feu en vigueur dans la ville, qui comptait environ un million d’habitants avant que la Russie n’attaque l’Ukraine, le 24 février.

L’armée ukrainienne affirme que les sept missiles lancés au total lundi par l’aviation russe dataient de l’époque soviétique et étaient donc moins précis que des munitions plus contemporaines.

Un groupe de réflexion ukrainien, le Centre pour les stratégies de défense, soutient toutefois qu’au moins un missile hypersonique Kinjal, le plus avancé de son arsenal, a été utilisé.

Une femme de dos s'approche d'un immeuble éventré et carbonisé. Des débris jonchent le sol.

Une résidente d'Odessa constate les dégâts créés par l'aviation russe.

Photo : Getty Images / AFP/OLEKSANDR GIMANOV

Au cours des derniers jours, la Défense russe a confirmé avoir frappé l’aéroport d’Odessa afin de détruire, dit-elle, des armes livrées à l’Ukraine par les pays occidentaux.

Plus tôt lundi, le président du Conseil européen, Charles Michel, de passage à Odessa pour rencontrer le premier ministre ukrainien Denis Chmygal, a été contraint de s’abriter en raison d’une frappe russe.

Il en avait profité pour souligner que le blocus du port par la marine russe empêchait l’Ukraine d’exporter des céréales vers des pays qui en ont pourtant grandement besoin.

Un pompier devant un bâtiment en flammes, la nuit.

Les pompiers d'Odessa ont combattu les flammes pendant une bonne partie de la nuit.

Photo : Reuters / Services d'urgence de l'État ukrainien

J’ai vu des silos remplis de grains, du blé, du maïs prêts à être exportés, a-t-il décrit sur Twitter. Cette nourriture indispensable est bloquée à cause de la guerre russe et du blocus des ports de la mer Noire.

Cette situation entraîne des conséquences dramatiques pour les pays vulnérables, a-t-il ajouté, en appelant à une réponse mondiale coordonnée.

Notre         dossier Guerre en Ukraine

Kiev cherche à évacuer les militaires blessés retranchés à Azovstal

Les autorités ukrainiennes continuent par ailleurs de plaider pour que d’autres personnes soient évacuées du complexe métallurgique d’Azovstal, dernier bastion de la résistance dans la ville portuaire de Marioupol, presque totalement sous contrôle russe.

Il y a des blessés graves qui nécessitent une évacuation urgente, a indiqué mardi à l'AFP la vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk, en précisant que la situation se dégrade chaque jour dans l’usine de la ville portuaire.

Un camion renversé le long d'une route.

Un camion renversé, à Marioupol. Selon les autorités municipales, 90 % des infrastructures de la ville, qui comptait plus de 400 000 habitants avant la guerre, ont été détruites par l'armée russe.

Photo : Getty Images / AFP/Pigiste

Elle a par ailleurs démenti les informations données par des responsables municipaux qui laissent entendre, voire qui affirment, que des civils se trouvent toujours dans les abris antibombes du complexe.

Lors d’une conférence de presse en matinée, le maire de Marioupol, Vadim Boïtchenko, a notamment refusé de dire qu'il était sûr à 100 % que tous les civils d'Azovstal ont été évacués, soulignant qu'il n'est pas possible de le vérifier tant qu'il n'y aura pas de cessez-le-feu durable sur place.

En plus des combattants, au moins 100 civils sont toujours dans les abris de l'usine d'Azovstal, a pour sa part soutenu Petro Andriouchtchenko, un collaborateur du maire, dans un message diffusé sur Telegram.

Ce n'est pas vrai, a rétorqué Mme Verechtchouk, indiquant que le chef du régiment Azov retranché à l'aciérie avait officiellement déclaré aux responsables gouvernementaux ukrainiens et à un représentant de l'ONU qu'aucun civil, aucune femme, enfant ou personne âgée ne restait à Azovstal.

Selon elle, les autorités ukrainiennes travaillent désormais sur la possibilité d'évacuer les soldats blessés, le personnel médical et les chapelains militaires de l'aciérie, en collaboration avec des organisations internationales et le gouvernement de la Turquie.

Annalena Baerbock et Iryna Venediktova, entourées d'autres personnes.

La cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock (à droite), s'est rendue à Boutcha, ville située en banlieue de Kiev où des crimes de guerre pourraient avoir été commis par l'armée russe, qui occupaient les lieux en mars. La procureure générale de l'Ukraine, Iryna Venediktova, l'accompagnait.

Photo : Getty Images / AFP/SERGEY VOLSKIY

Le personnel médical veut être évacué avec les blessés, car il faut les accompagner en cas d'ouverture d'un couloir humanitaire depuis l'aciérie, a expliqué la vice-première ministre. Cette opération pourrait durer au moins une semaine vu le nombre de blessés qui doivent être portés sur des brancards.

Selon Mme Verechtchouk, la Turquie travaille très étroitement avec Kiev et a vraiment envie d’aider en précisant qu'une telle évacuation pourrait se faire par voie maritime avec un bateau turc équipé d'un hôpital militaire.

Nous le souhaitons beaucoup et les Turcs y sont prêts, mais Kiev cherche à obtenir des garanties que la Russie ne se mettra pas à tirer pendant l'évacuation, a relevé Mme Verechtchouk. Il faut des garanties absolues par écrit, c'est ce qu'on essaie d'obtenir, a-t-elle indiqué.

La bataille du Donbass bat son plein

Le ministère russe de la Défense affirme de son côté avoir fait des percées dans les lignes de défense hautement fortifiées de l’ennemi dans la région du Donbass, dans le sud-est de l’Ukraine. Cette information n’a pas été confirmée par les autorités ukrainiennes.

Lundi, le gouverneur de la région de Louhansk, Serguiï Gaïdaï, a affirmé que l’armée russe tentait de prendre le contrôle d’une route reliant Sievierodonetsk à Bakhmut, une localité située à l’ouest de Popasna, dans la région de Donetsk. La prise de cette ville a été revendiquée par Moscou il y a quelques jours.

Si l’armée russe parvient à contrôler ce lien terrestre d’environ 70 kilomètres, elle parviendra à couper la région de Louhansk du reste de l’Ukraine, a-t-il déclaré.

L’état-major ukrainien s’est contenté de dire mardi matin que les troupes russes continuent de préparer des opérations offensives dans les régions de Lyman et Sievierodonetsk.

Du personnel médical s'affaire autour de blessés.

Des médecins ukrainiens soignent des soldats blessés dans la bataille de Popasna dans un hôpital de campagne situé près de la ligne de front.

Photo : Getty Images / Chris McGrath

Des batailles très intenses se déroulent autour de Roubijne et de Bilogorivka, a affirmé lundi le gouverneur de la région de Louhansk. Selon Kiev, 60 civils sont morts à Bilogorivka en fin de semaine quand l'école où ils se réfugiaient a été bombardée par l'armée russe.

Son collègue de la région de Kharkiv, Oleg Sinegubov, a annoncé pour sa part la découverte des corps de 44 civils dans les décombres d’un immeuble de la ville d’Izioum bombardé selon lui par l’armée russe au mois de mars. Cette information n’a pu être vérifiée de source indépendante.

C’est un autre crime de guerre horrible de l’armée russe contre la population civile, a pesté M. Sinegubov dans une publication sur Telegram.

Il n'a pas précisé dans quelles conditions les corps avaient été ramassés ni par qui, la ville d'Izioum et ses environs étant occupés par les troupes russes qui ont pris la ville le 1er avril, après plusieurs semaines de violents combats. La ville sert maintenant de base à l’armée russe pour ses opérations dans la région de Donetsk.

Le parquet de la région de Kharkiv a pour sa part annoncé avoir ouvert une enquête pour violation des lois et coutumes de la guerre et meurtres prémédités, précisant que 14 corps avaient été identifiés.

Selon l'enquête, dans la période du 7 au 10 mars 2022, l'armée russe a systématiquement bombardé la ville d'Izioum, précise le communiqué du parquet ukrainien.

Kiev a retrouvé les deux tiers de sa population d'avant-guerre

Près des deux tiers des 3,5 millions d'habitants de Kiev sont revenus dans la capitale ukrainienne, qui s'était vidée de la majorité de ses résidents au début de l'invasion russe, a indiqué le maire Vitali Klitschko, mardi, à la télévision ukrainienne.

Même s'il y a encore un couvre-feu, des barrages routiers, si ces limitations ne vous font pas peur, vous pouvez effectivement revenir, a ajouté M. Klitschko, qui jusqu'ici appelait les habitants à patienter.

M. Klitschko a souligné qu'il ne pouvait pas interdire aux habitants de Kiev de revenir dans la capitale, mais il a toutefois appelé à la prudence.

Si vous avez la possibilité d'être dans des endroits plus protégés, où il n'y a aucun risque pour votre vie et votre santé, veuillez rester, a-t-il demandé.

Le 10 mars, soit deux semaines après le début de l'invasion russe, le maire de Kiev avait indiqué que la moitié de la population de l'agglomération avait fui et qu'il y restait un peu moins de deux millions d'habitants.

Avec les informations de Associated Press, New York Times, BBC, Agence France-Presse, et Reuters

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