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La GRC accusée de présenter des témoignages « évasifs » aux Communes

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Le logiciel de Clearview AI collecte des images sur Internet et permet aux utilisateurs de rechercher des correspondances.

Photo : Ascannio/Shutterstock

Radio-Canada

Des députés fédéraux souhaitant en savoir plus sur l'utilisation par la GRC d'un logiciel controversé de reconnaissance faciale se sont heurtés à un mur, lundi, l'un d'entre eux accusant même les policiers d'être « intentionnellement évasifs ».

Le Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique (ETHI) s'est réuni lundi matin pour poursuivre son étude sur l'utilisation et les répercussions de cette technologie émergente.

Le dossier suit son cours, un an après la publication d'un rapport du commissaire fédéral à la protection de la vie privée, Daniel Therrien, selon qui l'utilisation par la GRC d'un logiciel de reconnaissance faciale créé par la société américaine Clearview AI constituait une violation grave des lois canadiennes sur la protection de la vie privée.

Ce logiciel permet aux utilisateurs de comparer des photos à une base de données de plus de trois milliards d'images.

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Matthew Green s'est dit lundi insatisfait des réponses offertes par les policiers de la GRC.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Dans une série de questions serrées, lundi, le député néo-démocrate Matthew Green a pressé Gordon Sage, directeur général des services d'enquêtes spécialisées et de nature délicate de la GRC, d'indiquer qui avait autorisé l'utilisation du logiciel par la GRC en 2018 et qui avait supervisé le processus.

Pouvez-vous s'il vous plaît nommer votre prédécesseur?, lui a-t-il demandé.

Cette simple question, en apparence inoffensive, a généré un échange nourri au terme duquel le surintendant principal Sage a finalement déclaré que le dirigeant en question avait pris sa retraite et qu'il ne pensait pas avoir le droit de le nommer.

Vous semblez accorder plus de considération à votre prédécesseur dans son droit de ne pas être identifié – une information qui est pourtant d'ordre public – qu'aux milliards de personnes dont les images ont été compilées et analysées par [Clearview AI], a rétorqué M. Green, qui a évoqué un problème de confiance important.

Avertissement pour outrage au Parlement

Plus tard, le député conservateur James Bezan a décrit les réponses que les députés du comité ont reçues des trois responsables de la GRC appelés à témoigner comme intentionnellement évasives, et leur a rappelé qu'ils pourraient être reconnus coupables d'outrage au Parlement s'ils ne coopéraient pas.

Certaines des réponses que nous avons reçues aujourd'hui ont été très limitées et je suggérerais que les témoins exercent leurs responsabilités envers ce comité, car les élus qui se trouvent autour de cette table jouissent du privilège parlementaire et s'attendent à des réponses complètes, a-t-il déclaré.

Nous répondre de manière laconique ou tenir des propos évasifs ne nous aide pas à remplir notre travail en tant que membres de ce comité, a-t-il souligné.

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Le député conservateur James Bezan a reproché aux membres de la GRC venus témoigner aux Communes d'avoir offert des réponses « intentionnellement évasives » aux députés.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La GRC avait d'abord nié avoir utilisé le logiciel de Clearview AI, en 2020. Elle avait ensuite confirmé avoir utilisé le logiciel après que la liste des clients de l'entreprise eut été piratée.

La même année, une enquête du New York Times avait révélé que le logiciel avait extrait plus de trois milliards de photos de sites web publics, comme Facebook et Instagram. Il les avait ensuite transformés en une base de données utilisée par plus de 600 organisations, aux États-Unis, au Canada et ailleurs.

L'entreprise a cessé d'offrir ses services de reconnaissance faciale au Canada après le lancement de l'enquête du commissaire fédéral à la protection de la vie privée. La GRC a également déclaré qu'elle avait cessé d'utiliser le logiciel.

La GRC affirme avoir utilisé la technologie à seulement trois reprises

Le surintendant principal Sage a déclaré lundi qu'officiellement, la GRC avait utilisé Clearview AI dans trois cas seulement, soit deux fois au sein de l'unité chargée de lutter contre l'exploitation des enfants et une fois pour retracer un fugitif à l'étranger.

Autrement, il y avait beaucoup de membres qui testaient la technologie pour voir si elle fonctionnait, a raconté le haut gradé de la GRC. Pour ce faire, les policiers utilisaient souvent leurs propres photos ou des photos de célébrités, a-t-il précisé.

« En fait, en testant cette technologie, nous avons réalisé qu'elle n'était pas toujours efficace. »

— Une citation de  Gordon Sage, directeur général des services d'enquêtes spécialisées et de nature délicate de la GRC

Éclaboussée par l'affaire Clearview AI, la GRC a promis d'être plus transparente sur son utilisation des nouvelles technologies et des outils d'enquête concernant la collecte et l'utilisation de renseignements personnels.

Cette nouvelle politique devrait être publiée d'ici la fin de juin.

La commissaire Lucki convoquée

Avant de mettre fin à leur réunion, lundi, les membres du comité ETHI se sont entendus sur la nécessité de demander à la commissaire de la GRC, Brenda Lucki, d'y assister.

À mon avis, la GRC n'a pas démontré sa capacité à faire preuve de franchise envers les organismes de surveillance civile comme la Chambre des communes et à fournir des renseignements de base aux Canadiens qui se soucient de leurs libertés civiles, a estimé le député Matthew Green.

La semaine dernière, le commissaire Therrien avait publié une déclaration appelant les législateurs à créer des règles précisant de manière explicite les circonstances pouvant permettre à la police d'utiliser des logiciels de reconnaissance faciale.

Avec les informations de CBC

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