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Sept cas d’hépatite « aiguë grave » signalés à l’hôpital pour enfants de Toronto

Un adulte tient la main d'un jeune patient.

On ne sait pas si les cas signalés à l’hôpital SickKids de Toronto sont liés à ceux découverts au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Israël et ailleurs.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

Sept cas qui pourraient faire partie d’une épidémie inexpliquée d'hépatite « aiguë grave » ont été découverts dans l'un des plus grands hôpitaux pour enfants du Canada au cours des derniers mois.

Cette possible épidémie touche des jeunes dans plusieurs pays.

On ne sait toujours pas combien de cas ont été signalés au Canada. On ne sait pas non plus si les cas signalés à l’hôpital SickKids sont liés à ceux découverts au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Israël et ailleurs.

Un porte-parole de SickKids a fourni le décompte dans un courriel envoyé à CBC News. Celui-ci indique aussi que l'hôpital surveille de près tout cas d'hépatite aiguë grave et a signalé à Santé publique Ontario sept cas répondant à la définition de cas probable.

Ces cas ont été identifiés entre le 1er octobre 2021 et le 30 avril 2022.

Il reste à voir si ce nombre représente une augmentation des cas d'origine inconnue par rapport aux périodes similaires des années précédentes ou si l'un de ces cas sera confirmé comme étant causé par une nouvelle entité clinique, a poursuivi Jessamine Luck, porte-parole de SickKids.

Plus de 100 cas signalés aux États-Unis

L'Agence de la santé publique du Canada n'a pas encore fourni de détails sur le nombre de cas faisant l'objet d'une enquête à l'échelle du pays pour déterminer s'ils sont liés aux cas inexpliqués d'hépatite survenus ailleurs.

D'autres pays, cependant, ont rendu public un nombre croissant de cas potentiellement liés, avec des centaines d'enquêtes en cours dans le monde pour déterminer la cause profonde des problèmes de foie inexpliqués chez les jeunes.

Vendredi, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis ont déclaré que 109 cas dans diverses régions du pays faisaient l'objet d'une enquête pour déterminer tout lien éventuel. 14 % de ces enfants ont dû subir une transplantation du foie, et cinq sont décédés des suites de leur maladie.

L'hépatite est rare chez les enfants. Elle est généralement causée par des virus, mais peut également être déclenchée par la consommation d'alcool, l'exposition à des toxines ou d'autres agents pathogènes.

Les cas identifiés par les autorités sanitaires du monde entier au cours des derniers mois ne semblent pas être liés aux causes habituelles.

Au lieu de cela, les chercheurs étudient d'autres théories, notamment des liens avec des infections par un adénovirus ou le SRAS-CoV-2, le virus à l'origine de la COVID-19.

L'hypothèse de l'adénovirus

Au Royaume-Uni, où l'on a recensé depuis le début de l'année au moins 163 cas de cette hépatite inexpliquée chez des jeunes de moins de 16 ans - dont 11 ont nécessité une greffe du foie - les responsables affirment que l'hypothèse principale reste centrée sur l'adénovirus.

Toutefois, nous continuons à étudier le rôle potentiel du SRAS-CoV-2 et à nous efforcer d'écarter toute composante toxicologique, a déclaré l'Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) dans une note d'information publiée vendredi.

L'adénovirus - qui fait référence à une famille de virus communs qui provoquent généralement des maladies légères de type rhume ou grippe - a été l'agent pathogène le plus souvent détecté, dans plus de 70 % des cas au Royaume-Uni et principalement dans le sang, a indiqué l'UKHSA.

Le SRAS-CoV-2 a été détecté dans 18 % des cas. Des tests sérologiques, une méthode permettant de déterminer si une personne possède des anticorps provenant d'une infection antérieure, sont également en cours.

Une série d'autres agents pathogènes possibles ont été détectés dans une faible proportion de cas et leur importance est incertaine, poursuit la note d'information du Royaume-Uni.

L'UKHSA cherche à savoir si une infection normale par l'adénovirus pourrait être à l'origine des cas d'hépatite, en raison de divers facteurs, notamment un manque d'exposition au virus pendant la pandémie de COVID-19, une vague exceptionnellement importante d'infections entraînant une complication rare à se présenter plus souvent, ou une réponse anormale au virus en raison d'une infection antérieure ou d'une co-infection avec le SRAS-CoV-2.

Nous avons déjà vu des adénovirus causer des hépatites chez des populations immunodéprimées. Mais plusieurs questions demeurent : "Pourquoi maintenant?" Et "pourquoi dans le contexte de certains pays, et pas d'autres?", fait remarquer le Dr Zain Chagla, spécialiste des maladies infectieuses basé à Hamilton, à propos des enquêtes mondiales sur cette mystérieuse épidémie.

Le Dr Zaid Chagla dans un bureau.

Le Dr Zain Chagla, consultant en maladies infectieuses à St. Joseph's Healthcare Hamilton

Photo : CBC/Craig Chivers

Y a-t-il un cofacteur, comme une toxine, ou des facteurs génétiques, ou une autre infection comme la COVID-19, qui pourrait être impliqué dans tout cela?

Une équipe israélienne explore de possibles liens avec la COVID-19

Des cas inexpliqués d'hépatite ont été identifiés dans un grand nombre de pays, à différents stades de la pandémie de COVID-19, et un nombre important de cas a été signalé ces derniers mois à la suite d'alertes lancées par les autorités américaines et britanniques.

Une autre question reste sans réponse, à Toronto comme ailleurs dans le monde : la découverte de ces hépatites inexpliquées chez des enfants correspond-elle à une augmentation vis-à-vis des taux de base typiques?

Il y a tellement d'incertitudes, affirme le Dr Chagla.

En Israël, le Dr Yael Mozer Glassberg, chef de l'unité de transplantation hépatique du Schneider Children's Medical Center, a déclaré que son équipe n'a pas constaté de bond énorme dans le nombre de cas.

Le Dr Mozer Glassberg a cependant déclaré à CBC News que chacun des cas examinés par son équipe avait contracté la COVID-19. L'équipe est arrivée à cette conclusion à l'aide de tests sérologiques et des antécédents médicaux de chaque famille.

De plus, aucun des patients n'a reçu de résultat positif à un test d'adénovirus, a ajouté le Dr Mozer Glassberg.

Je ne peux pas dire que c'est la même chose que ce qui se passe en ce moment ailleurs dans le monde. Mais nous avons eu sept cas précis comme ça [depuis février 2021] et une huitième personne est hospitalisée à l'heure actuelle.

Deux nourrissons ont dû recevoir des transplantations du foie. Mais le Dr Mozer Glassberg a déclaré qu'il n'est pas rare que l'hépatite dans ce groupe d'âge se présente sans cause claire, ce qui soulève des questions quant à savoir si ces deux cas étaient liés aux autres.

Étant donné les variations des tests de dépistage de la COVID-19 dans le monde, il pourrait également être difficile de déterminer tout lien éventuel avec le SRAS-CoV-2, ce qui ajoute une autre couche d'incertitude à ce casse-tête mondial.

Il s'agit peut-être d'un nouveau virus. Peut-être que ce n'est pas [l'adénovirus]. Peut-être que ce n'est même pas [causé par la COVID-19]. Peut-être que c'est une combinaison des deux, dit le Dr Mozer Glassberg.

Avec les informations de Lauren Pelley, de CBC News

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