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Grizzlys et loups évitent les peuplements de la vallée de la Bow, selon une étude

Une femelle grizzly enceinte.

La femelle grizzly, photographiée ici en 2019, n'a pas été étiquetée ni munie d'un collier, mais est connue de Parcs Canada.

Photo : AFP / Fournie par Parcs Canada

Radio-Canada

Un groupe de chercheurs a étudié le déplacement des grizzlys et des loups dans la vallée de la Bow où sont situées les communautés de Canmore et de Banff, en Alberta. Les données montrent que ces animaux évitent les villes et les régions peuplées.

L’étude publiée le 8 avril 2022 (Nouvelle fenêtre) (en anglais) dans la revue Movement Ecology analyse les déplacements de 34 grizzlys et de 33 loups durant deux décennies sur un territoire de 17 450 km2. Pour ce faire, ces animaux, dont le territoire est situé dans le Parc national Banff et ses environs à l’ouest de Calgary, ont été munis d’un collier émétteur.

L’auteur principal de l’étude, Jesse Whittington, écologiste de la faune du parc Banff, voulait documenter les comportements des deux espèces de carnivores.

Nous voulions vraiment comprendre comment les grizzlys et les loups utilisent le territoire et comment ils réagissent aux activités humaines à l’intérieur et à l’extérieur des parcs nationaux.

La base de données comprend 156 000 points de géolocalisations sur la superficie de 17 450 kilomètres carrés.

Les chercheurs ont ainsi découvert que les grizzlys et les loups ont un comportement différent selon le moment de la journée et leur proximité à une aire développée.

L’une des choses qui ressortent, c’est la stratégie qu’utilisent les loups et les grizzlys pour éviter de rencontrer des gens, souligne Jesse Whittington. Lorsqu’ils se déplacent, s’ils ont le choix, ils vont essayer d’éviter de nous rencontrer.

Dans une région achalandée comme la vallée de la Bow, Jesse Whittington souligne qu’il faut s’assurer de fournir un habitat sécuritaire avec un minimum de perturbations humaines.

Le professeur en biologie de la faune à l’Université du Montana, Mark Hebblewhite, co-auteur de cette étude, considère lui aussi que ces résultats sont importants.

Le développement de la vallée de la Bow représente un défi de conservation sur plusieurs décennies pour Parcs Canada, autant que pour le ministère de l’Environnement de l’Alberta et la Ville de Canmore , indique-t-il.

Un loup gris photographié dans la vallée de la Maligne du parc national Jasper. (2017)

Selon une étude du mois dernier, 33 loups géolocalisés évitent la proximité humaine dans le Parc national Banff et dans les environs à l’ouest de Calgary.

Photo : Parcs Canada / Mark Bradley

Un débat environnemental à Canmore

Marc Hebblewhite précise par ailleurs qu’un débat sur un possible développement urbain à la limite est de la ville de Canmore, en bordure du Parc national Banff, est une des motivations pour cette étude.

 Ce développement a le potentiel de transformer non seulement Canmore, mais aussi l’intégrité écologique de toute la région, y compris le parc national Banff , ajoute-t-il.

Une ébauche de l’étude a été soumise à la Ville l’an dernier lors des audiences pour deux projets visant à presque doubler la population au cours des prochaines décennies.

Chacune des deux propositions du promoteur immobilier utilisait 80 % des terres non développées de Canmore.

Des experts qui ont témoigné lors des audiences publiques sur la question ont déclaré que de construire des résidences pour 14 500 résidents et touristes comme voulait le faire le promoteur immobilier aurait ajouté une pression additionnelle dans une vallée déjà très occupée.

La Ville a rejeté les deux propositions et le promoteur immobilier a déposé une poursuite en justice contre elle.

Notre objectif dans cette analyse est d’essayer de contextualiser les effets de ce développement, comme d’autres, de manière générale, précise Marc Hebblewhite. Les grands carnivores, qui sont une espèce phare, ne sont qu’un indicateur pour d’autres types d’espèces.

Selon lui, la situation à Canmore n’est pas isolée et constitue l'un des principaux défis pour les parcs nationaux, partout dans le monde, soit un développement en plein essor à la limite d'un parc.

Avec les informations de La Presse canadienne

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