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Feux de forêt en Ontario : près de 240 M$ de dépenses pour les combattre en 2021

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La saison ontarienne des feux de forêt en 2021 a été parmi les plus actives des dernières années.

Photo : @ONfeudeforet

La province a dépensé 239 millions de dollars pour l’année financière 2021-2022 pour combattre les incendies de forêt qui ont surtout fait rage dans le Nord-Ouest. Cette somme pourrait continuer d’augmenter dans les années à venir si on ne gère pas les forêts différemment, selon un expert en foresterie.

La province prévoit un financement de base de 100 M$ au début de chaque année pour protéger les gens, les propriétés et les ressources naturelles contre les feux, explique Evan Lizotte, agent d’information sur les feux de forêt dans le Nord-Est de l’Ontario.

Il précise que ce montant permet de soutenir les activités des garde-feux jusqu’à ce que les coûts réels puissent être mieux estimés, en fonction du nombre et de l’intensité des incendies.

Les coûts comprennent les salaires des pompiers forestiers et du personnel administratif, de même que les sous-traitants et les garde-feux de l’extérieur de la province qui viennent en renfort.

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Le montant total inclut aussi les coûts reliés à l’utilisation des avions-citernes et des hélicoptères, de même que l’achat et l’entretien des équipements.

Photo : CBC/Jeff Walters

La saison des feux de forêt s’étend du 1er avril au 31 octobre en Ontario.

En 2021 dans la province, une superficie record de forêt a été la proie des flammes, forçant plusieurs évacuations, surtout en raison de la fumée.

La fumée des brasiers dans le Nord-Ouest de l’Ontario l'an dernier a d’ailleurs réduit la qualité de l’air dans plusieurs régions plus à l’est, y compris au Québec, à des milliers de kilomètres des incendies.

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La fumée des feux de forêt du Nord-Ouest de l'Ontario a réduit la qualité de l'air et la visibilité à Sudbury le 25 juillet 2021.

Photo : Radio-Canada / Miguelle-Éloïse Lachance

S’il est difficile de prédire comment la saison 2022 se déroulera, elle est jusqu’à maintenant moins active que la moyenne.

En date du 9 mai, les Services d’urgence, d’aviation et de lutte contre les feux de forêt ont recensé 16 incendies, dont trois qui étaient encore actifs au moment d’écrire cet article.

En comparaison, il y avait déjà un total 46 de feux détectés à la même date l’an dernier, et la moyenne des 10 dernières années est de 86 feux pour la période du 1er avril au 9 mai.

Le plus grand feu actif, Sault-Sainte-Marie 4, s’étendait sur 3 hectares lundi après-midi.

Depuis le début de la saison des feux de forêt cette année, l’incendie qui a atteint la plus grande superficie, Pembroke 1, s’est étendu sur moins de 10 hectares avant de s’éteindre.

Le risque d’incendie est élevé dans le Centre et le Moyen-Nord de l’Ontario.

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Plus au nord et à l'ouest, la province n’indique pas encore de niveau de risque.

Photo : Ministère du Développement du Nord, des Mines, des Richesses naturelles et des Forêts

Selon M. Lizotte, il y a encore beaucoup de neige au sol dans certains secteurs du Nord, plus que lors du printemps dernier.

« Plus le manteau de neige persistera dans les champs et les forêts, plus il contribuera à réduire les conditions de combustion et à modérer les risques d'incendie au printemps. »

— Une citation de  Evan Lizotte, agent d’information sur les feux de forêt dans le Nord-Est de l’Ontario

Des communautés du Nord-Ouest sont par ailleurs aux prises avec des inondations.

Changements climatiques, cupidité et gestion des forêts

Brian McLaren, professeur agrégé en foresterie à l’Université Lakehead, à Thunder Bay, n'est pas surpris de voir les coûts de la lutte contre les feux de forêt augmenter, montants qu’il qualifie de lourds fardeaux.

C’est une tendance, si vous écoutez les nouvelles en Colombie-Britannique, en Californie, nous dépensons beaucoup plus pour combattre les incendies de forêt que par le passé.

Les changements climatiques en sont une des raisons, en causant de longues sécheresses imprévues et des températures plus élevées.

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Brian McLaren est professeur agrégé de biologie au Département de conservation des ressources naturelles à l'Université Lakehead.

Photo : Site internet de l'Université Lakehead.

M. McLaren croit toutefois qu’un des principaux facteurs est le manque d’une vision à long terme dans la gestion des forêts.

Il affirme que la cupidité met en danger les écosystèmes, notamment à travers ce qui appelle l’exploitation forestière de récupération.

Cette pratique consiste à récolter le bois dans les zones qui ont été touchées par des incendies ou d’autres catastrophes naturelles. Nous sommes prompts à dire : “Coupons maintenant, car nous pouvons faire de l’argent immédiatement".

La conséquence à court terme est que ça augmente les risques d’incendie, explique le professeur. On laisse des débris et des troncs qui sèchent et qui causent de nouveaux incendies.

« La recherche dans l’ouest de la forêt boréale démontre que de laisser les forêts intactes après un feu de forêt d’origine naturelle ou humaine permet de diminuer le risque. »

— Une citation de  Brian McLaren, professeur agrégé en foresterie à l’Université Lakehead

Pour réduire le risque, il faut laisser les forêts se régénérer naturellement, ajoute le professeur en foresterie. Les forêts en santé ont une grande diversité d’arbres.

Sans un important changement dans les pratiques de l’industrie forestière dans les prochaines années, M. McLaren affirme que la situation ne fera qu’empirer.

Il ajoute que les jeunes générations, y compris ses étudiants, doivent être écoutées. Ils soulèvent cet enjeu, ils lisent les nouvelles, ils s’inquiètent à propos des changements climatiques.

La balle est dans notre camp, nous pouvons faire mieux, conclut-il.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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